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06/12/2012

Au Patriote


Du 4 au 10 décembre 1972, Diane Dufresne donne sa première vraie série de spectacles. Au Patriote de Montréal, une salle disparue en 1980, elle présente les chansons de "Tiens-toé ben j'arrive!" avec toute la flamboyance qu'elles méritent. En parcourant les critiques de l'époque, on se rend compte que la magie a tout de suite opéré:

(Québec-Presse, 10 décembre 1972)

(Le Devoir, 6 décembre 1972)

40 ans plus tard, Diane Dufresne est toujours là, pour notre plus grand bonheur. Le coup d'envoi de sa tournée avec les Violons du Roy sera donné ce soir à Drummondville. A lire sur le site de La Presse, un nouvel article dans lequel Diane dévoile quelques surprises par rapport au choix des chansons...et dans lequel on apprend que ce nouveau spectacle sera immortalisé sur un disque à paraître début 2013!

29/10/2012

Hollywood / Halloween

(Photo: Archives Société Radio-Canada)

 (Photo: Christiane Valcourt / La vie en rose)

(Photo: Linda Boucher / Pop Rock Montréal)

(Photo: Bernard Brault)

(Photo: Inconnu / La liste postale de Diane Dufresne)

Ci-dessus, quelques photos des spectacles Hollywood / Halloween présentés au Forum de Montréal les 28 et 29 octobre 1982. Et ci-dessous, "En écoutant Elton John", chanson mystérieusement coupée lors du montage du DVD:



Contrairement à la croyance populaire, Diane ne s'éclipsa pas tout de suite après le Forum. En effet, elle effectua ensuite une mini tournée québécoise qui passa entre autres par Québec le 7 novembre et par Chicoutimi le 8 avant de se terminer à Baie Comeau. L'ancien site officiel de Diane mentionnait que les deux spectacles au Forum avaient été combinés lors de la tournée. À quel point ce spectacle unique était-il fidèle aux deux concepts originaux? Mystère...

18/10/2012

Tiens-toé ben j'arrive!


Cette semaine marque les 40 ans de la parution du légendaire premier album de Diane Dufresne, Tiens-toé ben j'arrive! Bien plus qu'un succès instantané (il s'écoulera à plus de 100 000 exemplaires et se classera en tête du palmarès québécois pendant 6 semaines), "Tiens toé ben j'arrive!" reste aujourd'hui une référence incontournable de la chanson francophone.


C'est au début de l'automne 1971 que Diane commence à travailler sur son premier album, en collaboration avec François Cousineau pour la musique et Marcel Lefebvre pour les paroles. A ce moment-là, ses ambitions semblent plus modestes: "Ce sont des chansons d'amour, simples et rythmées auxquelles je crois." (La Patrie, 19 septembre 1971)

Si le spectacle de Janis Joplin au Forum de Montréal en 1968 est l'élément déclencheur qui convainc Diane de trouver sa vraie voix, il faut attendre le retour de Luc Plamondon dans son entourage pour lui permettre de trouver le ton qui la mènera vers sa vraie voie. "Luc, je lui contais quand même ma vie, il était très près de moi. Quand il écrivait à cette époque, on se voyait tout le temps, c’était comme vivre ensemble…Luc me suivait comme ça quelque part à la trace, au cœur, à l’âme, il voyait beaucoup mon émotion, il voyait ma vie avec François…" (Folie Douce, Radio-Canada, 2003)

Rapidement, "Tiens-toé ben j'arrive!" prend forme grâce à la combinaison des talents du trio (au final, seul le Buzz de Marcel Lefebvre sera retenu). En plein été 1972, "J'ai rencontré l'homme de ma vie" prépare le terrain pour la venue de la tornade de l'automne.

Véritable bombe, l'album présente au Québec sa première vraie rockeuse, une femme-cartoon qui va révolutionner le paysage du show-business. Le titre, mi-avertissement, mi-invitation, ne laisse aucun doute: Diane s'est trouvée et peut enfin déployer ses ailes pour exprimer tout ce qu'elle a de plus grand en elle. 


"Il n'y a pas eu de transformation. J'ai tout simplement décidé de chanter ce que j'étais depuis toujours. C'est avant que je me transformais. J'étais toute pognée dans mes chansons de films, mes chansons françaises. Là, j'sus folle sur la scène comme j'sus folle dans vie, chez moi, avec mes amis." (Québec-Presse, 3 décembre 1972)

04/10/2012

Un feu d'artifice infini


"J'y mettrai toute mon émotion, mais il faut que les gens embarquent. Il faut que les gens participent. Je voudrais qu'ils aillent, eux aussi, au bout de leur folie. Si le monde n'a pas besoin de ça, je n'ai plus qu'à m'en aller." (Un triomphe pour la belle grande folle!, La Presse, 5 octobre 1978)

Quelques jours avant la première du spectacle "Comme un film de Fellini", Diane Dufresne ne sait pas comment le public répondra à son appel de "vivre enfin ses fantasmes et ses folies", mais elle souhaite une grande fête colorée où chacun saura trouver sa place: "Fellini a toujours été pour moi le cinéaste de l'émotion, du surplus de vie et de création, avec ses premiers films surtout. Je voudrais que les gens viennent au show dans cet état d'esprit." ("Que chacun vive enfin ses folies", Le Devoir, 19 septembre 1978)

(Photo: Echos-Vedettes)

Son appel sera entendu: le soir de la première, le 4 octobre, le quartier latin de Montréal sera au coeur d'un véritable happening. La rue St-Denis sera bloquée pour accueillir une fanfare couvrant à peine l'enthousiasme du public paré de ses plus belles couleurs. Grâce à celui-ci, le show aura d'abord lieu dans la rue, véritable frénésie avant que Diane n'entre en scène et en mette plein la vue. Apothéose d'un show ayant évolué de Paris à Montréal, de l'Outremont à l'Elysée Montmartre, "Comme un film de Fellini" présentera une Diane Dufresne au sommet de son art.
(Merci à Michel Gauthier)

Au final, le spectacle ne sera pas le succès populaire espéré, mais il rencontrera définitivement son public, ce qui est sans doute beaucoup plus précieux. Fellini représentera à jamais le rêve, l'happening qui aura permis à Diane de cimenter sa réputation de créatrice de magie, sur scène et dans la salle.

Il n'existe tragiquement aucune captation de ce spectacle mythique, mais quelques vidéos de l'époque peuvent nous permettre d'imaginer à quoi ressemblait l'énergie de cette grande fête. Ci-dessus, une prestation de Diane à la télé française où elle porte l'un des magnifiques costumes créés spécialement pour le show par George Lévesque:

13/09/2012

DD & Barclay



Ci-dessus, deux photos de Diane Dufresne en compagnie d'Eddie Barclay, alias "l'empereur du microsillon", au printemps 1973, alors que Diane effectue un mini-blitz promotionnel en France. Le succès de "L'homme de ma vie" conduira Diane jusqu'à son premier Olympia et les disques Barclay continueront de distribuer ses disques jusqu'à Striptease. Une toute dernière parution sera commercialisée par Barclay en 1983, "Le disque d'or", une compilation de quelques succès et chansons d'albums des années 70:

02/06/2012

Pars pas sans m'dire bye bye



Début 1973, l'album "Tiens-toé ben j'arrive" est à peine sorti depuis quelques mois, mais le trio Dufresne-Cousineau-Plamondon a déjà un nouveau 45-tours inédit à proposer: "Pars pas sans m'dire bye bye". Loin de faire le pont entre les sons plus grinçants des premier et deuxième albums, la chanson semble plutôt avoir été conçue pour répéter le succès de "J'ai rencontré l'homme de ma vie". Une chanson à la musique un peu plus "gentille", mais au texte non dépourvu d'insolence. "Imagine-toi pas qu'j'vas pleurer pour toi, encore ben moins en mourir..."

La chanson fera partie des spectacles présentés à la Place des Arts en mars 1973 et sera tout de suite appréciée du public, malgré le fait que le 45-tours ne sera lancé que quelques mois plus tard. "She even managed to carry off a perfectly funny tune called Pars pas sans m'dire bye bye" which had the capacity audience roaring." (Jack Kapica, "Diane is dynamite", The Gazette, 2 mars 1973)

Pars pas sans m'dire bye bye ne connaîtra pas une longue carrière au sein du répertoire de Diane Dufresne et finira sa vie en tant qu'interlude lors de Mon premier show. Sans doute parce que la chanson n'avait pas une grande résonance pour l'interprète: "J’ai été la petite chanteuse populaire qui voulait plaire à un compositeur qui s’appelait François Cousineau. Je devais faire des chansons commerciales comme L’homme de ma vie, et ensuite Pars pas sans me dire bye, bye. Je pensais que c’était ça, servir le monde. Mais c’est faux! Ce qui sert le monde en fin de compte, c’est ce qui est vrai!" (Châtelaine, septembre 1982)

(Photo-Journal, 23 septembre 1973)

Malgré son grand succès populaire, il faudra attendre 2010 avant de pouvoir retrouver la chanson sur CD. En effet, si toutes les compilations de Diane Dufresne mettront de l'avant d'autres chansons, Luc Plamondon choisira de lui donner une place de choix sur sa quadruple compilation "J'aurais voulu être un artiste" célèbrant ses 40 ans de carrière.

26/04/2012

Le monde de mon imagination



(Photo: ULAVAL - Fonds du Service des relations publiques)

Ci-dessus, trois photos de Diane Dufresne en fille de l'espace, prises à la fin de l'année 72, dans la foulée de ses spectacles au Patriote. Elle a déjà un nouveau fidèle collaborateur, le designer Mario Dinardo qui crée pour elle des tenues de scène qui l'amèneront encore plus loin dans le merveilleux en lui permettant de magnifier ce qu'elle chante. "Quand j'ai fait le Patriote, après, j'ai mis mon suit en or. J'suis comme ça. Avant, j'avais rien qu'à chanter. Là, j'ai queq-chose à dire." (Photo-Journal, 5 au 11 mars 1973)

Ensemble, Diane Dufresne et Mario Dinardo s'inventeront un imaginaire en se poussant toujours plus loin. "Diane Dufresne, c'est un autre style, c'est presque un hobby pour moi. Ça me permet de laisser libre cours à mon imagination." (Mario Dinardo, Plus Montréal, 28 octobre 1974)

13/04/2012

Un seul regard nous a suffi




Ci-dessus, quelques photos de Diane Dufresne, en plein succès du 45-tours "J'ai rencontré l'homme de ma vie". Cette année, cet indémodable classique fêtera ses 40 ans d'existence!

Il est difficile d'imaginer aujourd'hui que la chanson ne fut pas un succès instantané. Pourtant, à l'époque, la plupart des radios sont frileuses à l'idée de diffuser le titre jugé "osé" par son franc-parler et l'attitude de cette femme qui prend les devants. "C'est la fille qui mène dans la chanson...et c'est cet aspect certainement qui avait séduit Diane." (Luc Plamondon, Folie Douce, Radio-Canada, 2004) Déjà, plusieurs sont réfractaires au personnage et à cette femme qui ne fait rien comme les autres et qui crée ses propres règles au milieu d'un showbizz trop conventionnel. Pour que la chanson prenne son envol, Diane n'hésitera pas à aller à la rencontre du public, donnant même des prestations dans des centres d'achat. Contagieuse, la chanson finira par s'imposer et les radios n'auront pas le choix de diffuser ce qui deviendra le plus gros succès de l'été 1972. Malgré tout, certains critiques n'hésiteront pas à parler d'un feu de paille, mais heureusement, l'album qui suivra rencontrera également un succès sans précédent et les premiers spectacles de la "nouvelle" Diane Dufresne cimenteront rapidement sa légende. "On espère que Diane Dufresne ne s'arrêtera pas là, qu'elle gardera le goût du risque et de la gratuité, et qu'elle saura éviter de travailler mécaniquement comme hélas il est arrivé à d'autres". (Gisèle Tremblay, Le Devoir, 6 décembre 1972) Tiens donc...

La chanson sera rapidement écartée des spectacles de Diane après "Mon premier show", pour revenir en force en 2002 en tant que beau clin d'oeil à ses fans lors de la tournée "En liberté conditionnelle". Entretemps, Diane l'interprétera souvent à la télévision française, où on la lui réclamera souvent. Ci-dessous, une prestation de 1976 récemment ré-apparue sur Youtube, où Alain Barrière accompagne Diane:

16/07/2011

À fleur de peau


Sur la pochette de l'album "À part de d'ça, j'me sens ben", Diane apparaît les seins nus, recouverts d'un t-shirt en bodypainting. En 1973, la photo scandalise, alors qu'il s'agit d'un beau clin d'oeil à la femme et à une époque synonyme d'émancipation. C'est aussi un véritable témoignage d'amour au Québec et à son peuple, comme le soulignent la fleur de lys et la présence d'une foule populaire d'une ruelle de l'Est de Montréal. "J'ai porté une fleur de lys sur les seins parce que je voulais la porter la plus près possible de mon coeur." ("Les hauts et les bas d'une chanteuse straight", Le Devoir, 20 mai 1978)

À Tout le monde en parle, en 2009, elle confiera que l'expérience lui demanda beaucoup de courage, et reviendra avec humour sur le premier essai du concept, où elle se fit photographier en pleine campagne...au milieu des mouches noires!


Quand on écoute l'album, on se rend compte que la pochette complémente parfaitement la Face A, qui s'ouvre avec un hymne quasi-nationaliste et se termine en véritable extase sur "J'me sens ben". En quelque sorte, la face A est presque aussi conceptuelle que l'Opéra-Cirque en face B. Une vraie réussite qui, malheureusement, ne rencontrera pas tout de suite son public, mais qui jettera les bases de l'univers Dufresne: c'est d'abord sur scène que ça se passe. "Il [le porte-parole de la compagnie de disques] croit que Mlle Dufresne donne un tour de chant essentiellement visuel: sur disque, c'est autre chose et il est plus difficile de la vendre..." ("Diane Dufresne, un flop sur microsillon", Jean-Marc Provost, Le Petit Journal, 24 mars 1974) 

Ci-dessous, un reportage très anecdotique sur le "scandale", mais qui nous permet de voir de précieux extraits d'archives de Diane Dufresne à ses débuts:  





À part de d'ça, j'me sens ben (Barclay 80172, Québec, 1973 / Réédition CD AMC1111)
À part de d'ça / Rock pour un gars d'bicyc' / Le tour du bloc / On tourne en rond / J'me sens ben

08/07/2011

Pas Ordinaire

(Photo: Dominique Demers / Québec Hebdo)

C'est hier soir qu'avait lieu "Paris-Québec sous les étoiles", en ouverture du Festival d'été de Québec. Diane Dufresne a participé à l'événement pour chanter J'ai rencontré l'homme de ma vie, en version remix. "Une interprétation posée et très juste" se terminant par un beau baiser spontané échangé avec Robert Charlebois, selon La Presse. Plus de détails suivront au cours des prochains jours, mais on sait déjà que le spectacle sera diffusé le 26 août sur les ondes de Télé-Québec (et ultérieurement sur TV5).

 DD: le pont entre la France et le Québec? (Photo: Yan Doublet / Le Soleil)

Ce n'est pas la première fois que les deux légendes de la musique québécoise partagent la scène du Festival. Le 13 juillet 2002, ils avaient offert un duo des plus mémorables avec leur medley La chanteuse straight / Ordinaire. Un duo qui prend tout son sens, tant leurs deux hymnes se font non seulement écho, mais se complètent. Cette combinaison de leurs deux cris du coeur permit de créer un inoubliable moment de magie, avant le spectacle coup-de-poing de Diane, Kamikaze, le lendemain.

04/04/2011

Aux abois


S'il faut remercier François Cousineau et Luc Plamondon d'avoir permis à Diane Dufresne de changer son parcours de chanteuse, il faut également donner du crédit à Franck...son fidèle dalmatien qui lui permit de casser sa voix.

"Au départ, j'étais une chanteuse genre rive gauche; ce n'est que plus tard que j'ai découvert que j'avais un tempérament de rockeuse, explique-t-elle. À l'époque de L'Initiation, on me disait: C'est merveilleux, tu as une voix neutre. Personne ne peut te reconnaître. Tu parles d'un compliment pour une artiste! Puis, j'ai découvert Janis Joplin et j'ai appris à gueuler avec mon chien, le dalmatien qu'on voit sur la pochette de Tiens-toé ben, j'arrive." (Merci la vie, Voir, 9 mars 2000)


"J'criais avec mon chien...C'était le seul vivant qui pouvait entendre ça et c'est là que j'ai commencé à faire ma voix rock" (Folie Douce, Radio-Canada, 2003) "J'aurais pas chanté en rockeuse si j'avais pas appris à crier avec mon chien qui hurlait" (Tout le monde en parle, Radio-Canada, 2009)

Franck se retrouvera non seulement sur la pochette de Tiens-toé ben j'arrive, mais également sous les spotlights, puisqu'il montera parfois sur scène avec Diane.  David Magil, dans sa "critique" publiée le 15 août 1974 dans le journal Montreal Gazette, rapporte qu'il apparut sur la scène du Patriote, à côté de La chanteuse straight. "The dog sat on its haunches, wagged its tail and gazed with wistful eyes as his mistress finished her theme song".


Ci-dessus, Diane photographiée avec Franck pour le Petit Journal en janvier 1974, juste avant sa série de spectacles au Théâtre Wilfrid-Pelletier de Montréal où toute la deuxième partie était consacrée à l'Opéra-Cirque.

09/03/2011

Éternelle extravagance

En janvier 1975, Photo-Journal commente les différents looks de Diane (qui en a déjà cumulé plusieurs) et Carmen Montessuit ose écrire:  "La voici au comble de l'extravagance. Elle ne pouvait aller plus loin."


Si seulement elle avait su tout ce qui allait suivre! 

(Est-ce que quelqu'un connaît la date ou l'occasion de cette performance?)

13/01/2011

Diane se dépogne

"Il me tarde d'aller dire au monde ce que je ressens. Car maintenant, j'ai quelque chose à dire à mon public..."
À l'automne 1972, Diane Dufresne lance "Tiens-toé ben j'arrive", son premier album, dans un wagon de train à la Gare centrale de Montréal.

(Photo Journal, 10 octobre 1972)

 Est-ce qu'un papillon qui prend son envol a vraiment besoin d'un noeud?