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08/04/2013

20 ans après le Détournement...

(Photo: Jean-François Bérubé)

J'ai voulu montrer ma conscience. 
Je ne prétends pas pouvoir changer quelque chose, 
mais je le fais au moins dans mon univers à moi. 
Il me fallait changer la façon de faire mes chansons,
 trouver une autre attitude.
(La Presse, 3 avril 1993)

Le 8 avril 1993 était lancé "Détournement majeur", un album plus que marquant dans l'oeuvre de Diane Dufresne. S'il n'a plus besoin de présentation, ses 20 ans méritent qu'on fasse quelques petits détours...

Pour le plaisir des mots, une belle critique de Roger Chamberland  parue dans "Québec Français" à l'époque et archivée par Erudit.org. Pour le plaisir des yeux, deux prestations de Diane au Cercle de minuit sur France 2: J'écris c'qui m'chante et Cendrillon au coton. Et pour le plaisir du son, l'introuvable Sans dessous dessus, parue exclusivement au Japon sur une compilation du même nom, version originale du Locataire, chanson que Diane intègre encore à ses spectacles aujourd'hui. Merci à Fluke d'avoir déterré ce trésor!

02/03/2012

Au sommet

 (Photo: Le Devoir)

Le 14 octobre 1991, Radio-Canada diffuse "Une ville au sommet" conçu par Diane Dufresne. Coup d'envoi du 3e Sommet des grandes villes du monde et prélude au 350e anniversaire de la ville de Montréal, le spectacle est présenté au Chalet du Mont Royal devant 29 maires provenant des 4 coins du monde et réunit entre autres Robert Charlebois, André-Philippe Gagnon et Louis Lortie. Avant la diffusion, comme il est malheureusement de mise depuis le début de ses shows d'un soir démesurés, Diane reçoit des critiques par rapport au budget accordé à ses délires, budget puisé à même les fonds publics, mais ne se laissera heureusement pas démonter. "On va faire un show, lundi, devant les gens des plus grandes villes du monde. Faut que ça soit beau. C'est quand même mieux, et ça coûte moins cher en bout de ligne que de faire des bombes." (La diva de la démesure, Pierre Beaulieu, Le Devoir, 12 octobre 1991)


"Une ville au sommet" permettra à Diane d'interpréter deux chansons. Sa prestation de Kabuki reverra le jour en 2004 en supplément du DVD "Symphonique n'Roll". "Le locataire" (sans doute en tant que "Sans dessus dessous", sa toute première version) aurait apparemment été le deuxième titre choisi, ce qui correspondrait aux ambitions de Diane annoncées quelques jours plus tôt: "Plusieurs artistes refusent de chanter devant des politiciens parce qu'ils ne croient plus au discours politique. Moi j'ai accepté de travailler à la conception du spectacle et d'y chanter aussi justement pour leur parler aux politiciens. Pour leur dire ce qu'on pense, nous autres, le monde ordinaire. Pour leur parler d'environnement, par exemple."

26/02/2012

À chaque étage, mon coeur s'arrête


Le 22 mars 1990, le Nouvel Observateur invite quelques personnalités à écrire un court texte sur leur plus grande phobie. Voici la contribution de Diane Dufresne. Quand elle chante "L'ascenseur me fait peur" dans Oxygène, ce n'est donc pas que le personnage qui s'exprime!

17/11/2011

Palace - 1989


Ci-dessus, Diane Dufresne "en robe d'hippopocampe", photographiée par L'officiel Hommes au mythique Palade de Paris en 1989. Elle assiste alors à une soirée pour fêter le lancement d'un nouveau recueil de photos du designer Thierry Mugler. Au fil des années et jusqu'à tout récemment pour Sinéquanone, Diane aura porté quelques-unes de ses créations, dont celle-ci lors d'une session pour Madame Figaro en mai 1987:

(Photo: Yann Matton)

16/08/2011

Symphonique n' Tokyo



Ci-dessus, 2 extraits du spectacle Symphonique n' Roll qui nous offrent un point de vue différent du spectacle. Différent, car il ne s'agit pas de la captation québécoise disponible sur DVD, mais bien de l'enregistrement japonais, filmé au Bunkamura Hall de Tokyo en 1991. Deux documents très rares, accompagnés de commentaires élogieux de gens qui ne connaissent pas Diane Dufresne sur les pages Youtube les hébergeant. Insolite!

 L'affiche japonaise, exposée en 2005 au magasin La Baie
(photo: rio_saxo, Liste postale de Diane Dufresne)

Les 24 et 25 février 1991, Diane retrouve son public japonais pour lui offrir deux représentations de Symphonique n' Roll en compagnie du New Japan Philharmonic. Elle retrouve aussi le chef d'orchestre Gilles Ouellet, qui n'avait pas participé aux représentations parisiennes de Symphonique n' Rock de mars 1989. Si le concept n'a pas changé par rapport au spectacle original présenté à Québec, la setlist connaît des ajouts comme La vie en rose, Désir et Kabuki. ll s'agira des derniers spectacles de Diane en terres nippones.

12/07/2011

Les Girls


Ci-dessus, un flashback d'il y a exactement 20 ans: un extrait du Gala Juste pour Rire du 12 juillet 1991, où Clémence Desrochers et Diane Dufresne interprètent "Je ferai un jardin", l'une des plus belles chansons du répertoire de la légendaire humoriste. Il s'agit d'une apparition surprise de Diane, remontant spécialement sur scène après de longs mois d'absence pour rejoindre son amie. "Si elle s'interroge encore sur l'amour que peut lui porter le public québécois, elle a de quoi être rassurée, à la lumière de l'accueil intense et émotif que lui ont réservé les deux mille personnes rassemblées au Saint-Denis." (Sylvain-Claude Fillion, Le Devoir, 13 juillet 1991)

(Photo: Patrick Villeneuve)


(Source)

Il faudra attendre quelques années plus tard avant de les revoir sur une même scène lors du spectacle "Sous influences", le 26 juillet 2001, où elle chanteront ensemble "L'amante et l'épouse". Puis, en octobre 2006, Clémence participera à l'hommage rendu à Diane par l'ADISQ, en livrant un témoignage fidèle à ses couleurs: "J'aurais ben d'autres choses à dire, mais y veulent pas!"

Il faut dire que leur rencontre ne date pas d'hier: en mai 1969, Clémence recrute Diane pour sa revue musicale "Les Girls". Dans ce spectacle à sketches, Clémence est également entourée de Louise Latraverse, Paule Bayard et Chantal Renaud...et d'un certain François Cousineau, pour la mise en musique de ses textes. D'abord présenté au Patriote de Montréal, le spectacle choque (nous sommes en 1969 et des femmes qui ne mâchent pas leurs mots et qui s'imposent, ça en déstabilise certains!), mais obtient également un énorme succès qui mènera les Girls aux quatre coins du Québec pendant un an.


"C'est extraordinaire, cette revue! Je suis dans Les Girls ce que je suis dans la vie, une fille de club. Je m'appelle Carmen. Carmen, c'est une rough and tough qui vend ses fleurs de plastique dans une boîte à chansons." ("C'est la revue de Clémence qui me retient à Montréal", Colette Chabot, Le Petit Journal, 18 mai 1969)

Il faut dire que Diane a acquis l'expérience nécessaire pour habiter le rôle. Elle revient de Paris où elle a chanté dans des cabarets mythiques, mais d'autres moins, où elle a dû se créer une carapace pour se défendre d'un public pas toujours très respectueux. La revue "Les Girls" lui permettra de casser son image au Québec et on peut penser qu'elle aura grandement contribué à lui permettre d'imposer sa vraie personnalité par la suite.

02/03/2011

Faut qu'y en aye une qui l'fasse

Si on se doute qu'au fil des années, Diane Dufresne a collaboré aux textes de Luc Plamondon en suggérant des idées ou en provoquant des concepts, ce n'est qu'en 1977 qu'elle co-écrit véritablement une de ses chansons. Et pas n'importe laquelle: "Hollywood Freak", dont la première phrase donne non seulement le ton de la chanson, mais le titre de l'album dont elle fait partie: Maman si tu m'voyais, tu s'rais fière de ta fille...Une chanson importante, un hommage très touchant à sa mère, disparue trop tôt. Cette Hollywood Freak a un rôle de star à jouer et le devoir de s'accomplir pour pouvoir faire ce que sa mère n'a pas pu faire.

 Diane, en février 1979, interprétant "Hollywood Freak" à l'émission "Numéro 1"

Il faudra attendre plus d'une décennie avant d'avoir la chance d'entendre de nouveaux mots écrits par Diane. Elle ne se sent pas prête. "Je crois que j'ai peur...(...) j'ai l'impression qu'à essayer, j'écrirais comme un bébé de 2e année B. Il y a cinq ans, j'ai décidé que je voulais commencer à lire. D'ailleurs, c'est ce que je fais, ça fait partie de ma discipline. Et quand j'aurai lu pendant dix ans, je pourrai commencer à écrire. En ce moment, je lis Miller, Virage à 80. Moi, si j'écrivais, ce serait comme ça. C'est peut-êre pourquoi je n'ose pas le faire: ce que j'écris est très dur." (Diane Dufresne all dressed, La vie en rose, octobre 1985)

Après la rupture Plamondon et la rencontre de nouveaux paroliers, on devine que Diane se cherche une nouvelle voix. Après Top Secret et Symphonique n'Roll, ses apparitions se font de plus en plus rares. Elle surprendra tout le monde en 1990 en apparaissant au spectacle de la St-Jean. Non seulement elle chante une nouvelle chanson écrite spécialement pour l'occasion, mais elle l'a écrite elle-même. "Comme un bel oiseau", sur une musique d'Yves Laferrière, est son sublime hommage à la fierté québécoise, pour que le Canada anglais ne mette "plus jamais les pieds sur mon drapeau".

La parolière prend son envol

Son Détournement majeur pointe à l'horizon. En 1991, elle confie à Nathalie Petrowski: "J'écris donc, de plus en plus. (...) Je lis, j'étudie, je me promène, je rencontre des scientifiques, je cherche. Je m'intéresse à l'environnement, bien sûr, mais de plus en plus aussi à tout ce qu'on ne voit pas, mais qui est pourtant là." (La diva de la démesure, Le Devoir, 12 octobre 1991)
La même année, sur "Sans dessous dessus" (une compilation japonaise de chansons de Follement Vôtre et de Top Secret) apparaît la chanson du même titre, écrite par Diane. Il s'agit d'une première version du Locataire, qui sera gravé sur laser en 1993. Une chanson qui, déjà, met des mots sur les préoccupations environnementales de l'artiste.


En 1992, elle passe l'automne à New York où elle peut se ressourcer et vivre de nouvelles expériences en tout anonymat. La muse sort du tableau pour s'inspirer. "Pour retrouver le goût d'chanter et me prouver que j'peux changer, j'me vide le coeur, j'viole mes idées en les couchant sur du papier." (J'écris c'qui m'chante, 1993)
Elle écrira, écrira, écrira et petit à petit, ses mots prendront la forme de paroles. Qui, grâce à Marie Bernard, deviendront des chansons. Détournement majeur sortira en avril 1993...et la parolière sera enfin lancée.

Diane, en 1993, interprétant "J'écris c'qui m'chante" au Cercle de Minuit 

"Écrire m’a permis de libérer quelque chose qui demandait à sortir. C’était là depuis toujours comme une boule, comme une douleur. Comme quoi ça prend parfois des années à extirper de soi un petit bout de l’essentiel. J’aurais pu commencer plus tôt, mais ce n’était pas le bon timing. Je trouve une joie dans l'écriture. Et la joie est un pas vers la sagesse." (Dialogue avec l'ange, Elle Québec, Novembre 1993)