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08/04/2013

20 ans après le Détournement...

(Photo: Jean-François Bérubé)

J'ai voulu montrer ma conscience. 
Je ne prétends pas pouvoir changer quelque chose, 
mais je le fais au moins dans mon univers à moi. 
Il me fallait changer la façon de faire mes chansons,
 trouver une autre attitude.
(La Presse, 3 avril 1993)

Le 8 avril 1993 était lancé "Détournement majeur", un album plus que marquant dans l'oeuvre de Diane Dufresne. S'il n'a plus besoin de présentation, ses 20 ans méritent qu'on fasse quelques petits détours...

Pour le plaisir des mots, une belle critique de Roger Chamberland  parue dans "Québec Français" à l'époque et archivée par Erudit.org. Pour le plaisir des yeux, deux prestations de Diane au Cercle de minuit sur France 2: J'écris c'qui m'chante et Cendrillon au coton. Et pour le plaisir du son, l'introuvable Sans dessous dessus, parue exclusivement au Japon sur une compilation du même nom, version originale du Locataire, chanson que Diane intègre encore à ses spectacles aujourd'hui. Merci à Fluke d'avoir déterré ce trésor!

21/06/2012

Tournée 2012-2013


C'est officiel: 9 dates du spectacle "Diane Dufresne et les Violons du Roy" sont maintenant confirméesUne vraie mini-tournée! La rubrique "Actualités" (dans le menu de droite), qui rassemble les prochains événements auxquels participera Diane, sera mise à jour au fur et à mesure que d'autres dates seront connues. En attendant de revoir Diane sur scène, les Productions Jean-Pier Doucet ont partagé sur Youtube de nouveaux extraits du dernier spectacle au Palais Montcalm:

15/06/2012

Inédits symphoniques

(La Presse, lundi 19 février 2001)

Un visiteur nous a fait parvenir ces deux extraits de Couleurs symphoniques. Courts, avec un son imparfait, mais comme l'enregistrement officiel du spectacle n'a toujours pas fait surface, ces extraits permettent de rappeler des souvenirs très heureux...Un énorme merci!

D'abord, la magnifique Épine de rose. Si le public put la découvrir dès 1993, lors des spectacles pour Détournement majeur, cette magnifique chanson de Pierre Grosz et André Manoukian n'aura été endisquée qu'en 1999, pour finalement paraître sur Merci. Un texte bouleversant, sur une mélodie quasi acrobatique, collant aux pétales de son interprète:


Puis, Cendrillons au coton, tirée de Détournement majeur. Cette fois, le texte est de Diane elle-même qui confiera dans le livret de Merci: "Je ne pensais pas que ce texte, que je croyais trop personnel, deviendrait une chanson." Trop douloureuse peut-être, elle ne sera plus interprétée par Diane après cette dernière symphonie:

23/12/2011

L'enfant de la lumière


"Pourquoi chercher la lune quand on a les étoiles?"
(Merci à Addict)
   
En 1997, 25 ans après son premier album, Diane Dufresne lance un album éponyme. Et pour le conclure en force, elle donne une place de choix à L'enfant de la lumière, une chanson gigantesque qui vient secouer le dépouillement du disque. Une interprétation immense pour un cri du coeur magnifique, un encouragement à la révolte, un appel à garder sa conscience et son individualité. Le tout sur une musique très subtile de Marie Bernard qui crée habilement un univers impitoyable dans lequel se glissent des parcelles d'espoir. Dans le livret du coffret "Merci" en 2000, Diane Dufresne résume son texte en ces termes: "Si j'ai quelque chose à dire d'essentiel, c'est ça."

Quand on parcourt les crédits du coffret "Diane Dufresne vous fait (encore) une scène", on découvre que la chanson portait originalement le titre de "Détournement majeur", ce qui laisse penser qu'elle fut écrite pour l'album du même nom. Or, la "chanson-titre" ne sera dévoilée qu'au cours des spectacles au Forum de Montréal en octobre 1993.

"C'est une chanson pour les enfants. Il faut parler aux enfants d'une façon adulte, parce que les enfants sont concernés. Alors c'est une chanson pour les petits rebelles. (...) J'ai écrit L'enfant de la lumière pour montrer au petit rebelle qui arrive qu'on ne lui imposera pas ce fameux système, qui impose beaucoup de souffrance." (Confidences, DVD "Kamikaze", 2004) 

En 1999, L'enfant de la lumière a droit à un vidéoclip réalisé par nul autre que Robert Lepage. Il s'agit du deuxième (et ce jour, du dernier) clip de Diane. Curieusement, malgré la force de la chanson et le caractère exceptionnel de la rencontre de ces deux grands artistes, il restera longtemps confidentiel, peu diffusé et ignoré des coffrets parus en 2004 et 2005. Le site de  la chaîne MusiquePlus offre la possibilité aux résidents du Canada de le visionner en ligne. Diane n'y apparaît que quelques secondes, mais la révolte de son texte, elle, y est bien présente.

Au fil des années, L'enfant de la lumière prendra une grande importance dans le répertoire de Diane, faisant même partie (à juste titre) du très sélect club des chansons choisies pour les deux dernières compilations de "grands succès". La chanson figurera presque toujours à la setlist des spectacles de Diane. Éternellement pertinente, elle permettra souvent d'enrichir le thème du spectacle, soulignant la "guerre contre la guerre" de Kamikaze en 2002, les enjeux planétaires de Terre Planète bleue en 2008 (ci-contre) ou plus récemment, l'appel à rester humain de Sinéquanone.

15/09/2011

Détournement majeur


Ci-dessus, Diane Dufresne en plein Détournement majeur, photographiée par Marianne Rosenstiehl. 

Si l'on exclut "Sans desous dessus" (une compilation distribuée au Japon en 1991 qui n'offrait qu'une seule nouvelle chanson), Diane sort d'un long silence de 6 ans sur disque le 8 avril 1993. Et comme toujours, on l'espérait, mais elle arrive là où on ne l'attend pas. Elle a non seulement composé tous les textes, mais a quitté le 7e ciel de Follement vôtre et de Top Secret pour se retrouver les deux pieds sur terre. "Et quand je dis terre, j'parle du ciment"...

Diane avait pourtant chanté des sujets difficiles par le passé, mais peut-être que beaucoup se laissaient simplement divertir par ses différents rôles. Avec Détournement majeur,  elle retire tous ses masques et se met à nu en chantant ses mots, des textes particuliers, bien à elle, qui nous la révèlent comme jamais. Curieusement, certains sont surpris de découvrir une parolière aussi engagée, visiblement remuée par le monde qui l'entoure. Surpris aussi par la structure des chansons, moins accessible, peu formatée pour les diffusions commerciales. "Quand j'ai sorti Détournement, je me suis dit qu'après 30 ans de métier, j'avais bien le droit de faire une chanson de six minutes." ("Le don de soi", Voir, 29 avril 1999) 
 
À Laurent Saulnier du journal montréalais Voir, elle explique: "On est dans une époque assez heavy. Apocalyptique. J'ai 48 ans et je suis pas pour raconter des histoires. Je peux apporter du rêve quand même, mais ça va être dans le cadre du temps présent. Je suis de mon temps avec mon âge. C'est cru quand on regarde les nouvelles. C'est cru quand on regarde les gens en politique qui nous prennent tous pour des cons et qui ne font rien pour nous. C'est cru que le monde n'ait pas de conscience." Curieux que ses mots n'aient pas pris une ride aujourd'hui et soient malheureusement toujours d'actualité...

L'écoute est un voyage en véritable zone de turbulences. Mais comme toujours avec Diane, plusieurs se reconnaissent dans ce qu'elle a créé et en sortent inspirés. "Elle a pris tous ces tabous, les a mis dans son chapeau pour en faire des chansons, parlant de la fin de siècle inquiétante qui est la nôtre, afin de l'exorciser en la nommant. Ça a donné Détournement majeur." (Odile Tremblay, Le Devoir, 10 avril 1993)

28/04/2011

Mais j'lis pas les pages féminines



En 2010, le mensuel féminin Châtelaine célèbre son 50e anniversaire. Pour l'occasion, le site du magazine propose un retour dans le temps, avec une sélection de ses meilleures couvertures. Diane Dufresne y figure 2 fois, photographiée en 1982 et en 1993.


Au même moment naît le projet Femmes de parole, où 50 Québécoises ayant marqué la province répondent aux mêmes questions, à tour de rôle, pour tenter de dresser un portrait du Québec féminin. Diane fait évidemment partie de ces femmes et partage ses points de vue avec sa franchise et sa verve habituelles.

19/03/2011

Oxygène

La superbe pochette de l'unique maxi de Diane Dufresne, paru chez RCA France en 1983.

Écrite par Luc Plamondon et Germain Gauthier, Oxygène naît sur l'album Turbulences en 1982. Curieusement, au Québec, la chanson n'est pas choisie comme premier extrait de l'album. C'est La dernière enfance qui est lancée et qui annonce les couleurs new wave de ce qui va suivre.

Qu'importe, Oxygène deviendra instantanément une incontournable, et probablement celle que Diane chantera le plus souvent par la suite, l'insérant dans presque tous ses spectacles. Rapidement, Diane se servira de cette chanson, qui à la base mettait des maux sur l'oppression de la vie moderne, pour crier d'autres désespoirs, ceux de la dégradation de la planète. La chanson gardera toujours un côté exaltant, symbolisant aussi l'échange d'oxygène et d'énergie entre Diane et le public...et cette urgence de vivre et de se dépasser.

Réarrangés, réinventés, dépouillés, remixés et même symphonisés: les arrangements synthétiques du début en verront de toutes les couleurs au fil des années, accompagnant les différents personnages créés par son interprète.


Pour Hollywood (1982), la Dame de coeur essouffle son public et se pousse à bout en ne ménageant pas ses forces, sautillant sur une version hautement énergique de la chanson.


Pour Magie Rose (1984), c'est le coeur de tout un stade qui bat avec elle, au son d'une longue intro (indispensable à cette longue traîne de 200 mètres!)


Pour Follement vôtre (1986), Diane offre un vidéoclip surréaliste à Oxygène et réenregistre la chanson sur des arrangements légèrement aseptisés qui serviront de point de départ à la version du spectacle Top Secret.


Pour Symphonique n'Roll (1988), Diane prend les rennes d'un orchestre symphonique, rien de moins, et donne du panache à son désormais grand classique.


Pour Détournement majeur (1993), Oxygène, au milieu d'airs frais, soulève le Forum dans une version ultra électrique.


Au Gala Artis (2008), Diane retrouve le premier degré du texte et se met pour la première fois dans la peau de sa businesswoman...qui a toujours son lot de cris à expirer!


Pour Terre planète bleue (2008) et Sinéquanone (2010), les versions proposées se rapprochent du remix adopté depuis Merci (2000), mais avec un son plus organique qui sert le propos environnemental et le questionnement humain de Diane.

En conclusion, on peut dire que, si "comme tous les matins, le soleil se lève", chaque show de Diane Dufresne apporte une bonne dose d'oxygène!

02/03/2011

Faut qu'y en aye une qui l'fasse

Si on se doute qu'au fil des années, Diane Dufresne a collaboré aux textes de Luc Plamondon en suggérant des idées ou en provoquant des concepts, ce n'est qu'en 1977 qu'elle co-écrit véritablement une de ses chansons. Et pas n'importe laquelle: "Hollywood Freak", dont la première phrase donne non seulement le ton de la chanson, mais le titre de l'album dont elle fait partie: Maman si tu m'voyais, tu s'rais fière de ta fille...Une chanson importante, un hommage très touchant à sa mère, disparue trop tôt. Cette Hollywood Freak a un rôle de star à jouer et le devoir de s'accomplir pour pouvoir faire ce que sa mère n'a pas pu faire.

 Diane, en février 1979, interprétant "Hollywood Freak" à l'émission "Numéro 1"

Il faudra attendre plus d'une décennie avant d'avoir la chance d'entendre de nouveaux mots écrits par Diane. Elle ne se sent pas prête. "Je crois que j'ai peur...(...) j'ai l'impression qu'à essayer, j'écrirais comme un bébé de 2e année B. Il y a cinq ans, j'ai décidé que je voulais commencer à lire. D'ailleurs, c'est ce que je fais, ça fait partie de ma discipline. Et quand j'aurai lu pendant dix ans, je pourrai commencer à écrire. En ce moment, je lis Miller, Virage à 80. Moi, si j'écrivais, ce serait comme ça. C'est peut-êre pourquoi je n'ose pas le faire: ce que j'écris est très dur." (Diane Dufresne all dressed, La vie en rose, octobre 1985)

Après la rupture Plamondon et la rencontre de nouveaux paroliers, on devine que Diane se cherche une nouvelle voix. Après Top Secret et Symphonique n'Roll, ses apparitions se font de plus en plus rares. Elle surprendra tout le monde en 1990 en apparaissant au spectacle de la St-Jean. Non seulement elle chante une nouvelle chanson écrite spécialement pour l'occasion, mais elle l'a écrite elle-même. "Comme un bel oiseau", sur une musique d'Yves Laferrière, est son sublime hommage à la fierté québécoise, pour que le Canada anglais ne mette "plus jamais les pieds sur mon drapeau".

La parolière prend son envol

Son Détournement majeur pointe à l'horizon. En 1991, elle confie à Nathalie Petrowski: "J'écris donc, de plus en plus. (...) Je lis, j'étudie, je me promène, je rencontre des scientifiques, je cherche. Je m'intéresse à l'environnement, bien sûr, mais de plus en plus aussi à tout ce qu'on ne voit pas, mais qui est pourtant là." (La diva de la démesure, Le Devoir, 12 octobre 1991)
La même année, sur "Sans dessous dessus" (une compilation japonaise de chansons de Follement Vôtre et de Top Secret) apparaît la chanson du même titre, écrite par Diane. Il s'agit d'une première version du Locataire, qui sera gravé sur laser en 1993. Une chanson qui, déjà, met des mots sur les préoccupations environnementales de l'artiste.


En 1992, elle passe l'automne à New York où elle peut se ressourcer et vivre de nouvelles expériences en tout anonymat. La muse sort du tableau pour s'inspirer. "Pour retrouver le goût d'chanter et me prouver que j'peux changer, j'me vide le coeur, j'viole mes idées en les couchant sur du papier." (J'écris c'qui m'chante, 1993)
Elle écrira, écrira, écrira et petit à petit, ses mots prendront la forme de paroles. Qui, grâce à Marie Bernard, deviendront des chansons. Détournement majeur sortira en avril 1993...et la parolière sera enfin lancée.

Diane, en 1993, interprétant "J'écris c'qui m'chante" au Cercle de Minuit 

"Écrire m’a permis de libérer quelque chose qui demandait à sortir. C’était là depuis toujours comme une boule, comme une douleur. Comme quoi ça prend parfois des années à extirper de soi un petit bout de l’essentiel. J’aurais pu commencer plus tôt, mais ce n’était pas le bon timing. Je trouve une joie dans l'écriture. Et la joie est un pas vers la sagesse." (Dialogue avec l'ange, Elle Québec, Novembre 1993)