Affichage des articles dont le libellé est (1986-1987) Top Secret. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est (1986-1987) Top Secret. Afficher tous les articles

16/05/2012

Samedi, 8 heures, viendrez-vous?

(Photo: Point de Vue)

Il y a 25 ans, Diane Dufresne s'apprêtait à poursuivre l'aventure Top Secret au Casino de Paris du 18 au 24 mai 1987.

Après près d'un mois de représentations au TNM de Montréal en septembre 1986 et une grande tournée québécoise à l'automne, c'est maintenant au tour de Paris d'avoir l'honneur de participer au "grand jeu" de Diane Dufresne et d'entendre les chansons inédites de Pierre Grosz créées spécialement pour elle. Même appel qu'à Montréal: les spectateurs ont un rôle à jouer pour que le spectacle se passe également dans la salle. Car après tout, "dès que le public est complice, il fait du show business aussi." (France-Soir, 19 mai 1987)

L'aventure se poursuivra ensuite dans quelques villes françaises avant de repasser par Paris à La Cigale en novembre, pour se terminer en grande pompe à Tokyo en février 1989. Entre temps, Diane aura remporté le Félix du spectacle de l'année le 25 octobre 1987 et finalement lancé l'album 4 jours plus tard au Studio Victor de Montréal. Elle n'y sera pas présente physiquement, mais en bonne maîtresse de cérémonie, elle aura  préparé un concept à la hauteur du projet: grâce à un mystérieux téléphone se trouvant au milieu de la pièce, elle répondra aux questions des journalistes présents. "Pour donner des grands airs à ce lancement, des figurants à lunettes noires et en imperméable officiel d'espion, sentant la lotion à barbe, s'étaient postés dans la pièce où se trouvait le téléphone." (Pierre Roberge, La Presse canadienne, 30 octobre 1987)

16/02/2012

30 ans de Turbulences


En 1982, Diane Dufresne se trouvait au sommet de son succès populaire des deux côtés de l'Atlantique et son premier album depuis l'énorme succès de Striptease était très attendu. Enregistré entre Montréal et New York puis mixé à Los Angeles, Turbulences sortait il y a exactement 30 ans, soit le 16 février 1982. Une occasion en or de revisiter cet album incontournable de la discographie de Diane Dufresne.

(Photo: Jean-Claude Deutsch / Paris-Match)

Turbulences, à plus d'un égard, porte parfaitement son titre. D'abord, pour ce qu'il est: un voyage inconfortable dans les désordres modernes d'une femme qui traverse une mauvaise passe. Ou plus simplement, pour citer le gros titre du Devoir de l'époque: "Diane Dufresne en enfer". L'album s'ouvre sur la réflexion qu'elle se fait après sa propre mort et se termine par un suicide artistique. La mort domine (quand elle ne vole pas les derniers moments de lucidité de la grand-mère de La dernière enfance) et la vie brise les rêves de ses protagonistes (le vieux saxophoniste cubain qui se rappelle une gloire ensoleillée et la star partie pour la gloire qui souhaite fuir les spotlights pour la lumière du jour).

Le titre souligne également l'éclectisme musical de l'ensemble: Diane y épouse tous les genres, du rock à la ballade grand public, et fait ses premières incursions dans la musique new-wave, dont les sonorités commencent à s'imposer dans la culture populaire. Un éclectisme également souligné par le choix de textes: Plamondon en est le principal auteur, mais Diane s'ouvre à d'autres univers, et pas n'importe lesquels: ceux de Jonasz et Gainsbourg.

Et que dire de cette pochette turbulente, on ne peut plus années 80, dont la symbolique demeure aujourd'hui très mystérieuse et plutôt difficile à décoder...


Turbulences (Kébec-Disc KD 532 / RCA Victor TPL 37610)

A1 - Seule dans mon linceul

 (Pantin, 24 mars 1982)

"Seule, je suis seule, enfin seule..."  La solitude est un thème récurrent sur le disque, mais sur la chanson d'ouverture, elle est totale. La protagoniste a rendu l'âme et cette âme plane, observant au passage son ancien amoureux qui tente de refaire sa vie.
"Seule dans mon linceul" aura également l'honneur d'ouvrir deux shows-événements de Diane. D'abord, le méga show de Pantin, où Diane arrivera dans un cerceuil de verre, sa collerette multi-faces lui donnant plutôt l'air d'une vampire que d'une Dame de coeur. Et ensuite, Halloween, où Diane sortira d'une citrouille géante, métamorphosée en sorcière. On ne l'entendra plus jusqu'en 2001, où elle sera enfin dépoussiérée au Bal des Vampires.

A2 -  La dernière enfance

(Top Secret, septembre 1986)

Le premier single de Turbulences connaîtra un joli succès au Québec: il restera 19 semaines au palmarès et en atteindra la première place le 3 avril 1982. Peu surprenant, étant donné la mélodie irrésistible de la chanson. Sous un vernis électropop, le texte cache un terrible malheur: la perte de mémoire et d'autonomie. "La dernière enfance" permettra à Diane de créer des moments très forts sur scène. Qui peut oublier l'incroyable théâtre de marionnettes de Top Secret? Un époustoufflant moment de comi-tragédie.

A3 - Turbulences

(Photo: Pierre Dury)

La chanson-titre de l'album fera curieusement partie de celles qui passeront le plus inaperçues: Turbulences ne sera jamais ré-interprétée sur scène après la période d'exploitation de l'album. Dommage, car l'interprétation des deux rôles (la patiente et la psychiatre) devait prendre tout son sens sur scène et donner beaucoup de mordant à l'humour désespéré de la chanson.

A4 - Samedi soir


Ci-dessus, un passage de Diane à l'émission "Champs Elysées" du 27 mars 1982. Il s'agit d'une des rares fois (sinon l'unique) où elle aura offert une prestation de "Samedi soir"...mais quelle prestation! "Samedi soir", aux sonorités disco, n'aurait pas détonné sur l'album "Strip-tease", lancé 3 ans auparavant. La chanson, écrite par Luc Plamondon et mise en musique par Jacques Blais, raconte les désillusions d'une femme qui va "cruiser comme les hommes" seule dans les bars. Au final, elle fait même un clin d'oeil au premier gros hit de Diane "J'ai rencontré l'homme de ma vie".

A5 - Le vieux saxophoniste

(Hollywood, 28 octobre 1982)

Sur une mélodie plutôt joyeuse, la chanson raconte la déchéance d'un musicien dont le destin lui a fait "manquer le bateau". La chanson prendra vie sur scène lors d'un beau moment de complicité entre Diane et son saxophoniste lors du spectacle Hollywood.

B1 - Oxygène

(Symphonique n'Roll, 25 mars 1988)

Un classique qui n'a plus besoin de présentation!

B2 - Pour un ami condamné

(Magie Rose, 16 août 1984)

Écrite en hommage à son ami Claude Dubois (alors incarcéré pour possession et trafic de drogues), la chanson touche surtout à l'universel en rappelant l'importance des poètes et des artistes dans nos vies. "Dans Pour un ami condamné, ode à la liberté, elle ressort sa belle voix romantique du dimanche, la voix lumineuse de Ne tuez pas la beauté du monde ou encore celle de Laissez passer les clowns." (Nathalie Petrowski, Le Devoir, 27 février 1982)
Ci-dessus, un extrait de Magie Rose où Jacques Higelin interprète la chanson avec Diane. Un extrait mystérieusement tronqué du DVD officiel paru en 2004.

B3 - Good-bye Rocky


Cette "épitaffe pour un toffe" fut la première chanson retenue pour promouvoir l'album en France. Elle sera même retenue lors des spectacles au Cirque d'Hiver pour Dioxine de Carbone. "Good-bye Rocky" ne sortira pas au Québec et le fait qu'elle ne soit jamais ré-éditée par la suite ne contribuera pas à la sortir de l'ombre. Suite textuelle logique de "Rock pour un gars d'bicyc'", ses thèmes ne sont pas nouveaux, mais ses arrangements rock "old school" sont assez différents de ce que Diane avait fait par le passé et sont sans doute ceux qui rappellent le plus qu'une partie de l'album fut réalisée aux Etats-Unis.

B4 - Partir pour la gloire

(Bouffes du Nord, novembre 2008)

Un des derniers bijoux de Luc Plamondon offerts à Diane et celui qui lui ira encore mieux des années plus tard, lorsqu'elle retrouvera la chanson pour Plurielle et sa tournée Effusions en France. Ci-dessus, une vidéo amateur enregistrée aux Bouffes du Nord en novembre 2008.

B5 - La toune qui groove 



"Une chanson un petit peu légère" comme le résume Michel Jonasz pour "Folie Douce" en 2004, mais quand même importante car elle marque l'arrivée de Jonasz dans l'univers Dufresne. Il lui écrira rapidement "J'vieillis" qu'elle n'osera pas chanter avant 1993. Entre temps, elle reprendra deux de ses chansons en guise de clôture de deux de ses shows les plus importants: "J'veux pas que tu t'en ailles" (pour Halloween) et "Je voulais te dire que je t'attends" (pour Magie Rose). Plus récemment, une autre reprise de Jonasz, "Changez tout", servait de message final à Sinéquanone.

B6 - Suicide


Coup de génie de Gainsbourg, il est étonnant que Suicide n'ait jamais connu de sortie officielle. La chanson trouvera néanmoins sa place en face B de l'insolite 45-tours promotionnel de "Good-bye Rocky" servant à la promotion de la RATP (la régie autonome des transports parisiens) et deviendra évidemment culte avec les années.

Turbulences n'a toujours pas eu droit à une ré-édition digitale, mais au fil des années, plusieurs de ses pièces se sont éparpillées sur diverses compilations. Sur les 11 chansons de l'album, 6 se sont retrouvées sur la première anthologie CD de Diane, parue en 1991. Plus récemment, "La dernière enfance" et "Oxygène" ont été retenues par Luc Plamondon sur son anthologie de 2010, "J'aurais voulu être un artiste". Les 5 autres n'ont (à ce jour) jamais quitté leurs sillons de vinyle...

17/11/2011

Palace - 1989


Ci-dessus, Diane Dufresne "en robe d'hippopocampe", photographiée par L'officiel Hommes au mythique Palade de Paris en 1989. Elle assiste alors à une soirée pour fêter le lancement d'un nouveau recueil de photos du designer Thierry Mugler. Au fil des années et jusqu'à tout récemment pour Sinéquanone, Diane aura porté quelques-unes de ses créations, dont celle-ci lors d'une session pour Madame Figaro en mai 1987:

(Photo: Yann Matton)

10/09/2011

La robe-théâtre



S'il y a un costume de scène de Diane Dufresne qui aura marqué tous les esprits, c'est bien celui de la robe-théâtre de Top Secret. Quand la robe apparaît dans le deuxième tableau portée par la Marquise, le public en a le souffle coupé. "Pourquoi ce choix d'une marquise? Parce que ça me permet d'exhiber une robe tellement impressionnante qu'elle touchera la folie du public et beaucoup de choses plus profondes, comme l'ombre de la vieillesse que je veux exorciser." (France-Soir, 19 mai 1987)

Créée par Michel Robidas, la robe permet à Diane d'être d'abord Marquise, prisonnière de sa folie, pour ensuite être tragédienne d'opéra avant de devenir la marionnettiste de La dernière enfance. Les poupées japonaises avec lesquelles joue Diane annoncent l'arrivée de la Geisha du troisième tableau, créant un fil conducteur ingénieux et un moment absolument inoubliable.

La fameuse robe, exposée au magasin Archambault en 2007 (source)

16/06/2011

Top Secret



Ci-dessus, 2 photos promotionnelles du spectacle Top Secret. Quand Diane Dufresne décide de remonter sur scène à Montréal en 1986, c'est au théâtre qu'elle va chercher un nouveau souffle. Après les shows gigantesques du Forum et du Stade, elle s'offre le Théâtre du Nouveau Monde, une salle "humaine" de moins de 900 places. Elle devient la maîtresse de cérémonie d'un grand jeu qu'elle orchestre avec ses musiciens, des comédiens et surtout, la complicité du public.

Top Secret est un triomphe. Le public est conquis et les critiques (qui cette fois-ci n'ont pas reçu de billets de courtoisie et ont dû payer leurs places) ne tarissent pas d'éloges sur le savoir faire  de Diane Dufresne. "C'est un électrochoc, un voyage en montagne russes, un délire total et contrôlé qui, sans contredit, est un des meilleurs spectacles jamais présentés par Dufresne" ("Dufresne, l'électrochoc", Paul Cauchon, Le Devoir, 13 septembre 1986)

(Photo provenant de l'ancien site officiel de DD)

Le spectacle restera gravé dans les mémoires comme étant le plus ludique et théâtral de Diane Dufresne. Ou comme elle le résume elle-même dans le livret de Merci en 2000, "l'un de mes plus importants spectacles." Top Secret fera le tour du Québec pendant quelques semaines avant d'être repris au Casino de Paris du 18 au 24 mai 1987, avec l'ajout d'une chanson de circonstance, "Paris mon pari". Puis, le rideau tombera définitivement à Tokyo, après deux dernières représentations les 26 et 28 février 1989.

J'tombe amoureuse / Rockeuse / La femme tatouée / Ich bin von koff biss foss / Les héros sont fatigants / Elsie saisie par le démon / Vous aurez d'mes nouvelles par les journaux / Tout était rose / Le parc Belmont / Adio del passato / Survoltée / La dernière enfance / Oxygène / Kabuki / Top secret / Parlez-moi d'amour / Désir / La vie en rose / Si vous cherchez la bagarre / Les assassins / Fascination / Un souvenir heureux

11/04/2011

Rockeuse de grand chemin


En pause de Top Secret, juste avant de le présenter au Casino de Paris en mai 1987, Diane Dufresne participe au Printemps de Bourges. C'est sa deuxième apparition au Festival, la première remontant à 1985.

Le 25 avril, elle est interviewée au journal Midi 2 avant sa prestation du soir, où elle partagera la scène avec Alain Souchon. "Ce soir, j'donne pas mon show, j'y vais en tant que rockeuse", annonce-t-elle en précisant qu'elle n'a eu que 2 jours pour répéter un concert plus rock, spécialement conçu pour l'occasion.

23/02/2011

007


En juillet 1986, le promotion du show Top Secret commence. Cette publicité mystérieuse insérée dans les journaux donne le ton: une simple bannière où n'apparaît pas le nom de Diane, avec un numéro de téléphone. Diane fait appel à son public pour participer au show en interprétant un rôle de son choix: détective privé, espion, samouraï, geisha...
Elle a imaginé une histoire à vivre au Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal, du 4 au 27 septembre. Elle sera tour à tour chanteuse, voleuse, marquise et même héroïne d'une estampe, dans un spectacle en 4 actes.