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11/03/2012

Prochaine Sortie


Ci-dessus, une magnifique photo de Diane (prise par Caroline Laberge à la  conférence de presse pour Plurielle) en couverture du magazine Sortie du mois de mars. Cette édition met le projecteur sur le précieux travail de l'organisme GRIS (Groupe de Recherche et d'Intervention Sociale) pour qui Diane Dufresne et les Violons du Roy donneront un concert-bénéfice intitulé "GRIS majeur" le 29 mars prochain. À feuilleter ici.

Le Journal de Québec, quant à lui, a publié une entrevue avec Diane dans son édition du 3 mars dernier. L'occasion de lire les points de vue de Diane par rapport à l'homophobie et d'apprendre qu'elle prépare présentement une nouvelle exposition...

10/12/2011

Plurielle

(Photo: Jean-François Bérubé)

Le 11 février 2006, à la salle Maurice O'Bready de Sherbrooke, Diane Dufresne donne la première représentation de son nouveau spectacle Plurielle. Sa tournée sera moins longue que pour "En liberté conditionnelle" et ne passera pas par la France, mais elle fera quand même le tour du Québec pendant la première moitié de 2006 et le temps de quelques supplémentaires début 2007.

Écrit et mis en scène par Diane Dufresne elle-même, Plurielle se veut une représentation en 4 tableaux. 4 tableaux distincts, ou plutôt, 4 shows rassemblés qui, à l'instar d'Hollywood/Halloween, permettent de présenter avec richesse les différentes facettes de l'artiste. Un concept qui permet également de lui donner un nouveau souffle. "C'est drôle, je l'ai constaté les fois qu'on a fait le show pour le roder (à Sherbrooke, à Terrebonne, à Beloeil), ça me demande moins de souffle que dans un show suivi comme En liberté conditionnelle. Ça roule vite, mais le fait de changer de personnage me redonne du souffle. J'ai droit à quatre souffles!" ("Quatre fois singulière", Le Devoir, 11 mars 2006)

Entourée de 5 solides musiciens (dont Alain Sauvageau qui assure la direction musicale et les arrangements), Diane peut également compter sur une équipe technique à la hauteur de son concept. Richard Langevin assure la scénographie et imagine avec elle le pendant vidéographique essentiel à l'ensemble.

(Photo: Martin Chamberland / La Presse)

(Photo: L'Acadie Nouvelle / Archives)

Pour le premier tableau intitulé "Romantisme et nostalgie", Diane assume son rôle de Star dans toute sa splendeur: robe extravagante (créé par Mario Davignon) et clins d'oeil à sa longue histoire d'amour avec son public. Elle revisite une partie de son répertoire des années Plamondon dans un medley qui permet de donner à ces chansons mythiques une nouvelle pertinence. Sont ingénieusement projetés sur un pan de sa robe d'inoubliables extraits d'archives et aussi plusieurs images du public, fidèle participant de ses shows. Le tableau met également de l'avant de magnifiques chansons plus récentes écrites par Diane et permet de présenter la toute nouvelle "Partager les anges", bouleversante, dans des arrangements moins dépouillés que ceux de l'album qui va suivre.

(Photo: Jacques Grenier / Le Devoir)

Pour le deuxième tableau, Diane retrouve l'univers de Kurt Weill "pour tous les gens qui n’ont pas vu ce beau spectacle*". Avec la complicité de ses musiciens, elle transforme la scène en cabaret berlinois et se glisse dans la peau de différentes héroïnes d'opéras de Kurt Weill et Bertold Brecht: tour à tour insolente et touchante, toujours fascinante.

Le troisième tableau nous ramène en pleine actualité, ou plutôt, en plein désespoir planétaire. Les nouvelles chansons engagées de Diane (et l'éternel Locataire) prennent tout leur sens et ses interprétations nous plongent en pleine urgence. "Et on en a pris plein la gueule: Diane, en robe camouflage, a incarné successivement la planète même (par le truchement d'une sorte d'éventail déplié servant à la fois de jupe et de planète), puis une mère poussant un landau (l'éventail replié), puis un sans-abri poussant son cabas à roulettes. Trésors d'invention pour un message porteur." ("Diane Dufresne au Monument-National - Diva, putain, militante, folle... et entière!", Sylvain Cormier, Le Devoir, 17 mars 2006)


Avec Alain Sauvageau (Source)

3 superbes photos à découvrir sur le site du photographe Yvan Couillard

Pour le quatrième et dernier tableau, Diane donne une place de choix à un thème qui lui est cher et qui a souvent habité son oeuvre: la folie."J’ai souvent chanté la folie, mais cette fois-ci, j’ai envie de l’aborder sous un angle positif. Par son côté créateur, disons." (*Diane Dufresne - Réinventée, Voir, 9 mars 2006)
Entre poète d'une autre époque et prince perdu, Diane interprète Nelligan et Bélanger avec une bouleversante justesse dans laquelle se révèle une tendresse qui amène de l'espoir "au bout du long couloir". 

Tel un cadeau, Diane terminera le spectacle en offrant "Les coeurs tendres" de Jacques Brel (ci-dessous interprétées à Paris en 2008). Un vrai bonheur et un habile moyen de boucler la boucle d'un spectacle devant lequel "le spectateur ne peut que s'incliner devant le métier démontré par celle qui demeure l'une des grandes artistes qu'ait connues le Québec." ("Diane Dufresne au pluriel", Benoît Leblanc, Le Courrier de Laval, 17 février 2007)


Premier tableau: Il n'y a pas de hasard / Partager les anges / Les dessous chics / Medley: Hollywood Freak, Les adieux d'un sex-symbol, On fait tous du show-business, Partir pour la gloire, Ma vie c'est ma vie / Deuxième tableau: Mack The Knife / Bilbao Song / La chanson de Barbara / Surabaya Johnny / La fiancée du pirate / Troisième tableau: Oxygène (instrumentale) / Le locataire / Mille et une nuits / Mauvais quart d'heure / L'été n'aura qu'un jour / Quatrième tableau: Chopin, Prélude n°4 / Hymne à la beauté du monde / Le 304 / Le parc Belmont (partie) / Au bout d'un long couloir / Dis tout sans rien dire / Soirs d'hiver (instrumentale) / Les coeurs tendres

28/07/2011

DD et KW


Le 15 mars 2004, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts de Montréal, a lieu "Diane Dufresne chante Kurt Weill". Diane a accepté l'invitation du chef d'orchestre Yannick Nézet-Séguin à collaborer avec l'Orchestre Métropolitain du Grand Montréal le temps d'une représentation. "Les gens ont tendance à croire qu'on rencontre dans le monde du rock des gens très allumés, mais je pense que c'est du côté de la musique classique que l'on en trouve le plus. J'ai été ravie qu'il ne craigne pas de me demander ma participation..." (Diane aime Weill, Réjean Beaucage, La Scena Musicale, Mars 2004)

Les critiques et le public sont unanimes: ce répertoire lui va comme un gant. "On aurait dit ces chansons de Kurt Weill faites pour elle – sur mesure – qui lui permettaient toute l’expressivité dont elle est capable, cette incroyable chanteuse-actrice : l’amoureuse éplorée, la gouailleuse effrontée, la fillette innocente, la coquine professionnelle… Rire et pleurer, crier ou se taire; rien n’est interdit à l’unique, qui vit si incroyablement chacune de ces chansons-histoires, qu’on ne peut que les vivre avec elle." (Uparathi Culture, Planète Québec, 13 juillet 2005)

La complexité du répertoire de Kurt Weill permet même de faire ressortir des facettes de la chanteuse qu'on avait rarement entendues. "Chanter Alabama Song, La Fiancée du pirate, ça fait sortir d'autres côtés de moi. Par moments, je ne me reconnais pas." (Symphonie N'Weill, Le Devoir, 13 mars 2004)


(Photo: TVA / LCN)

(Photo: Marc Gibert)

Ce qui devait n'être qu'un spectacle d'un soir sera plutôt le début d'une incursion de Diane dans l'univers du compositeur allemand: un disque et des supplémentaires suivront, aux Francofolies de Montréal et au Festival d'été de Québec l'année suivante. L'aventure ne se terminera pas là, puisque Diane consacrera un tableau complet aux chansons de Kurt Weill dans son spectacle Plurielle, ainsi que dans ses spectacles en France pour Effusions, dans lesquels elle chantera des pièces qui ne faisaient pas partie de la collaboration originale.

DD en 2006 pour Plurielle (Photo: TVA Archives)

29/06/2011

Initials D.D.

  DD & SG en 1982, lors du tournage de "Enquête sur une vie d'artiste"

Deux géants qui partagent un goût de la provocation et une envie de faire sortir la chanson française de son cadre...Deux âmes qui devaient se rencontrer et travailler ensemble: Diane Dufresne et Serge Gainsbourg, une voix et une écriture atypiques, deux artistes de génie.

En 1982, Gainsbourg lui écrit un texte très violent au titre original de "L'ombre des stars", où une star finit par être lynchée par son public. Dufresne pousse la provocation encore plus loin en lui demandant de l'écrire au "je"...et la chanson se retrouvera sur Turbulences, sous le nom de Suicide.


Les arrangements de Claude Engel se rapprochent davantage de Love on the beat, que de Mauvaises nouvelles des étoiles, le précédent album de Gainsbourg, et donnent à Turbulences un son lourd et très différent des autres chansons qui y figurent.  Malgré un humour on ne peut plus acide, Suicide est une des chansons les plus sombres de Diane Dufresne. Comme si le texte n'était pas assez effrayant, les cris qu'elle pousse à la fin de la chanson glacent le sang!

En 1982, un téléfilm sur Gainsbourg réalisé par Pierre Desfons est diffusé sur Antenne 2. Intitulé "Enquête sur une vie d'artiste", ce portrait mi-documentaire, mi-fiction, met en scène un enquêteur (Gérard Lanvin) sur les traces du parcours de Gainsbarre, avec au détour, extraits d'archives et caméos de son entourage. Diane y apparaît et évidemment, interprète Suicide.

"Avec elle, ça s’est fait en moins d’une journée. Elle était très drôle, vraiment excentrique, comme elle pouvait l’être à l’époque. Elle était venue avec plusieurs personnes comme elle, un peu « jetées », mais elle faisait tout ce qu’on lui demandait sans aucun problème, et elle n'a rien remis en cause, vu que c'était Serge..." (Pierre Desfons, interviewé par le site "Tête de chou", octobre 2008)


Plus tard dans l'année, son interprétation sur scène lors du spectacle Halloween, où elle se débat dans une toile d'araignée, marque à jamais les spectateurs ayant eu la chance d'assister à ce délire cauchemardesque. Diane ne réinterprètera Suicide qu'en 2001...pour l'Halloween, à son Bal des vampires.

En 1986, Diane retrouve l'univers de Gainsbourg le temps d'une reprise: Les dessous chics, pour son spécial télévisé (et disque du même nom) Follement vôtre. Les arrangements musicaux ne sont pas si différents de la version originale de Jane Birkin, mais ils ajoutent un côté froid et un peu malsain au texte troublant de Gainsbourg.

DD dans son vidéoclip pour Les dessous chics

Alors qu'on la croyait rangée dans le tiroir des chansons jamais interprétées sur scène, Diane la chante en 2006 pendant sa tournée Plurielle, dans des arrangements plus dépouillés qui font ressortir son interprétation, encore plus troublante qu'à l'époque. Elle l'intégrera également à la setlist de ses spectacles en France pour Effusions, en 2008, seule avec le pianiste Gérard Daguerre.

Ci-dessous, un enregistrement amateur, mais qui ne diminue en rien l'intensité de l'interprétation de Diane:


Une troisième chanson de Gainsbourg se greffe au répertoire de Diane en 2001: La Javanaise, qu'elle interprètera à deux reprises avec Juliette Gréco.

"Quand j’étais jeune, je me disais : "j’existerai en tant que chanteuse quand Juliette Gréco aura vu mon show"… Quand j’ai fait Réservé à Ramatuelle…je vois dans la première rangée en avant, en plein centre, Juliette Gréco. J’ai été tellement impressionnée…Et là j’existais, j’existais." (Folie Douce, Radio-Canada, 2003)

Lorsqu'elle crée "Sous influences" pour les Francofolies de Montréal en juillet 2001, Diane invite son idole à la rejoindre, le temps d'un duo. La Javanaise n'aura jamais aussi bien porté son titre, tant leur interprétation ressemble à une danse, un moment d'amour où le temps semble s'arrêter. "De voir deux femmes, ces deux-là, se chanter les yeux dans les yeux cette chanson d'amour d'un autre temps avait quelque chose d'interdit." (Philippe Rezzonico, Le Journal de Montréal)


En 2007, elles se retrouveront pour une autre Javanaise, au cours d'un spectacle de Juliette Gréco, toujours aux Francofolies de Montréal. 

Jamais deux sans trois? Peut-être se retrouveront-elles une autre fois...ou peut-être que Diane Dufresne, sachant nous surprendre, choisira une autre perle de Gainsbourg à intégrer à son répertoire?

"J'étais amoureuse de tout ce qu'il fait...C'était un artiste incomparable..Y en aura jamais, un deuxième Gainsbourg..." (Folie Douce, Radio-Canada, 2003)