28/01/2012

À la Maison Neuve


Ci-dessus, l'étonnant encart publicitaire annonçant le spectacle Sans entr'acte. Étonnant, car le concept ne présente pas encore la fameuse Diane chasseresse qu'on retrouvera sur l'affiche, mais plutôt une oeuvre graphique assez ambitieuse rappellant la couverture du livre de Christine L'Heureux publié aux éditions L'Aurore en début d'année. Il est également étonnant de lire que Diane donnait non pas une, mais deux représentations de Sans entr'acte le samedi, à 18h30 et 22h. Quand on sait à quel point l'expérience fut difficile pour elle, on ne peut qu'applaudir sa détermination!

Une expérience qui sera également exigeante pour le public, pensant retrouver la Diane épanouïe de Mon premier show. "Est-ce aussi cette sorte d'agressivité et cette absence de tendresse qui provoquent ce malaise indéfinissable que nous éprouvons à la fin du spectacle? Je ne sais pas. Peut-être." ("Diane Dufresne: un show en montagne russes", Pascale Perrault, Le Journal de Montréal, 2 avril 1977)

Pourtant, Sans entr'acte ne semble pas avoir manqué de beaux moments de poésie, comme cet hommage à sa mère pendant Hollywood Freak, où une photo géante de Madame Dumas illuminait la scène. Ou encore cette magnifique transformation de Diane en clown, exorcisant les douleurs du public:

22/01/2012

Kébec à Paris


Ci-dessus, Diane Dufresne interprétant "Chanson pour Elvis" à la télévision française. Cette prestation fut diffusée le 21 décembre 1975, soit deux jours avant sa série de spectacles au Théâtre de Chaillot de Paris.  

Du 23 décembre au 1er janvier, elle participe à "Kébec à Paris"  qui réunit sous une même affiche Louise Forestier, André Gagnon et Jean Carignan. Comme son nom l'indique, le spectacle vise à faire rayonner le showbizz québécois à Paris. Il donne une place de choix à Diane dont le Premier Show assure l'intégralité de la deuxième partie du spectacle. Après des débuts chaotiques à l'Olympia, son talent commence enfin à être reconnu. "Diane qui ne fut au début qu’une extravagante un peu provocatrice. Qui est devenue une impressionnante bête de scène. Son évolution s'est faite dans le sens de la qualité: elle a pris au rock ce qu’il avait d’authentique, et du Québec elle a gardé la langue qui enracine. Après elle, l’inconnu. Après elle, le Québec futur." ("Viva Kébec", L'unité, 26 décembre 1975)

16/01/2012

Quand je ferai mon Premier show...




Ci-dessus, trois photos de Diane Dufresne en entrevue quelques semaines avant son Premier show. Elle n'a pas donné de spectacles depuis plusieurs mois et revient de Californie la tête pleine d'idées, promettant d'en mettre plein la vue et de revisiter tout son répertoire (sauf l'Opéra-Cirque, qui sera écarté.) "Il faut que ça rutile, que ça scintille, que ça brille sur scène. Au Théâtre Maisonneuve, du 4 au 12 novembre, ça va éclater.  Une femme artiste a le choix de donner sa vie à un homme ou à la foule. Moi, j'ai choisi la foule....Mon public de la Place des Arts, je le ferai rire!" ("Diane Dufresne ou les mémoires d'une ex-jeune fille rangée", Mireille Lemelin, Photo-Journal, 19 octobre 1975)

10/01/2012

Wilfrid-Pelletier, 1974


Du 10 au 13 janvier 1974, Diane Dufresne donne une série de spectacles à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts de Montréal. Si elle a subi les fans coincés de Julien Clerc à l'Olympia de Paris à peine quelques semaines plus tôt, cette fois-ci, pas de doute: son vrai public l'attend. "Je n'ai jamais vu (ou plutôt entendu) une telle ovation avant même qu'elle entre en scène. Une véritable folie! Le public est très jeune (entre douze et seize ans), mais il crie..." (Carmen Montessuit, "Où pourra-t-elle aller plus loin", Photo-Journal, 21 au 27 janvier 1974)

Aujourd'hui, de cette série de spectacles, on mentionne surtout que l'Opéra-Cirque s'y trouvait en intégralité, en deuxième partie, mais il semblerait que la première partie n'avait rien à lui envier, en électricité et en flamboyance. Diane apparaîtra sur scène au son de "A part de d'ça", moulée dans une tenue lacée en cuir très décolletée créée par Mario Dinardo. Le clou de ce premier tableau sera un Rock pour un gars de bicyc' très survolté. Gaëtan Racine, dans son livre publié en 1984, raconte: "Quand la chanson se terminait dans une interprétation à la limite de l'hystérie, au moment de "J'veux qu'y m'passe sur l'corps avec son bicyc", un véritable bicycle à gaz surgissait à toute vitesse des coulisses et traversait la scène dans un bruit, une fumée et des éclairs lumineux d'enfer." (Les éditions Quebecor, ISBN 2-89089-283-2)



Pour son dernier tableau avant l'Opéra-Cirque, Diane change de costume et éblouit le public avec une autre tenue surréaliste de Dinardo qui lui donne des airs d'ange spatial. Elle interprète entre autres La chanteuse straight, Tu m'fais flipper (alors inédite), avant de disparaître avec J'me sens ben.

La deuxième partie sera difficile à digérer pour plusieurs, mais le double-spectacle aura définitivement assis la réputation de bête de scène de Diane. "Le mieux rodé qu'elle ait offert, son spectacle a soulevé sans conteste l'enthousiasme d'un auditoire qui se muait ainsi pour elle, du parterre à la corbeille et au-delà, en jardins suspendus." (Gisèle Tremblay, Le Devoir, 12 janvier 1974)


Ci-dessus, des captures d'écran de courts extraits du spectacle diffusés le 17 septembre 2011 par Radio-Canada lors de l'émission spéciale "Le show-business québécois: du big bang à aujourd'hui" qui rendait hommage au producteur Jean Bissonnette. Une captation (brève ou intégrale) dormirait donc quelque part...

02/01/2012

Bye Bye 2011


Si Diane Dufresne ne nous aura offert aucune nouvelle parution en 2011, elle aura multiplié ses apparitions. Prestations, télévisions, expositions...Souvent avec surprise: nous avons été très nombreux à avoir raté son Merci au téléthon Opération Enfant Soleil et trop peu à l'avoir vue au vernissage de Dominic Besner. Souvent là où on ne l'attend pas, mais toujours marquante, elle nous a offert plusieurs beaux moments en 2011.
Et vous, chers lecteurs, quel a été votre moment Dufresnesque préféré de l'année?

31/12/2011

Diane in the Sky


(Photo: fugues.com)

Le 31 décembre 2004, Diane Dufresne, indétrônable Marquise des happenings, participe à une soirée spéciale du nouvel an au Sky Bar de Montréal. Elle apparaît sur le coup de minuit pour débuter la nouvelle année avec éclat, portant une robe flamboyante en papier argenté créée par Daniel Bernier (Hâpy Design). Elle interprète un medley de La vie en rose et Fascination pour ensuite enchaîner avec Oxygène, offrant au public ses toutes premières bouffées d'air frais de l'année.

23/12/2011

L'enfant de la lumière


"Pourquoi chercher la lune quand on a les étoiles?"
(Merci à Addict)
   
En 1997, 25 ans après son premier album, Diane Dufresne lance un album éponyme. Et pour le conclure en force, elle donne une place de choix à L'enfant de la lumière, une chanson gigantesque qui vient secouer le dépouillement du disque. Une interprétation immense pour un cri du coeur magnifique, un encouragement à la révolte, un appel à garder sa conscience et son individualité. Le tout sur une musique très subtile de Marie Bernard qui crée habilement un univers impitoyable dans lequel se glissent des parcelles d'espoir. Dans le livret du coffret "Merci" en 2000, Diane Dufresne résume son texte en ces termes: "Si j'ai quelque chose à dire d'essentiel, c'est ça."

Quand on parcourt les crédits du coffret "Diane Dufresne vous fait (encore) une scène", on découvre que la chanson portait originalement le titre de "Détournement majeur", ce qui laisse penser qu'elle fut écrite pour l'album du même nom. Or, la "chanson-titre" ne sera dévoilée qu'au cours des spectacles au Forum de Montréal en octobre 1993.

"C'est une chanson pour les enfants. Il faut parler aux enfants d'une façon adulte, parce que les enfants sont concernés. Alors c'est une chanson pour les petits rebelles. (...) J'ai écrit L'enfant de la lumière pour montrer au petit rebelle qui arrive qu'on ne lui imposera pas ce fameux système, qui impose beaucoup de souffrance." (Confidences, DVD "Kamikaze", 2004) 

En 1999, L'enfant de la lumière a droit à un vidéoclip réalisé par nul autre que Robert Lepage. Il s'agit du deuxième (et ce jour, du dernier) clip de Diane. Curieusement, malgré la force de la chanson et le caractère exceptionnel de la rencontre de ces deux grands artistes, il restera longtemps confidentiel, peu diffusé et ignoré des coffrets parus en 2004 et 2005. Le site de  la chaîne MusiquePlus offre la possibilité aux résidents du Canada de le visionner en ligne. Diane n'y apparaît que quelques secondes, mais la révolte de son texte, elle, y est bien présente.

Au fil des années, L'enfant de la lumière prendra une grande importance dans le répertoire de Diane, faisant même partie (à juste titre) du très sélect club des chansons choisies pour les deux dernières compilations de "grands succès". La chanson figurera presque toujours à la setlist des spectacles de Diane. Éternellement pertinente, elle permettra souvent d'enrichir le thème du spectacle, soulignant la "guerre contre la guerre" de Kamikaze en 2002, les enjeux planétaires de Terre Planète bleue en 2008 (ci-contre) ou plus récemment, l'appel à rester humain de Sinéquanone.

19/12/2011

Hollywood Legend


Le 1er août 2009, Diane Dufresne participe à la "Grande entrevue Juste pour rire" de Patrick Huard, un mini-gala hommage enregistré au Théâtre du Nouveau Monde de Montréal. Si elle avait déjà partagé la scène avec celui-ci lors d'un Gala Juste pour rire en 2005, elle lui offre cette fois-ci toute une surprise en interprétant une de ses chansons préférées, Hollywood Freak, suivie d'une chanson d'anniversaire disons très Hollywoodienne. Elle nous offre par le fait même tout un cadeau, car mis à part un court extrait intégré au medley du spectacle Plurielle, il s'agit de la première fois qu'elle chante Hollywood Freak dans son intégralité depuis Magie Rose! Cette Hollywood Freak a fait beaucoup de chemin depuis sa création en 1977 et prend un nouveau sens avec ses arrangements dépouillés et la touchante modification de sa phrase finale...