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29/10/2012

Hollywood / Halloween

(Photo: Archives Société Radio-Canada)

 (Photo: Christiane Valcourt / La vie en rose)

(Photo: Linda Boucher / Pop Rock Montréal)

(Photo: Bernard Brault)

(Photo: Inconnu / La liste postale de Diane Dufresne)

Ci-dessus, quelques photos des spectacles Hollywood / Halloween présentés au Forum de Montréal les 28 et 29 octobre 1982. Et ci-dessous, "En écoutant Elton John", chanson mystérieusement coupée lors du montage du DVD:



Contrairement à la croyance populaire, Diane ne s'éclipsa pas tout de suite après le Forum. En effet, elle effectua ensuite une mini tournée québécoise qui passa entre autres par Québec le 7 novembre et par Chicoutimi le 8 avant de se terminer à Baie Comeau. L'ancien site officiel de Diane mentionnait que les deux spectacles au Forum avaient été combinés lors de la tournée. À quel point ce spectacle unique était-il fidèle aux deux concepts originaux? Mystère...

23/03/2012

La femme à trois faces





Ci-dessus, des photos de Diane Dufresne et du génie créateur de l'incroyable robe-miroir, Loris Azzaro, prises par Bernard Charlon le 23 mars 1982, la veille du méga concert à l'Hippodrome de Paris, Porte de Pantin. Une photo de la session d'essayage se trouve sur le site de l'agence Gamma, ici.

Le lendemain, 6000 personnes attendent Diane sous le méga chapiteau. Un public qui, contrairement au public québécois, aura mis du temps à jouer le jeu du déguisement, mais qui semble maintenant conquis d'avance. "Une soirée fascinante sur la scène comme dans le public, qui se dresse, danse, hurle, réclame encore et toujours. Diane remercie et félicite ceux et celles qui se sont déguisés pour lui ressembler (il y avait notamment une mariée)..." ("Diane Dufresne: l'ouragan du Québec", France-Soir, 26 mars 1982)

Le public ne sera pas déçu: Diane leur offrira un show unique, présentant les chansons de Turbulences tout en revisitant quelques parties de "J'me mets sur mon 36".  Elle terminera son show en simple peignoir pour offrir une version acapella de "Fascination", qu'elle n'endisquera que 4 ans plus tard.

16/02/2012

30 ans de Turbulences


En 1982, Diane Dufresne se trouvait au sommet de son succès populaire des deux côtés de l'Atlantique et son premier album depuis l'énorme succès de Striptease était très attendu. Enregistré entre Montréal et New York puis mixé à Los Angeles, Turbulences sortait il y a exactement 30 ans, soit le 16 février 1982. Une occasion en or de revisiter cet album incontournable de la discographie de Diane Dufresne.

(Photo: Jean-Claude Deutsch / Paris-Match)

Turbulences, à plus d'un égard, porte parfaitement son titre. D'abord, pour ce qu'il est: un voyage inconfortable dans les désordres modernes d'une femme qui traverse une mauvaise passe. Ou plus simplement, pour citer le gros titre du Devoir de l'époque: "Diane Dufresne en enfer". L'album s'ouvre sur la réflexion qu'elle se fait après sa propre mort et se termine par un suicide artistique. La mort domine (quand elle ne vole pas les derniers moments de lucidité de la grand-mère de La dernière enfance) et la vie brise les rêves de ses protagonistes (le vieux saxophoniste cubain qui se rappelle une gloire ensoleillée et la star partie pour la gloire qui souhaite fuir les spotlights pour la lumière du jour).

Le titre souligne également l'éclectisme musical de l'ensemble: Diane y épouse tous les genres, du rock à la ballade grand public, et fait ses premières incursions dans la musique new-wave, dont les sonorités commencent à s'imposer dans la culture populaire. Un éclectisme également souligné par le choix de textes: Plamondon en est le principal auteur, mais Diane s'ouvre à d'autres univers, et pas n'importe lesquels: ceux de Jonasz et Gainsbourg.

Et que dire de cette pochette turbulente, on ne peut plus années 80, dont la symbolique demeure aujourd'hui très mystérieuse et plutôt difficile à décoder...


Turbulences (Kébec-Disc KD 532 / RCA Victor TPL 37610)

A1 - Seule dans mon linceul

 (Pantin, 24 mars 1982)

"Seule, je suis seule, enfin seule..."  La solitude est un thème récurrent sur le disque, mais sur la chanson d'ouverture, elle est totale. La protagoniste a rendu l'âme et cette âme plane, observant au passage son ancien amoureux qui tente de refaire sa vie.
"Seule dans mon linceul" aura également l'honneur d'ouvrir deux shows-événements de Diane. D'abord, le méga show de Pantin, où Diane arrivera dans un cerceuil de verre, sa collerette multi-faces lui donnant plutôt l'air d'une vampire que d'une Dame de coeur. Et ensuite, Halloween, où Diane sortira d'une citrouille géante, métamorphosée en sorcière. On ne l'entendra plus jusqu'en 2001, où elle sera enfin dépoussiérée au Bal des Vampires.

A2 -  La dernière enfance

(Top Secret, septembre 1986)

Le premier single de Turbulences connaîtra un joli succès au Québec: il restera 19 semaines au palmarès et en atteindra la première place le 3 avril 1982. Peu surprenant, étant donné la mélodie irrésistible de la chanson. Sous un vernis électropop, le texte cache un terrible malheur: la perte de mémoire et d'autonomie. "La dernière enfance" permettra à Diane de créer des moments très forts sur scène. Qui peut oublier l'incroyable théâtre de marionnettes de Top Secret? Un époustoufflant moment de comi-tragédie.

A3 - Turbulences

(Photo: Pierre Dury)

La chanson-titre de l'album fera curieusement partie de celles qui passeront le plus inaperçues: Turbulences ne sera jamais ré-interprétée sur scène après la période d'exploitation de l'album. Dommage, car l'interprétation des deux rôles (la patiente et la psychiatre) devait prendre tout son sens sur scène et donner beaucoup de mordant à l'humour désespéré de la chanson.

A4 - Samedi soir


Ci-dessus, un passage de Diane à l'émission "Champs Elysées" du 27 mars 1982. Il s'agit d'une des rares fois (sinon l'unique) où elle aura offert une prestation de "Samedi soir"...mais quelle prestation! "Samedi soir", aux sonorités disco, n'aurait pas détonné sur l'album "Strip-tease", lancé 3 ans auparavant. La chanson, écrite par Luc Plamondon et mise en musique par Jacques Blais, raconte les désillusions d'une femme qui va "cruiser comme les hommes" seule dans les bars. Au final, elle fait même un clin d'oeil au premier gros hit de Diane "J'ai rencontré l'homme de ma vie".

A5 - Le vieux saxophoniste

(Hollywood, 28 octobre 1982)

Sur une mélodie plutôt joyeuse, la chanson raconte la déchéance d'un musicien dont le destin lui a fait "manquer le bateau". La chanson prendra vie sur scène lors d'un beau moment de complicité entre Diane et son saxophoniste lors du spectacle Hollywood.

B1 - Oxygène

(Symphonique n'Roll, 25 mars 1988)

Un classique qui n'a plus besoin de présentation!

B2 - Pour un ami condamné

(Magie Rose, 16 août 1984)

Écrite en hommage à son ami Claude Dubois (alors incarcéré pour possession et trafic de drogues), la chanson touche surtout à l'universel en rappelant l'importance des poètes et des artistes dans nos vies. "Dans Pour un ami condamné, ode à la liberté, elle ressort sa belle voix romantique du dimanche, la voix lumineuse de Ne tuez pas la beauté du monde ou encore celle de Laissez passer les clowns." (Nathalie Petrowski, Le Devoir, 27 février 1982)
Ci-dessus, un extrait de Magie Rose où Jacques Higelin interprète la chanson avec Diane. Un extrait mystérieusement tronqué du DVD officiel paru en 2004.

B3 - Good-bye Rocky


Cette "épitaffe pour un toffe" fut la première chanson retenue pour promouvoir l'album en France. Elle sera même retenue lors des spectacles au Cirque d'Hiver pour Dioxine de Carbone. "Good-bye Rocky" ne sortira pas au Québec et le fait qu'elle ne soit jamais ré-éditée par la suite ne contribuera pas à la sortir de l'ombre. Suite textuelle logique de "Rock pour un gars d'bicyc'", ses thèmes ne sont pas nouveaux, mais ses arrangements rock "old school" sont assez différents de ce que Diane avait fait par le passé et sont sans doute ceux qui rappellent le plus qu'une partie de l'album fut réalisée aux Etats-Unis.

B4 - Partir pour la gloire

(Bouffes du Nord, novembre 2008)

Un des derniers bijoux de Luc Plamondon offerts à Diane et celui qui lui ira encore mieux des années plus tard, lorsqu'elle retrouvera la chanson pour Plurielle et sa tournée Effusions en France. Ci-dessus, une vidéo amateur enregistrée aux Bouffes du Nord en novembre 2008.

B5 - La toune qui groove 



"Une chanson un petit peu légère" comme le résume Michel Jonasz pour "Folie Douce" en 2004, mais quand même importante car elle marque l'arrivée de Jonasz dans l'univers Dufresne. Il lui écrira rapidement "J'vieillis" qu'elle n'osera pas chanter avant 1993. Entre temps, elle reprendra deux de ses chansons en guise de clôture de deux de ses shows les plus importants: "J'veux pas que tu t'en ailles" (pour Halloween) et "Je voulais te dire que je t'attends" (pour Magie Rose). Plus récemment, une autre reprise de Jonasz, "Changez tout", servait de message final à Sinéquanone.

B6 - Suicide


Coup de génie de Gainsbourg, il est étonnant que Suicide n'ait jamais connu de sortie officielle. La chanson trouvera néanmoins sa place en face B de l'insolite 45-tours promotionnel de "Good-bye Rocky" servant à la promotion de la RATP (la régie autonome des transports parisiens) et deviendra évidemment culte avec les années.

Turbulences n'a toujours pas eu droit à une ré-édition digitale, mais au fil des années, plusieurs de ses pièces se sont éparpillées sur diverses compilations. Sur les 11 chansons de l'album, 6 se sont retrouvées sur la première anthologie CD de Diane, parue en 1991. Plus récemment, "La dernière enfance" et "Oxygène" ont été retenues par Luc Plamondon sur son anthologie de 2010, "J'aurais voulu être un artiste". Les 5 autres n'ont (à ce jour) jamais quitté leurs sillons de vinyle...

10/02/2012

Grande(s) Dame(s)



Le 30 septembre 1982, Diane Dufresne donne une conférence de presse pour annoncer son retour au Forum de Montréal avec Hollywood / Halloween (Dame de coeur / Dame de pique). Les billets pour ces deux shows légendaires sont mis en vente le 4 octobre au coût de 10 à 15$ chacun, mais la modique somme de 26$ permet d'assister aux deux shows.

Selon le magazine Billboard du 20 novembre 1982, les 24 071 billets vendus auront permis à Diane de se retrouver en 2e place des meilleures ventes de spectacle de toute l'Amérique du Nord cette semaine-là!

31/10/2011

Dame de pique

"Diane Dufresne, en une nuit, 
a traversé des océans d'émotions, 
a survolé tous les gratte-ciel de la folie. 
Avec elle, on vit ses cauchemars, on tâte ses visions."
(Manon Guilbert, Le Journal de Montréal, 30 octobre 1982) 

Le lendemain d'Hollywood, le 29 octobre 1982, la Dame de pique l'emporte sur la Dame de Coeur et transforme le rêve doré de la veille en cauchemar éveillé. Parmi les 12 000 personnes qui hurlent leur bonheur d'avoir la chance d'y assister figurent plusieurs fans qui, encore aujourd'hui, placent "Halloween" en tête de liste de leur spectacle préféré. 

Le fait qu'aucun document vidéo n'ait vu le jour doit certainement contribuer fortement à son mythe. Pendant des années, la petite histoire voulait que Radio-Canada avait jugé Halloween trop osé pour être présenté. Une autre rumeur voulait que Diane elle-même s'était objectée à toute diffusion, gênée par le costume trop révélateur de la photo présentée plus haut. Ce n'est qu'en 2004, lors de la sortie du premier coffret "Diane Dufresne vous fait une scène" que la triste raison fut connue: ayant reçu des menaces de mort avant le spectacle, Diane décida d'interdire toute captation télé pour ne pas qu'un éventuel dénouement macabre ne soit documenté. Ouch.

Heureusement, les critiques et les récits de fans restent et nous permettent d'imaginer à quoi devait ressembler cette légendaire soirée d'Halloween. 

"Cauchemars, fantômes et squelettes
Laissez flotter vos idées noires
Près de la mare aux oubliettes, tenue du suaire obligatoire"

Ce soir, l'album Turbulences sera mieux représenté que la veille et c'est d'ailleurs avec "Seule dans mon linceul" que Diane se fait d'abord entendre. Ce linceul est en fait une citrouille géante, d'où sort une sorcière prête à envoûter le Forum au grand complet. Elle brasse le Champagne, puis est rejointe par son guitariste Dracula pour raviver le spectre d'Elvis avec ses Blue Suede Shoes.

Pour son deuxième tableau, Diane revisite les hantises de l'enfance et de la vieillesse, coiffée d'un bonnet géant. Fellini refait son apparition, teinté d'une nouvelle interprétation. "On ne sait pas si elle pleure ou elle rit, si c'est la mort ou la vie..." Puis, dans un nuage de fumée de tuyau d'échappement se dessine un nouveau tableau électrique, tout en cuir et en turbulences, où Diane se fait Tartare.


Après une dernière bouffée d'Oxygène, l'étau se ressere, la nuit n'est plus que cauchemar et le Parc Belmont devient prison. Les Clowns offrent un peu de réconfort avant la métamorphose finale. En chauve-souris, Diane chante son Suicide et finit par se débattre en hurlant dans une toile d'araignée géante lui tombant dessus.

 (Photo: Linda Boucher / Pop Rock Montréal)

Pour sa toute dernière chanson, Diane revient en robe de soirée, débarassée de tout artifice (hormis une délicate couronne) pour interpréter une reprise déchirante, "J'veux pas qu'tu t'en ailles" de Michel Jonasz. "On pouvait sentir dans nos veines la sincérité que si elle l'avait pu, elle nous aurait tous amené avec elle." (Elyse Boucher, Pop Rock Montréal, 13 novembre 1982)

Le public sera son rideau, car elle ira le traverser pour disparaître vers la sortie. Les esprits s'en souviendront longtemps..."Elle a fait gronder les gradins et craquer le bois mort des vieux préjugés. Elle nous a présenté un miroir exalté de l'art, de la scène, de la vie avec une maîtrise technique qu'on ne lui connaissait pas." (Nathalie Petrowski, Le Devoir, 1er novembre 1982) "
 

Pour terminer avec un peu de couleurs, un petit détour sur le site du photographe Michel Ponomareff s'impose. Certes, les watermarks gâchent un peu la vue, mais en attendant de les retrouver ailleurs (à quand un recueil des meilleures photos de Diane?), il s'agit du seul moyen de voir ces précieuses images:


Seule dans mon linceul / Champagne / Blue Suede Shoes / J'ai 12 ans / La dernière enfance / Fellini / Rock pour un gars d'bicyc / Goodbye Rocky / Turbulences / La main de Dieu / Oxygène / Le parc Belmont / Le monde est fou / Laissez passer les clowns / Suicide / J'veux pas qu'tu t'en ailles

01/09/2011

En Rolls-Royce dorée

La Star. La Bentley. Le Stade.

Ci-dessus, Diane Dufresne posant devant sa Bentley 1957, au Stade Olympique de Montréal. Le 29 octobre 1982, lorsqu'elle termine son spectacle Halloween au Forum, cette Bentley l'attend, avec une lettre d'Yvon Deschamps dans le coffre à gants. Il lui témoigne son amour et son admiration et lui explique qu'il lui offre sa voiture de collection pour qu'elle n'oublie jamais comment elle fait ses spectacles. "C'était la première vraie grande star. Donc pour moi, une grande star, ça se promenait en Bentley ou en Rolls-Royce..." (Yvon Deschamps, Folie Douce, Radio-Canada, 2003)

 DD et YD en 1975 (Photo: Pierre Dury)

C'est en assistant au spectacle "Comme un film de Fellini" qu'Yvon Deschamps a une véritable révélation, même si sa rencontre avec Diane Dufresne remonte à beaucoup plus longtemps. Il est amené à croiser Diane à la fin des années 60 dans l'orbite de Clémence Desrochers, mais c'est grâce à sa femme, Judi Richards, qu'il la découvre réellement. En effet, Judi est choriste sur "Tiens-toé ben j'arrive" et accompagne régulièrement Diane sur scène. Elle participera également à "Mon premier show" et "Sans entracte". 

Les choristes de Sans entracte (à gauche: Judi Richards)

En 1980, pour "J'me mets sur mon 36" et sur les bons conseils de Judi, il décide d'offrir à Diane des douzaines et des douzaines de roses pour qu'elle les lance depuis sa fenêtre au Ritz, où elle loge temporairement. Un geste à l'image de la démesure et de la poésie de son spectacle. "Quand le spectacle a été terminé et que t'as toute cette ivresse, c'est vrai qu'il faut que tu jettes les fleurs parce que t'es tellement flyée que la seule chose que tu peux faire, c'est des choses complètement démesurées (...) J'ai attendu qu'elles s'épanouissent et je suis allé les jeter au-dessus de la montage". (Diane Dufresne, Folie Douce, Radio-Canada, 2003)

L'hommage se poursuit en 1981 lorsqu'Yvon crée un monologue intitulé "L'idole", dans son spectacle "C'est tout seul qu'on est l'plus nombreux", dans lequel il raconte de façon fantaisiste son aventure au Forum. Le numéro se termine par une chanson mise en musique par nul autre que François Cousineau, "Chanson pour mon idole".

Les chemins de Diane et d'Yvon se croiseront à quelques reprises pendant les années, que ce soit à la Fête de Québec en 1978, au Bye Bye 1996 ou au Gala hommage à Yvon Deschamps en 2007. Ils partageront la même scène en 1981, lors du Festival d'été de Québec, où ils chanteront ensemble la magnifique chanson d'Yvon, "Aimons-nous".

 DD et YD au Festival d'été de Québec en 1981
(Merci à Michel Gauthier)

"Atteindre l'art, c'est pas juste transcender ce qu'on fait, c'est en plus transporter le spectateur, l'amener ailleurs, élever son âme à un point que, tout à coup, il réalise, il ressent ce que c'est que la beauté, la grandeur, l'amour, l'infini. Et ça, très peu de gens y arrivent. Et Diane, des fois, y arrive 2 ou 3 fois dans le même spectacle, alors c'est phénoménal, et c'est pour ça qu'on peut dire que Diane Dufresne est très certainement une des plus grandes interprètes au monde!" (Yvon Deschamps, lors de la remise du Trophée Félix Hommage en octobre 2006)

Il faut dire que le plus grand humoriste du Québec sait de quoi il parle. Des années 60 jusqu'à sa retraite l'année dernière, il a su créer la magie, en monologue et en chanson, n'ayant pas son pareil pour faire rire tout en faisant réfléchir. Tout en n'hésitant pas à appuyer là où ça fait mal, là où ça dérange...Encore aujourd'hui, personne ne lui arrive à la cheville dans le paysage québécois.

30/05/2011

Alys Robi (1923-2011)

(Photo: "Diane Dufresne: sa vie, ses amours, sa carrière, ses spectacles", Gaëtan Racine, Quebecor, 1984)

Lady Alys Robi s'est éteinte dans la nuit de vendredi à samedi. Cette grande dame de la chanson aura connu rêves extraordinaires et revers cruels, mais aura toujours traversé les époques avec force et passion. Elle restera toujours la première star du Québec.

Même si sa vie eut droit à une télésérie et à un film, il n'y aura jamais plus bel hommage que la chanson "Alys en cinémascope" écrite par Luc Plamondon et Germain Gauthier en 1979. Une belle occasion de revoir non pas une, mais deux prestations mémorables de Diane Dufresne.

En 1980, pour J'me mets sur mon 36, "Alys" est la troisième chanson du spectacle. Une chanson très attendue, car ce moment fort de l'album Striptease n'a pas encore été interprété sur scène. Pour l'occasion, Jacques Normand, célèbre personnage de l'âge d'or du showbizz québécois, participe au spectacle en jouant le rôle du MC de la chanson. A la fin de sa performance, Diane est applaudie par Alys Robi elle-même, qui se trouve au milieu de la foule.


En 1982, pour Hollywood, la Dame de coeur fait traverser Alys de l'autre côté du rêve en enchaînant avec "Somewhere over the rainbow". Un moment qui fixe le destin d'Alys dans l'éternel et qui coupe le souffle.


 
"Tu vivais ta vie
Comme un film en cinémascope
C'était toi la reine des années quarante"

Salut, Alys.

22/04/2011

Dame de coeur


Le 24 mars 1982, à l'Hippodrome de Paris (Porte de Pantin), Diane interprète ses Turbulences pour la toute première fois. Elle arrive sur scène dans un cercueil de verre, acclamée par 6000 personnes dès les premières notes de "Seule dans mon linceul". Le public québécois n'aura pas la chance de voir ce spectacle, mais il ne sera pas en reste: les 28 et 29 octobre, Diane lui offre "Hollywood/Halloween", ou "Dame de coeur/Dame de pique", au Forum de Montréal. Deux spectacles totalement différents (ou un long spectacle entrecoupé d'un entracte de 24 heures, selon le point de vue...) Spectacles de contrastes, de lumière et de noirceur, de rêve et de cauchemar.

La femme à 3 têtes photographiée par Bernard Chalon (Paris-Match, juin 1982) 

Pour Hollywood, Diane revêt une nouvelle fois sa spectaculaire robe-miroir, créée par Loris Azzaro. Une robe légendaire qui, selon le biographe Gaëtan Racine, nécessita pas moins de 160 heures de travail! Non seulement sa collerette offre 3 têtes à la chanteuse, mais son ingénieuse conception lui permet des changements de costume, morceau par morceau.

 "Comme dit la chanson, l'important c'est de sauver la face...
Ce soir, grâce à mon costume, j'en ai plusieurs!"

Hollywood présente une Diane toute en lumière, jouant son "rôle de star" jusqu'au bout, rendant hommage au cinéma, au glamour du nightclub et surtout, au public, dont les rêves l'inspirent et la poussent à lui montrer des étoiles. Le ton est donné dès l'ouverture, avec la chanson On fait tous du show-business (qui sera également reprise en fin de spectacle), où les spectateurs admirent la star qui se trouve face à eux, alors que celle-ci admire tout autant ceux qui se trouvent devant elle. 


Au programme, grands classiques de la première décennie discographique de la chanteuse, reprise qui donne des frissons (Somewhere over the rainbow) et quelques chansons de Turbulences (qui sera surtout mis en valeur le lendemain, pour Halloween). Des moments de grâce, des flashs qui émerveillent, avec un certain fond de mélancolie et évidemment, une bonne touche de rock. 


Au final, Diane apparaît en ballerine de boîte à bijoux, tournant sur elle-même jusqu'au tout dernier spotlight. Une douce berceuse avant le cauchemar que sera la suite, le lendemain.


On fait tous du show-business / Hollywood Freak / Alys en cinémascope / Somewhere over the rainbow / Striptease / Le vieux saxophoniste / Partir pour la gloire / Les adieux d'un sex-symbol / En écoutant Elton John / Oxygène / Actualités / Hymne à la beauté du monde / Le parc Belmont / On fait tous du show-business (reprise) / Berceuse pour un homme

19/03/2011

Oxygène

La superbe pochette de l'unique maxi de Diane Dufresne, paru chez RCA France en 1983.

Écrite par Luc Plamondon et Germain Gauthier, Oxygène naît sur l'album Turbulences en 1982. Curieusement, au Québec, la chanson n'est pas choisie comme premier extrait de l'album. C'est La dernière enfance qui est lancée et qui annonce les couleurs new wave de ce qui va suivre.

Qu'importe, Oxygène deviendra instantanément une incontournable, et probablement celle que Diane chantera le plus souvent par la suite, l'insérant dans presque tous ses spectacles. Rapidement, Diane se servira de cette chanson, qui à la base mettait des maux sur l'oppression de la vie moderne, pour crier d'autres désespoirs, ceux de la dégradation de la planète. La chanson gardera toujours un côté exaltant, symbolisant aussi l'échange d'oxygène et d'énergie entre Diane et le public...et cette urgence de vivre et de se dépasser.

Réarrangés, réinventés, dépouillés, remixés et même symphonisés: les arrangements synthétiques du début en verront de toutes les couleurs au fil des années, accompagnant les différents personnages créés par son interprète.


Pour Hollywood (1982), la Dame de coeur essouffle son public et se pousse à bout en ne ménageant pas ses forces, sautillant sur une version hautement énergique de la chanson.


Pour Magie Rose (1984), c'est le coeur de tout un stade qui bat avec elle, au son d'une longue intro (indispensable à cette longue traîne de 200 mètres!)


Pour Follement vôtre (1986), Diane offre un vidéoclip surréaliste à Oxygène et réenregistre la chanson sur des arrangements légèrement aseptisés qui serviront de point de départ à la version du spectacle Top Secret.


Pour Symphonique n'Roll (1988), Diane prend les rennes d'un orchestre symphonique, rien de moins, et donne du panache à son désormais grand classique.


Pour Détournement majeur (1993), Oxygène, au milieu d'airs frais, soulève le Forum dans une version ultra électrique.


Au Gala Artis (2008), Diane retrouve le premier degré du texte et se met pour la première fois dans la peau de sa businesswoman...qui a toujours son lot de cris à expirer!


Pour Terre planète bleue (2008) et Sinéquanone (2010), les versions proposées se rapprochent du remix adopté depuis Merci (2000), mais avec un son plus organique qui sert le propos environnemental et le questionnement humain de Diane.

En conclusion, on peut dire que, si "comme tous les matins, le soleil se lève", chaque show de Diane Dufresne apporte une bonne dose d'oxygène!