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18/04/2013

Dioxine de...cire



Le Musée Grévin ouvrira ses portes à Montréal ce vendredi. Une soirée d'inauguration a eut lieu hier soir et Radio-Canada a présenté les toutes premières images de la statue de Diane Dufresne: une Dioxine plus vraie que nature portant une robe inspirée de celle portée en deuxième partie de "J'me mets sur mon 36". On n'aurait pas pu espérer une représentation plus flamboyante de Diane! 
Le directeur artistique Dick Walsh lui a réservé une place de choix, comme il se doit: elle accueillera les visiteurs à l'entrée en compagnie de la non moins extravagante Marie-Antoinette!

"Être exposée dans un musée, c’est tout de même un honneur…" À lire sur le site du magazine L'actualité, une nouvelle entrevue de Diane par André Ducharme, qui avait publié le superbe portrait Cendrillon Kamikaze aux éditions Mnémosyne en 1994.

24/06/2012

Palace 1980


A télécharger ici, un court extrait du mythique spectacle donné par Diane Dufresne au Palace de Paris en juin 1980 pour célébrer la fête nationale du Québec, partagé sur un forum Aceboard il y a quelques années. Dommage que l'uploadeur, plus intéressé par les belles fleurs de lys de Diane, n'ait pas jugé bon d'inclure le son...

(Photos à voir sur le site de l'agence Corbis images)

Le 15 mai 1980, Ted Blackman du journal The Gazette rapportait que des discussions avaient lieu entre Télé-Québec et le producteur Bernard Picard pour retransmettre le concert en direct, par satellite, sur les ondes québécoises. Le projet tomba visiblement à l'eau, mais peut-on espérer que le concert fut quand même filmé en intégralité?

Reste que pour les quelques 2000 privilégiés ayant eu la chance d'être présents au Palace ce soir-là, le spectacle reste un immense souvenir, véritable démonstration du savoir-faire scénique de Diane couplée à une réelle volonté de promouvoir les couleurs du Québec. 

Sur ce, bonne St-Jean à tous!

03/02/2012

Jolie Diane

 (Photo: Christine Brossart / Elle France)

En 1980, Diane Dufresne participe à "Émilie Jolie", le conte musical de Philippe Chatel. Elle enregistre "La chanson de l'autruche", interprétée à l'origine par Sylvie Vartan, pour l'adaptation télévisée de Jean-Christophe Averty que diffuse Antenne 2 en décembre. A quoi ressemblait cette adaptation? Malgré son statut culte, il n'y en a curieusement aucune trace en ligne. Heureusement, la version CD parue en 1995 nous permet de ré-entendre cette rareté du répertoire de Diane:

11/10/2011

Tony Frank, 1980




Diane Dufresne en ballerine d'une autre époque, photographiée par Tony Frank en 1980. Une autre photo de la session se trouve sur le site de Corbis, ici.

01/09/2011

En Rolls-Royce dorée

La Star. La Bentley. Le Stade.

Ci-dessus, Diane Dufresne posant devant sa Bentley 1957, au Stade Olympique de Montréal. Le 29 octobre 1982, lorsqu'elle termine son spectacle Halloween au Forum, cette Bentley l'attend, avec une lettre d'Yvon Deschamps dans le coffre à gants. Il lui témoigne son amour et son admiration et lui explique qu'il lui offre sa voiture de collection pour qu'elle n'oublie jamais comment elle fait ses spectacles. "C'était la première vraie grande star. Donc pour moi, une grande star, ça se promenait en Bentley ou en Rolls-Royce..." (Yvon Deschamps, Folie Douce, Radio-Canada, 2003)

 DD et YD en 1975 (Photo: Pierre Dury)

C'est en assistant au spectacle "Comme un film de Fellini" qu'Yvon Deschamps a une véritable révélation, même si sa rencontre avec Diane Dufresne remonte à beaucoup plus longtemps. Il est amené à croiser Diane à la fin des années 60 dans l'orbite de Clémence Desrochers, mais c'est grâce à sa femme, Judi Richards, qu'il la découvre réellement. En effet, Judi est choriste sur "Tiens-toé ben j'arrive" et accompagne régulièrement Diane sur scène. Elle participera également à "Mon premier show" et "Sans entracte". 

Les choristes de Sans entracte (à gauche: Judi Richards)

En 1980, pour "J'me mets sur mon 36" et sur les bons conseils de Judi, il décide d'offrir à Diane des douzaines et des douzaines de roses pour qu'elle les lance depuis sa fenêtre au Ritz, où elle loge temporairement. Un geste à l'image de la démesure et de la poésie de son spectacle. "Quand le spectacle a été terminé et que t'as toute cette ivresse, c'est vrai qu'il faut que tu jettes les fleurs parce que t'es tellement flyée que la seule chose que tu peux faire, c'est des choses complètement démesurées (...) J'ai attendu qu'elles s'épanouissent et je suis allé les jeter au-dessus de la montage". (Diane Dufresne, Folie Douce, Radio-Canada, 2003)

L'hommage se poursuit en 1981 lorsqu'Yvon crée un monologue intitulé "L'idole", dans son spectacle "C'est tout seul qu'on est l'plus nombreux", dans lequel il raconte de façon fantaisiste son aventure au Forum. Le numéro se termine par une chanson mise en musique par nul autre que François Cousineau, "Chanson pour mon idole".

Les chemins de Diane et d'Yvon se croiseront à quelques reprises pendant les années, que ce soit à la Fête de Québec en 1978, au Bye Bye 1996 ou au Gala hommage à Yvon Deschamps en 2007. Ils partageront la même scène en 1981, lors du Festival d'été de Québec, où ils chanteront ensemble la magnifique chanson d'Yvon, "Aimons-nous".

 DD et YD au Festival d'été de Québec en 1981
(Merci à Michel Gauthier)

"Atteindre l'art, c'est pas juste transcender ce qu'on fait, c'est en plus transporter le spectateur, l'amener ailleurs, élever son âme à un point que, tout à coup, il réalise, il ressent ce que c'est que la beauté, la grandeur, l'amour, l'infini. Et ça, très peu de gens y arrivent. Et Diane, des fois, y arrive 2 ou 3 fois dans le même spectacle, alors c'est phénoménal, et c'est pour ça qu'on peut dire que Diane Dufresne est très certainement une des plus grandes interprètes au monde!" (Yvon Deschamps, lors de la remise du Trophée Félix Hommage en octobre 2006)

Il faut dire que le plus grand humoriste du Québec sait de quoi il parle. Des années 60 jusqu'à sa retraite l'année dernière, il a su créer la magie, en monologue et en chanson, n'ayant pas son pareil pour faire rire tout en faisant réfléchir. Tout en n'hésitant pas à appuyer là où ça fait mal, là où ça dérange...Encore aujourd'hui, personne ne lui arrive à la cheville dans le paysage québécois.

30/05/2011

Alys Robi (1923-2011)

(Photo: "Diane Dufresne: sa vie, ses amours, sa carrière, ses spectacles", Gaëtan Racine, Quebecor, 1984)

Lady Alys Robi s'est éteinte dans la nuit de vendredi à samedi. Cette grande dame de la chanson aura connu rêves extraordinaires et revers cruels, mais aura toujours traversé les époques avec force et passion. Elle restera toujours la première star du Québec.

Même si sa vie eut droit à une télésérie et à un film, il n'y aura jamais plus bel hommage que la chanson "Alys en cinémascope" écrite par Luc Plamondon et Germain Gauthier en 1979. Une belle occasion de revoir non pas une, mais deux prestations mémorables de Diane Dufresne.

En 1980, pour J'me mets sur mon 36, "Alys" est la troisième chanson du spectacle. Une chanson très attendue, car ce moment fort de l'album Striptease n'a pas encore été interprété sur scène. Pour l'occasion, Jacques Normand, célèbre personnage de l'âge d'or du showbizz québécois, participe au spectacle en jouant le rôle du MC de la chanson. A la fin de sa performance, Diane est applaudie par Alys Robi elle-même, qui se trouve au milieu de la foule.


En 1982, pour Hollywood, la Dame de coeur fait traverser Alys de l'autre côté du rêve en enchaînant avec "Somewhere over the rainbow". Un moment qui fixe le destin d'Alys dans l'éternel et qui coupe le souffle.


 
"Tu vivais ta vie
Comme un film en cinémascope
C'était toi la reine des années quarante"

Salut, Alys.

20/05/2011

J'me mets sur mon 36


Le 8 décembre 1980, Diane Dufresne devient la première chanteuse Québécoise à faire le Forum de Montréal. Le Québec ne l'a pas vue depuis plus d'un an et 17 000 personnes se mettent sur leur 36 pour créer avec elle des retrouvailles inoubliables.

Diane vient de passer la majeure partie des 24 derniers mois en France, où elle a enchaîné triomphe après triomphe. Starmania au printemps 1979, puis une série de spectacles à l'Olympia en décembre l'ont fait rencontrer des foules de plus en plus nombreuses. Plus récemment, le 24 juin 1980, elle créait l'événement au Palace de Paris en présentant un spectacle de la St-Jean pour montrer au public parisien "c'que c'était qu'une vraie Québécoise".  "Et ce soir-là, elle s'est surpassée. Comme si elle avait voulu faire de cette fête blanche et bleue, le couronnement de son long séjour en France". (Diane Dufresne a fait se pâmer 2000 privilégiés, Georges Renou, Paris-Match, 11 juillet 1980)

(Photo: Richard Jeannelle / Paris-Match)

Pendant ce temps à Montréal, le groupe Offenbach a finalement fait entrer la culture musicale québécoise au Forum en avril, en étant le premier groupe local à s'y produire. Il était temps qu'on s'approprie le lieu! Diane se fait prier pour assurer la suite, mais le projet est longtemps repoussé. Elle n'est pas prête et elle a d'autres engagements, mais l'idée finit quand même par faire son bout de chemin, jusqu'à ce qu'une date soit finalement fixée: le 8 décembre. "Je pense au Québec quand je fais le Palace, ça me donne des idées pour le Forum." (Le grand prix de la liberté, Susanne de Lotbinière-Harwood, Québec Rock, Décembre 1980)

Et des idées, elle en a à ramener! A commencer par son extravagante tenue créée par Loris Azzaro, une robe transparente à plumes blanches, qui expose divinement un de ses seins, l'autre étant caché par une fleur de lys pailletée. Pour son entrée, elle se couvre d'un manteau gonflé à l'hélium, une cape de ballons conçue par Mario Di Nardo. Le titre du show, J'me mets sur mon 36, porte bien son nom: Diane présente le meilleur d'elle-même. 36 ans, des retrouvailles et l'Immaculée Conception: ça se fête en grand!


Son entrée en scène se fait au son d'une chanson-titre créée spécialement pour l'occasion.
Une idée développée quelques années plus tôt pour Mon premier show, mais qui fait maintenant office de rétrospective. Une chanson autobiographique qui multiplie les clin-d'oeils en alignant les références à sa première décennie de carrière. "Bye bye les années 70..."

Lorsque Diane laisse s'envoler ses ballons, tout le public est ébloui par cette image extraordinaire empreinte d'une grande poésie. Ce ne sera pas la seule du spectacle, loin de là! Pour Laissez passer les clowns, elle revêtira un de ses costumes les plus mémorables. Avec le génie de Mario Di Nardo, elle deviendra reine-clown, créant un personnage absolument bouleversant: une vision saisissante, tellement grandiose qu'elle fait peur.


Entre les deux, elle est avant tout rockeuse, dans une deuxième partie enflammée (dans tous les sens du terme!) qu'elle consacre à son répertoire plus électrique. Très glam dans sa robe de Loris Azzaro, elle retrouve Elvis, son gars d'bicyc' et revisite Le parc Belmont en atteignant la folie avec ses musiciens. "J'suis devenue très enragée, parce que l'orchestre arrêtait pas de la jouer et puis, fallait que ça arrête...Plus j'criais, plus y continuaient, alors ça a été plus long!" (Confidences, DVD "J'me mets sur mon 36", 2004)


C'est en toute simplicité qu'elle termine son show, revenant sur scène en peignoir pour offrir avec toute sa vérité une dernière chanson, Ma vie c'est ma vie...non sans avoir au préalable annoncé qu'elle ferait elle-même la critique du show, pour ensuite louanger son public. Les jours suivants, elle récoltera les éloges de la presse qui lui offrira enfin la consécration qu'elle mérite.

"En un seul soir au Forum, le showbiz québécois a retrouvé sa vitalité, sa modernité et sa place dans le monde, grâce à cette femme impressionnante, qui a du courage, du coeur, du cran, du guts et qui représente l'élément le plus dynamique d'une culture en quête d'identité." (Nathalie Petrowski, Le Devoir, 10 décembre 1980)


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