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26/07/2012

Sous influences


Le 26 juillet 2001, Diane Dufresne présente "Sous influences" à la salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts de Montréal. Concept ambitieux créé pour les Francofolies, "Sous influences" la met en scène avec plusieurs artistes qui ont influencé son parcours...ainsi que quelques-uns qu'elle a influencés en cours de route.

Spectacle d'un soir, "Sous influences" offre de grands moments: Renée Claude qui reprend fébrilement "Cendrillon au coton", Clémence Desrochers qui la rejoint pour revisiter "L'amante et l'épouse" des Girls ou encore André Gagnon qui l'accompagne pour "Le 304":


Si la triple anthologie "Merci", parue un peu plus d'un an plus tôt avait permis de rappeler à quel point le répertoire de Diane Dufresne était riche, le spectacle "Sous influences" démontre que ses chansons traversent le temps et les générations et se prêtent sans difficulté à des relectures. Ainsi, la rappeuse J.Kyll vient décoiffer deux grands classiques, Actualités et Oxygène, tandis que la rockeuse France D'Amour s'approprie le "Gars d'bicyc" en ouverture de show: 


Le spectacle atteindra son sommet d'intensité avec l'apparition de Juliette Gréco qui interprétera une incroyable "Javanaise" avec elle...et lui remettra la décoration d'Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres de la République française: 


"Sous influences" sera télédiffusé sur les ondes de Radio-Canada avant d'être nominé dans la catégorie "Spectacle de l'année - interprète" au Gala de l'Adisq 2002.

10/01/2012

Wilfrid-Pelletier, 1974


Du 10 au 13 janvier 1974, Diane Dufresne donne une série de spectacles à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts de Montréal. Si elle a subi les fans coincés de Julien Clerc à l'Olympia de Paris à peine quelques semaines plus tôt, cette fois-ci, pas de doute: son vrai public l'attend. "Je n'ai jamais vu (ou plutôt entendu) une telle ovation avant même qu'elle entre en scène. Une véritable folie! Le public est très jeune (entre douze et seize ans), mais il crie..." (Carmen Montessuit, "Où pourra-t-elle aller plus loin", Photo-Journal, 21 au 27 janvier 1974)

Aujourd'hui, de cette série de spectacles, on mentionne surtout que l'Opéra-Cirque s'y trouvait en intégralité, en deuxième partie, mais il semblerait que la première partie n'avait rien à lui envier, en électricité et en flamboyance. Diane apparaîtra sur scène au son de "A part de d'ça", moulée dans une tenue lacée en cuir très décolletée créée par Mario Dinardo. Le clou de ce premier tableau sera un Rock pour un gars de bicyc' très survolté. Gaëtan Racine, dans son livre publié en 1984, raconte: "Quand la chanson se terminait dans une interprétation à la limite de l'hystérie, au moment de "J'veux qu'y m'passe sur l'corps avec son bicyc", un véritable bicycle à gaz surgissait à toute vitesse des coulisses et traversait la scène dans un bruit, une fumée et des éclairs lumineux d'enfer." (Les éditions Quebecor, ISBN 2-89089-283-2)



Pour son dernier tableau avant l'Opéra-Cirque, Diane change de costume et éblouit le public avec une autre tenue surréaliste de Dinardo qui lui donne des airs d'ange spatial. Elle interprète entre autres La chanteuse straight, Tu m'fais flipper (alors inédite), avant de disparaître avec J'me sens ben.

La deuxième partie sera difficile à digérer pour plusieurs, mais le double-spectacle aura définitivement assis la réputation de bête de scène de Diane. "Le mieux rodé qu'elle ait offert, son spectacle a soulevé sans conteste l'enthousiasme d'un auditoire qui se muait ainsi pour elle, du parterre à la corbeille et au-delà, en jardins suspendus." (Gisèle Tremblay, Le Devoir, 12 janvier 1974)


Ci-dessus, des captures d'écran de courts extraits du spectacle diffusés le 17 septembre 2011 par Radio-Canada lors de l'émission spéciale "Le show-business québécois: du big bang à aujourd'hui" qui rendait hommage au producteur Jean Bissonnette. Une captation (brève ou intégrale) dormirait donc quelque part...

06/10/2011

La charmeuse

(Place des Nations, 24 août 1974)

En 1974, entre deux albums, Diane Dufresne sort un nouveau 45-tours qui offre deux chansons inédites: "Mon p'tit boogie-woogie" en face A qui deviendra rapidement un de ses plus grands succès et "Le mariage de la charmeuse de serpents" en face B qui restera une des chansons les plus insolites de son répertoire. Cette charmeuse détonne dans son répertoire des années 70 tant par ses sonorités que par ses paroles qui ne furent pas écrites par Luc Plamondon, mais par Serge Grenier, membre du groupe humoristique Les Cyniques. Un ovni!

Comme la chanson n'a jamais été rééditée et reste introuvable à ce jour, permettons-nous de la redécouvrir et de lui redonner l'importance qu'elle mérite:



Le 30 novembre 1974, Diane Dufresne l'interprète au Centre sportif de l'Université de Montréal, où elle partage l'affiche avec Gilles Valiquette et Beau Dommage. Pour l'occasion, elle éblouit le public en revêtant sa robe argentée créée par Mario Dinardo quelques mois plus tôt. La légende raconte que Diane fut accompagnée par un vrai boa sur scène, rien de moins!

Contrairement à sa face A, "La charmeuse..." ne connaîtra pas une longue vie, mais un article de "Photo journal" de l'époque mentionne que Diane l'aurait également chantée à la télévision, chez "Monsieur B", le 15 décembre de cette même année. 

 
"La nouvelle Diane Dufresne en arbre de Noël!"
(Photo Vedettes, 21 décembre 1974)

01/08/2011

Juste pour rire 2005



Le 7 juillet 2005, Diane participe au Gala Juste pour rire de Patrick Huard. Elle rejoint ce dernier à la fin du Gala pour interpréter Rock pour un gars d'bicyc et Oxygène. Survoltée jusque dans sa coiffure, la rockeuse en met plein la vue et les oreilles avec son énergie...et ses cris!  Et comme toujours, elle vole la vedette: "L’excentrique diva a fait lever in extremis un gala inégal en mettant le feu au Théâtre St-Denis." ("Diane Dufresne sauve le gala de Huard", Maxime Demers, Le Journal de Montréal, 8 juillet 2005)

16/07/2011

À fleur de peau


Sur la pochette de l'album "À part de d'ça, j'me sens ben", Diane apparaît les seins nus, recouverts d'un t-shirt en bodypainting. En 1973, la photo scandalise, alors qu'il s'agit d'un beau clin d'oeil à la femme et à une époque synonyme d'émancipation. C'est aussi un véritable témoignage d'amour au Québec et à son peuple, comme le soulignent la fleur de lys et la présence d'une foule populaire d'une ruelle de l'Est de Montréal. "J'ai porté une fleur de lys sur les seins parce que je voulais la porter la plus près possible de mon coeur." ("Les hauts et les bas d'une chanteuse straight", Le Devoir, 20 mai 1978)

À Tout le monde en parle, en 2009, elle confiera que l'expérience lui demanda beaucoup de courage, et reviendra avec humour sur le premier essai du concept, où elle se fit photographier en pleine campagne...au milieu des mouches noires!


Quand on écoute l'album, on se rend compte que la pochette complémente parfaitement la Face A, qui s'ouvre avec un hymne quasi-nationaliste et se termine en véritable extase sur "J'me sens ben". En quelque sorte, la face A est presque aussi conceptuelle que l'Opéra-Cirque en face B. Une vraie réussite qui, malheureusement, ne rencontrera pas tout de suite son public, mais qui jettera les bases de l'univers Dufresne: c'est d'abord sur scène que ça se passe. "Il [le porte-parole de la compagnie de disques] croit que Mlle Dufresne donne un tour de chant essentiellement visuel: sur disque, c'est autre chose et il est plus difficile de la vendre..." ("Diane Dufresne, un flop sur microsillon", Jean-Marc Provost, Le Petit Journal, 24 mars 1974) 

Ci-dessous, un reportage très anecdotique sur le "scandale", mais qui nous permet de voir de précieux extraits d'archives de Diane Dufresne à ses débuts:  





À part de d'ça, j'me sens ben (Barclay 80172, Québec, 1973 / Réédition CD AMC1111)
À part de d'ça / Rock pour un gars d'bicyc' / Le tour du bloc / On tourne en rond / J'me sens ben

09/06/2011

Le dernier show



Ci-dessus, deux photos prises le 24 août 1974, à la Place des Nations, sur le site de Terre des Hommes. Diane Dufresne retrouve alors son public après un séjour en Californie de quelques semaines. Ce sera également la dernière chance pour 2000 chanceux de voir l'Opéra-Cirque...

16/05/2011

Dans les jeux de lumières

 (Photo: Catherine Lefebvre / Rue Frontenac)

Après une apparition exceptionnelle dans un talk-show le mois dernier, alors qu'elle se fait habituellement si rare, Diane Dufresne nous a offert non pas une, mais deux prestations télévisées en l'espace d'une semaine! On peut dire que ce printemps nous gâte...

Le 1er mai, on l'a retrouvée dans un numéro d'ouverture improbable, celui du Gala Artis 2011, où elle a fait suite à une prestation de Michel Louvain. Nul besoin de rappeler à quel point leur univers sont aux antipodes, mais le clash fut encore plus grand ce soir-là, dès que se mirent à résonner les premières notes du remix de Rock pour un gars d'bicyc'.  "Ôtez-vous de d'là!"

Diane nous a alors offert une version revampée de son grand classique, un ordinateur autour de la taille et des danseurs gravitant autour elle. Ses paroles modifiées pour commenter les multiples technologies qui envahissent nos vies furent plutôt déroutantes, mais elle nous en a mis plein la vue avec son incroyable présence, son énergie et éternel anticonformisme.


Puis, le 6 mai, une émission spéciale a été présentée à Radio-Canada: Malade!, un spectacle entrecoupé de sketches et de témoignages pour démystifier les idées préconçues entourant les troubles anxieux, dépressifs et bipolaires. Diane a offert une superbe prestation de Psy quoi encore, cette grande chanson de Catherine Major et Martine Coupal gravée sur Effusions. Sobre, mais très habitée, elle a montré une fois de plus à quel point sa voix savait porter et consoler de grands maux.

04/04/2011

Aux abois


S'il faut remercier François Cousineau et Luc Plamondon d'avoir permis à Diane Dufresne de changer son parcours de chanteuse, il faut également donner du crédit à Franck...son fidèle dalmatien qui lui permit de casser sa voix.

"Au départ, j'étais une chanteuse genre rive gauche; ce n'est que plus tard que j'ai découvert que j'avais un tempérament de rockeuse, explique-t-elle. À l'époque de L'Initiation, on me disait: C'est merveilleux, tu as une voix neutre. Personne ne peut te reconnaître. Tu parles d'un compliment pour une artiste! Puis, j'ai découvert Janis Joplin et j'ai appris à gueuler avec mon chien, le dalmatien qu'on voit sur la pochette de Tiens-toé ben, j'arrive." (Merci la vie, Voir, 9 mars 2000)


"J'criais avec mon chien...C'était le seul vivant qui pouvait entendre ça et c'est là que j'ai commencé à faire ma voix rock" (Folie Douce, Radio-Canada, 2003) "J'aurais pas chanté en rockeuse si j'avais pas appris à crier avec mon chien qui hurlait" (Tout le monde en parle, Radio-Canada, 2009)

Franck se retrouvera non seulement sur la pochette de Tiens-toé ben j'arrive, mais également sous les spotlights, puisqu'il montera parfois sur scène avec Diane.  David Magil, dans sa "critique" publiée le 15 août 1974 dans le journal Montreal Gazette, rapporte qu'il apparut sur la scène du Patriote, à côté de La chanteuse straight. "The dog sat on its haunches, wagged its tail and gazed with wistful eyes as his mistress finished her theme song".


Ci-dessus, Diane photographiée avec Franck pour le Petit Journal en janvier 1974, juste avant sa série de spectacles au Théâtre Wilfrid-Pelletier de Montréal où toute la deuxième partie était consacrée à l'Opéra-Cirque.