Affichage des articles dont le libellé est (1978). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est (1978). Afficher tous les articles

04/10/2012

Un feu d'artifice infini


"J'y mettrai toute mon émotion, mais il faut que les gens embarquent. Il faut que les gens participent. Je voudrais qu'ils aillent, eux aussi, au bout de leur folie. Si le monde n'a pas besoin de ça, je n'ai plus qu'à m'en aller." (Un triomphe pour la belle grande folle!, La Presse, 5 octobre 1978)

Quelques jours avant la première du spectacle "Comme un film de Fellini", Diane Dufresne ne sait pas comment le public répondra à son appel de "vivre enfin ses fantasmes et ses folies", mais elle souhaite une grande fête colorée où chacun saura trouver sa place: "Fellini a toujours été pour moi le cinéaste de l'émotion, du surplus de vie et de création, avec ses premiers films surtout. Je voudrais que les gens viennent au show dans cet état d'esprit." ("Que chacun vive enfin ses folies", Le Devoir, 19 septembre 1978)

(Photo: Echos-Vedettes)

Son appel sera entendu: le soir de la première, le 4 octobre, le quartier latin de Montréal sera au coeur d'un véritable happening. La rue St-Denis sera bloquée pour accueillir une fanfare couvrant à peine l'enthousiasme du public paré de ses plus belles couleurs. Grâce à celui-ci, le show aura d'abord lieu dans la rue, véritable frénésie avant que Diane n'entre en scène et en mette plein la vue. Apothéose d'un show ayant évolué de Paris à Montréal, de l'Outremont à l'Elysée Montmartre, "Comme un film de Fellini" présentera une Diane Dufresne au sommet de son art.
(Merci à Michel Gauthier)

Au final, le spectacle ne sera pas le succès populaire espéré, mais il rencontrera définitivement son public, ce qui est sans doute beaucoup plus précieux. Fellini représentera à jamais le rêve, l'happening qui aura permis à Diane de cimenter sa réputation de créatrice de magie, sur scène et dans la salle.

Il n'existe tragiquement aucune captation de ce spectacle mythique, mais quelques vidéos de l'époque peuvent nous permettre d'imaginer à quoi ressemblait l'énergie de cette grande fête. Ci-dessus, une prestation de Diane à la télé française où elle porte l'un des magnifiques costumes créés spécialement pour le show par George Lévesque:

20/09/2012

Tu m'fais flipper

(DD en janvier 1974, avant et pendant ses spectacles à la Place des Arts)

À la fin du printemps 1974, Diane Dufresne sort "Tu m'fais flipper", une chanson inédite que son public avait eu l'occasion de découvrir lors des spectacles présentés en janvier à la Place des Arts de Montréal et en tournée les semaines suivantes à travers le Québec. Une chanson mordante d'une femme qui semble savoir exactement ce qu'elle veut, sur une musique aux accents country dans la veine de L'homme de ma vie et Pars pas sans m'dire bye bye. Comme la version originale de la chanson n'a jamais eu la chance de quitter ses sillons de vinyle en ayant droit à une réédition, permettons-nous de la redécouvrir dans toute sa beauté:
 

Fait rare dans la carrière de Diane Dufresne, la chanson ressortira en France quelques années plus tard, en 1978, en version complètement réarrangée. Il s'agit de la seule version qu'on pourra retrouver sur CD, sur la compilation française "Master série" de 1988. 

La pochette française de 1978 (Barclay 620501)

Une version beaucoup plus rythmée, le disco prenant le dessus sur les arrangements plus traditionnels de l'originale. Si la chanson servira de promotion aux Olympia de Diane, celle-ci ne l'interprétera curieusement pas sur scène...mais offrira une prestation mémorable à l'émission française "Numéro Un":

27/08/2012

Souvenirs doux



Nous sommes en août...1978. Diane Dufresne pose pour le photographe Michel Pilon du magazine L'Actualité. Venant de vivre l'un des plus beaux triomphes de sa carrière à l'Olympia de Paris, elle revient à Montréal avec un véritable statut de star: "Wow! Toutes les affaires, les voyages, le luxe! Mais j'ai connu tout ça et ce n'est pas ça être star! C'est d'avoir de grandes épaules et d'assumer ce que tu es. Assumer ta création." Ne reculant devant rien, quelques mois plus tard, elle organisera une grande fête Felliniesque pour son public montréalais...

16/04/2012

Brèves d'avril

L'humoriste Serge Grenier est décédé le 6 avril dernier. Ci-contre, une photo de Diane Dufresne prise à ses côtés juste avant qu'elle ne parte donner ses tous premiers spectacles à l'Olympia de Paris en octobre 1973. Serge Grenier, célèbre pour avoir fondé Les Cyniques, était également scénariste, auteur et parolier. Il aura signé les paroles de l'une des chansons les plus originales de Diane Dufresne, Le mariage de la charmeuse de serpents, en 1974.



--------------------------------------------- 


Grâce au partage du généreux Addict, nous pouvons visionner de courts, mais précieux extraits d'archives sur Dailymotion. D'abord, une courte apparition de Diane au sein des Girls présentée par RDI lors d'une émission spéciale sur Clémence Desrochers. Aussi, de très rares images de deux spectacles de 1978, présentées par Musimax lors de l'émission "Les années Marjo". On y voit d'abord un extrait d'un spectacle à Québec, qui célébrait les 370 ans de la fondation de la ville avec Edith Butler, Zachary Richard et Yvon Deschamps, puis quelques extraits d'un spectacle donné au Camp Fortune dans la région de Gatineau en 1978, dont près d'une heure avait été retransmise par Radio-Canada à l'époque. Une petite recherche sur le site de Bibliothèque et Archives Canada nous indique que, loin d'avoir été détruit, le document complet est toujours disponible en consultation...Merci à Michel Gauthier pour ces précisions.


--------------------------------------------- 


À suivre sur Youtube ou Dailymotion, la saga Starmania racontée façon télésérie par un fan de Daniel Balavoine. Pour le moment, peu de traces de Diane Dufresne, mais l'occasion d'en savoir plus sur les coulisses de la fascinante création de la mythique comédie musicale...


---------------------------------------------

Le 22 avril dernier, Diane a participé au Jour de la Terre à Montréal. Elle est montée sur une scène spécialement aménagée sur l'avenue du Parc pour clore le spectacle qui célébrait la fin du grand rassemblement de la journée. Causant une surprise émouvante, elle a offert son magnifique Hymne à la beauté du monde.

13/03/2012

Olympia 1978

(Photo: Michel Gauthier)

Du 13 au 19 mars 1978, Diane Dufresne est de retour à l'Olympia de Paris et cette fois-ci, elle l'occupe seule pour la toute première fois. Si elle déchaîne toujours autant les passions, le temps où elle subissait les huées d'une partie de la salle en première partie de Julien Clerc semble bien loin! Le public français a fait du chemin...

Diane aussi a fait son chemin, son spectacle n'ayant cessé d'évoluer depuis Sans entr'acte pour atteindre une apothéose rock au Campus de Montréal et à l'Elysée Montmartre de Pigalle à la fin de l'année 77. L'une des clés de ce changement est sans aucun doute sa rupture avec François Cousineau, ayant ouvert la porte à l'arrivée d'un nouveau band qui donne enfin une pleine liberté à Diane. Sous la direction de Jimmy Tanaka, Marty Simon, Bob Cohen, Jeff Fischer et Claude Arsenault donnent vie au répertoire de Diane avec des arrangements plus punchés, plus inattendus, qui complètent mieux l'attitude d'une voix qui refuse de s'enfermer dans un cadre.

"Depuis que j'ai changé de musiciens, j'ai plus de fun. Je peux m'amuser avec mes musiciens. Comme dans "En écoutant Elton John", je "dialogue" avec les musiciens. Avant, je ne pouvais rien faire du genre." ("Diane!", Québec Rock, juillet-août 1978) Ce fameux dialogue est sans doute ce qui vaudra à Diane son surnom d'époque de "voix synthétiseur", tant la facilité avec laquelle elle peut jouer avec sa voix étonne et en met plein les oreilles.

Les incroyables chansons de Plamondon et Cousineau font déjà partie de la légende, et à cet immense répertoire viennent se greffer de nouvelles perles. En hommage à Elvis tout juste disparu, "Love Me Tender" prend au coeur et complète avec justesse la "Chanson pour Elvis". Une nouveauté de taille est présentée en première partie: "Les adieux d'un sex symbol", tirée de Starmania qui n'allait voir le jour que l'année suivante. C'est également les premières interprétations de Diane de la suite "Le monde est fou", dont "L'hymne à la beauté du monde" deviendra l'hymne de toute une carrière. Le tout défendu par une interprète puisant au plus profond de son être, avec toute sa vérité, pour faire vivre ses chansons. "Je chantais en québécois et ça c'était aussi une grande fierté (...) Chanter avec le tempérament que t'as chez vous, même ailleurs, c'est grandiose." (Folie Douce, Radio-Canada, 2003)


(Merci à Addict)
Déjà sous le charme des concerts donnés à l'Elysée-Montmartre, les critiques sont encore une fois dithyrambiques et ont des répercussions jusqu'au Québec où la presse ne manque pas de saluer l'énorme accomplissement de Diane en rapportant des citations des superbes papiers rédigés par les quotidiens parisiens. Le Monde, Le Quotidien de Paris, France-Soir, Le Parisien...Les éloges pleuvent et confirment que Diane Dufresne est partie pour la gloire. "Entrez dans son cirque et vous verrez un monstre sacré. Elle est une star. Une étoile, non pas fabriquée, mais spontanée, est née." ("Une tornade blanche et noire", Norbert Lemaire, L'Aurore, mars 1978) 

Un magnifique documentaire de François Reichenbach réalisé cette année-là nous permet, entre autres choses, de voir plusieurs extraits des spectacles, ainsi qu'un entretien avec Diane qui se livre sur l'expérience qu'elle est en train de vivre. Un incontournable, disponible sur le coffret "Diane Dufresne vous fait une scène", paru chez Imavision en 2004.


Cette série de concerts sera également gravée sur disque quelques mois plus tard. Un enregistrement exceptionnel, à tel point qu'on pourrait en oublier les versions studio. Pas étonnant que plusieurs chansons aient été préférées aux enregistrements originaux pour l'anthologie "Merci", tant elles font figure de versions définitives. "C'est un disque complètement différent de l'autre qui avait été enregistré à la Place des Arts il y a 2 ou 3 ans. C'est vraiment un disque "live", pas de "dubbing" en studio pour que ça sorte mieux...Non, j'ai tout laissé là tel quel. Donc ce qu'on entend, c'est comme ça s'est passé!" (Québec Rock, juillet-août 1978) Un album simple offrant une sélection de 8 enregistrements verra d'abord le jour. Puis, un double-album plus complet, "J'me sens ben", offrira la quasi-totalité des chansons interprétées sur scène. "Un double album frémissant de vie et de chaleur de la plus vivante des chanteuses francophones de ce temps. Diane du Québec heurte, choque, émeut, frappe et entraîne." (Lucien Rioux, Le Nouvel Observateur, 30 décembre 1978)

Hollywood Freak / Chanson pour Elvis / Love me tender / Mon p'tit boogie boogie / Les adieux d'un sex symbol / J'ai besoin d'un chum / Vingtième étage / Les hauts et les bas d'une hôtesse de l'air / La main de Dieu / Partir pour Acapulco / On tourne en rond / J'me sens ben / La chanteuse straight / Berceuse pour un homme / Actualités / En écoutant Elton John / Laissez passer les clowns

20/02/2012

Georges Lévesque

Le 24 février à 22h30, l'émission La Liste diffusée sur la chaîne québécoise ARTV présentera une petite capsule sur les créateurs de mode qui ont brisé les conventions. Un rendez-vous à ne pas manquer, car ce sera l'occasion de souligner le magnifique travail de Georges Lévesque, disparu l'année dernière, qui a créé plusieurs tenues de scènes marquantes pour Diane Dufresne à la fin des années 70. L'invité sera Dominic Champagne et le thème de l'émission, la liberté...un thème qui va comme un gant aux démarches de ces artistes hors du commun.

27/11/2011

La chasse aux papillons



En décembre 1978, Antenne 2 permet une sublime collaboration, le temps d'une chanson, entre Diane Dufresne et Georges Brassens. Elle interprète sa "Chasse aux papillons", la première chanson qu'elle ait apprise à 16 ans. Avec son look Fellini et ses yeux enchanteurs, nul doute que son guitariste d'un soir fut instantanément tombé sous le charme de la chasseresse...



29/08/2011

Actualités

C'est vendredi dernier qu'a finalement été diffusé à Télé-Québec le spectacle "Paris Québec sous les étoiles" auquel Diane participait. En plus de "L'homme de ma vie" avec Robert Charlebois, très médiatisé le mois dernier, elle a également offert "Je voulais te dire que je t'attends". Un vrai cadeau, puisqu'il s'agit de deux chansons qu'elle n'avait pas interprétées depuis "En liberté conditionnelle". La diffusion en France aura lieu le 12 septembre prochain sur France 3.


---------------------------------------------


Prochain rendez-vous le 2 septembre à St-Romuald, au parc du Rigolet, où Diane se produira devant 15 000 personnes au Festival Célébrations 2011. Elle promet un spectacle inédit, une adaptation sur mesure de Sinéquanone, où elle alternera chansons récentes et grands succès, revisités pour faire danser la foule.

A lire sur le site du Journal de Québec, une entrevue avec Diane et Richard Langevin dans laquelle sont évoqués plusieurs futurs projets très excitants. Quelles surprises nous réservent-ils? Il faudra attendre que Diane ait eu son repos fort mérité avant d'en savoir plus...


---------------------------------------------


Du nouveau sur Youtube: on peut maintenant y revoir l'apparition de Diane dans la télésérie Juliette Pomerleau, diffusée sur les ondes de TVA en 1999 et introuvable aujourd'hui, grâce au partage de discorules2009. Elle y chante "L'agenda du coeur", une composition d'André Gagnon. La chanson est disponible sur la trame sonore de la série, sur CD chez Audiogram ou sur iTunes.


---------------------------------------------


Et pour terminer, une bien triste nouvelle: le designer Georges Lévesque est décédé mardi dernier. Il aura habillé les plus grandes stars du showbizz québécois en leur offrant de belles touches de poésie et de folie, mais également les vedettes de tous les jours, car sa boutique Scandale (fondée en 1981 avec Marie-Josée Gagnon) demeure une véritable institution de la rue St-Laurent à Montréal. "Il avait un style très précis, un côté très gypsy. Il se distinguait par son style coloré et chargé, ses patchworks et l'abondance de détails dans les découpes. Il faisait une mode à lui." (Denis Desro, La Presse, 25 août 2011)

Ces qualificatifs décrivent parfaitement les magnifiques tenues de scènes qu'il a créées pour Diane à la fin des années 70. Ci-contre, une robe de "Comme un film de Fellini",  photographiée par rio_saxo (de la liste postale), exposée en 2005 au magasin La Baie.

11/08/2011

Mi-bête, mi-femme






Ci-dessus, quelques photos prises par Alain Marouani en 1978. Cette session photos fut utilisée pour illustrer de nombreux articles de l'époque, ainsi que quelques pochettes. 

Impossible de ne pas associer ce costume aux mythiques spectacles de l'Olympia de Paris de la même année, même si c'est à Montréal qu'il fut porté pour la première fois. En effet, cette tenue mi-bête mi-femme créée par Georges Lévesque fut dévoilée pendant la  série de spectacles de Diane au Théâtre Outremont, en février 1978. Des spectacles encensés par les critiques et le public, sans doute heureux de retrouver une Diane moins revendicatrice que pour Sans entracte, et surtout, entourée de nouveaux musiciens la tirant vers le haut. Le Devoir du 20 février titra tout simplement, mais incontestablement: "Diane Dufresne redonne vie à la chanson et au spectacle". Quelques semaines plus tard, c'est à l'Olympia qu'elle receva les éloges, du 13 au 19 mars.

 DD au Théâtre Outremont 
(Merci à Michel Gauthier)

14/03/2011

Comme un film de Fellini


Du 4 au 8 octobre 1978, au Théâtre St-Denis de Montréal, a lieu "Comme un film de Fellini", le nouveau spectacle de Diane Dufresne. Elle vient de triompher à l'Olympia de Paris et ses retrouvailles avec son public québécois prennent des airs de fête. Pour la première fois, elle lui demande de se déguiser. De s'imaginer être dans un film de Fellini...Prenez-vous pour qui vous voulez!  


L'appel est entendu, et une faune haute en couleurs est au rendez-vous. Le 6 octobre, Angèle Dagenais du journal Le Devoir s'émerveille: "Tous les Draculas, les évêques, les abbés, les pin-up, les fakirs, les fées des étoiles, les clowns, les jongleurs, les marins d'eau douce, les poudrés, les fardés, les fous et les sages étaient de la fête, vêtus de plumes, de poils, de peaux, de soies comme leur idole." Tous ces personnages seront invités à monter sur scène pour montrer leurs costumes, à la fin du spectacle.

C'est aussi la première fois que Diane fait appel à des comédiens, qui accueillent le public dans le hall et se joignent à la fête dans la salle, pendant le spectacle. Une expérience qui sera répétée en 1986 pour Top Secret.

Autre première de taille: Diane interprète en avant-première des chansons qui se retrouveront sur Strip-tease, l'année d'après, dont "Le Parc Belmont", qui deviendra instantanément légendaire.

(Photo provenant de l'ancien site officiel de DD)

Le spectacle n'ayant pas été filmé, ses traces matérielles sont difficiles à trouver aujourd'hui. Restent des souvenirs et des récits publiés, qui font rêver. On sait qu'elle a ouvert le show comme une mariée avec un long voile de tulle, que la chanson "Fellini" a donné lieu à une grande ronde dans la salle, que "Chanson pour Elvis", "Love me tender" et "J'ai douze ans" ont été présentes en deuxième partie de show...Des détails, par rapport à l'expérience grandiose qu'a dû être ce show. "C'est peut-être le show le plus magique qu'elle a fait dans sa vie", résume Luc Plamondon pour Folie Douce, la série radiophonique produite par Radio-Canada en 2003.