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17/01/2013

Pré-Hollywood Freak


Ci-dessus, un enregistrement rare d'une prestation de Diane Dufresne à l'émission "Monsieur B", partagé par ce cher MrReginaud. Si Hollywood Freak demeure l'une des chansons du tandem Dufresne-Plamondon-Cousineau qui a le plus marqué le grand public, peu de gens se souviennent qu'elle fut interprétée sur scène dans une première incarnation bien avant de paraître sur l'album "Maman si tu m'voyais..." en 1977. En effet, dès 1974, Diane l'intègre à quelques-unes de ses prestations, dont son spectacle du 30 novembre à l'Université de Montréal en compagnie de Gilles Valiquette et Beau Dommage, pendant lequel elle porte sa fameuse robe en glaçons argentés (photo de Michel Gauthier, ci-contre): "Diane Dufresne est venue clôre la soirée. (...) Elle a chanté "Je m'suis faite femme", son p'tit boogie-woogie qu'on entend souvent à la radio, et une chanson pour expliquer son passage à la mode rétro, Faut qu'y en est une qui le fasse." (Yves Taschereau, Le Devoir, 2 décembre 1974) 

04/11/2012

Vidéos souvenirs

Ces dernières semaines, plusieurs prestations rares de Diane Dufresne ont fait leur apparition sur le web. Certains de ces trésors n'avaient même jamais été partagés jusqu'à présent. Petit récapitulatif et sélection choisie...



Un superbe montage de MrReginaud de grands moments de spectacles de Diane au son de cette chanson très appropriée tirée de Mon premier show. En prime, des extraits encore inédits, dont des images de Sans entr'acte...



Partagée par MrNonosse sur Youtube, cette prestation fut diffusée lors d'une émission non identifiée de la télévision française, datant vraisemblablement de 1977, si l'on se fie au look très "Sans entr'acte" de notre chasseresse. Sublime!



L'Institut national de l'audiovisuel (INA) propose depuis peu cette sublime prestation de "Chanson pour Elvis", diffusée par Antenne 2 dans la foulée des concerts à l'Elysée-Montmartre.



Prestation légendaire qu'on espérait revoir mais qu'on n'attendait plus, cette "Alys en cinémascope" fut interprétée lors de la St-Jean en 1981, en compagnie de la première star du Québec elle-même, Alys Robi. Tout simplement gigantesque. Un énorme merci à discorules2009 pour ce partage!



Partagé par FYOPIX, ce grand moment de télévision fut diffusé par TVA en avril 1996. Dans le cadre de l'émission spéciale "Tous unis contre le SIDA", Diane offre sa bouleversante Épine de rose aux patients d'une maison de soins spécialisés, accompagnée de son complice André Gagnon.

20/09/2012

Tu m'fais flipper

(DD en janvier 1974, avant et pendant ses spectacles à la Place des Arts)

À la fin du printemps 1974, Diane Dufresne sort "Tu m'fais flipper", une chanson inédite que son public avait eu l'occasion de découvrir lors des spectacles présentés en janvier à la Place des Arts de Montréal et en tournée les semaines suivantes à travers le Québec. Une chanson mordante d'une femme qui semble savoir exactement ce qu'elle veut, sur une musique aux accents country dans la veine de L'homme de ma vie et Pars pas sans m'dire bye bye. Comme la version originale de la chanson n'a jamais eu la chance de quitter ses sillons de vinyle en ayant droit à une réédition, permettons-nous de la redécouvrir dans toute sa beauté:
 

Fait rare dans la carrière de Diane Dufresne, la chanson ressortira en France quelques années plus tard, en 1978, en version complètement réarrangée. Il s'agit de la seule version qu'on pourra retrouver sur CD, sur la compilation française "Master série" de 1988. 

La pochette française de 1978 (Barclay 620501)

Une version beaucoup plus rythmée, le disco prenant le dessus sur les arrangements plus traditionnels de l'originale. Si la chanson servira de promotion aux Olympia de Diane, celle-ci ne l'interprétera curieusement pas sur scène...mais offrira une prestation mémorable à l'émission française "Numéro Un":

27/08/2012

Souvenirs doux



Nous sommes en août...1978. Diane Dufresne pose pour le photographe Michel Pilon du magazine L'Actualité. Venant de vivre l'un des plus beaux triomphes de sa carrière à l'Olympia de Paris, elle revient à Montréal avec un véritable statut de star: "Wow! Toutes les affaires, les voyages, le luxe! Mais j'ai connu tout ça et ce n'est pas ça être star! C'est d'avoir de grandes épaules et d'assumer ce que tu es. Assumer ta création." Ne reculant devant rien, quelques mois plus tard, elle organisera une grande fête Felliniesque pour son public montréalais...

24/06/2012

St-Jean 1977


Le 24 juin 1977, 7 ans avant Magie Rose, Diane Dufresne se produit pour la première fois au Stade olympique de Montréal. Elle participe à un spectacle collectif pour célébrer la fête nationale en compagnie d'une douzaine d'artistes, dont Félix Leclerc, Monique Leyrac, André Gagnon et Robert Charlebois. Aux 35 000 personnes présentes (et aux milliers d'autres devant leur petit écran), elle offre quelques chansons de son répertoire (dont J'me sens ben) ainsi que sa version de "Un musicien parmi tant d'autres" d'Harmonium, le groupe de l'heure. En 2006, cet enregistrement se retrouvera en bonus d'une compilation de reprises de chansons de Serge Fiori lancée par Zone 3.

13/03/2012

Olympia 1978

(Photo: Michel Gauthier)

Du 13 au 19 mars 1978, Diane Dufresne est de retour à l'Olympia de Paris et cette fois-ci, elle l'occupe seule pour la toute première fois. Si elle déchaîne toujours autant les passions, le temps où elle subissait les huées d'une partie de la salle en première partie de Julien Clerc semble bien loin! Le public français a fait du chemin...

Diane aussi a fait son chemin, son spectacle n'ayant cessé d'évoluer depuis Sans entr'acte pour atteindre une apothéose rock au Campus de Montréal et à l'Elysée Montmartre de Pigalle à la fin de l'année 77. L'une des clés de ce changement est sans aucun doute sa rupture avec François Cousineau, ayant ouvert la porte à l'arrivée d'un nouveau band qui donne enfin une pleine liberté à Diane. Sous la direction de Jimmy Tanaka, Marty Simon, Bob Cohen, Jeff Fischer et Claude Arsenault donnent vie au répertoire de Diane avec des arrangements plus punchés, plus inattendus, qui complètent mieux l'attitude d'une voix qui refuse de s'enfermer dans un cadre.

"Depuis que j'ai changé de musiciens, j'ai plus de fun. Je peux m'amuser avec mes musiciens. Comme dans "En écoutant Elton John", je "dialogue" avec les musiciens. Avant, je ne pouvais rien faire du genre." ("Diane!", Québec Rock, juillet-août 1978) Ce fameux dialogue est sans doute ce qui vaudra à Diane son surnom d'époque de "voix synthétiseur", tant la facilité avec laquelle elle peut jouer avec sa voix étonne et en met plein les oreilles.

Les incroyables chansons de Plamondon et Cousineau font déjà partie de la légende, et à cet immense répertoire viennent se greffer de nouvelles perles. En hommage à Elvis tout juste disparu, "Love Me Tender" prend au coeur et complète avec justesse la "Chanson pour Elvis". Une nouveauté de taille est présentée en première partie: "Les adieux d'un sex symbol", tirée de Starmania qui n'allait voir le jour que l'année suivante. C'est également les premières interprétations de Diane de la suite "Le monde est fou", dont "L'hymne à la beauté du monde" deviendra l'hymne de toute une carrière. Le tout défendu par une interprète puisant au plus profond de son être, avec toute sa vérité, pour faire vivre ses chansons. "Je chantais en québécois et ça c'était aussi une grande fierté (...) Chanter avec le tempérament que t'as chez vous, même ailleurs, c'est grandiose." (Folie Douce, Radio-Canada, 2003)


(Merci à Addict)
Déjà sous le charme des concerts donnés à l'Elysée-Montmartre, les critiques sont encore une fois dithyrambiques et ont des répercussions jusqu'au Québec où la presse ne manque pas de saluer l'énorme accomplissement de Diane en rapportant des citations des superbes papiers rédigés par les quotidiens parisiens. Le Monde, Le Quotidien de Paris, France-Soir, Le Parisien...Les éloges pleuvent et confirment que Diane Dufresne est partie pour la gloire. "Entrez dans son cirque et vous verrez un monstre sacré. Elle est une star. Une étoile, non pas fabriquée, mais spontanée, est née." ("Une tornade blanche et noire", Norbert Lemaire, L'Aurore, mars 1978) 

Un magnifique documentaire de François Reichenbach réalisé cette année-là nous permet, entre autres choses, de voir plusieurs extraits des spectacles, ainsi qu'un entretien avec Diane qui se livre sur l'expérience qu'elle est en train de vivre. Un incontournable, disponible sur le coffret "Diane Dufresne vous fait une scène", paru chez Imavision en 2004.


Cette série de concerts sera également gravée sur disque quelques mois plus tard. Un enregistrement exceptionnel, à tel point qu'on pourrait en oublier les versions studio. Pas étonnant que plusieurs chansons aient été préférées aux enregistrements originaux pour l'anthologie "Merci", tant elles font figure de versions définitives. "C'est un disque complètement différent de l'autre qui avait été enregistré à la Place des Arts il y a 2 ou 3 ans. C'est vraiment un disque "live", pas de "dubbing" en studio pour que ça sorte mieux...Non, j'ai tout laissé là tel quel. Donc ce qu'on entend, c'est comme ça s'est passé!" (Québec Rock, juillet-août 1978) Un album simple offrant une sélection de 8 enregistrements verra d'abord le jour. Puis, un double-album plus complet, "J'me sens ben", offrira la quasi-totalité des chansons interprétées sur scène. "Un double album frémissant de vie et de chaleur de la plus vivante des chanteuses francophones de ce temps. Diane du Québec heurte, choque, émeut, frappe et entraîne." (Lucien Rioux, Le Nouvel Observateur, 30 décembre 1978)

Hollywood Freak / Chanson pour Elvis / Love me tender / Mon p'tit boogie boogie / Les adieux d'un sex symbol / J'ai besoin d'un chum / Vingtième étage / Les hauts et les bas d'une hôtesse de l'air / La main de Dieu / Partir pour Acapulco / On tourne en rond / J'me sens ben / La chanteuse straight / Berceuse pour un homme / Actualités / En écoutant Elton John / Laissez passer les clowns

28/01/2012

À la Maison Neuve


Ci-dessus, l'étonnant encart publicitaire annonçant le spectacle Sans entr'acte. Étonnant, car le concept ne présente pas encore la fameuse Diane chasseresse qu'on retrouvera sur l'affiche, mais plutôt une oeuvre graphique assez ambitieuse rappellant la couverture du livre de Christine L'Heureux publié aux éditions L'Aurore en début d'année. Il est également étonnant de lire que Diane donnait non pas une, mais deux représentations de Sans entr'acte le samedi, à 18h30 et 22h. Quand on sait à quel point l'expérience fut difficile pour elle, on ne peut qu'applaudir sa détermination!

Une expérience qui sera également exigeante pour le public, pensant retrouver la Diane épanouïe de Mon premier show. "Est-ce aussi cette sorte d'agressivité et cette absence de tendresse qui provoquent ce malaise indéfinissable que nous éprouvons à la fin du spectacle? Je ne sais pas. Peut-être." ("Diane Dufresne: un show en montagne russes", Pascale Perrault, Le Journal de Montréal, 2 avril 1977)

Pourtant, Sans entr'acte ne semble pas avoir manqué de beaux moments de poésie, comme cet hommage à sa mère pendant Hollywood Freak, où une photo géante de Madame Dumas illuminait la scène. Ou encore cette magnifique transformation de Diane en clown, exorcisant les douleurs du public:

19/12/2011

Hollywood Legend


Le 1er août 2009, Diane Dufresne participe à la "Grande entrevue Juste pour rire" de Patrick Huard, un mini-gala hommage enregistré au Théâtre du Nouveau Monde de Montréal. Si elle avait déjà partagé la scène avec celui-ci lors d'un Gala Juste pour rire en 2005, elle lui offre cette fois-ci toute une surprise en interprétant une de ses chansons préférées, Hollywood Freak, suivie d'une chanson d'anniversaire disons très Hollywoodienne. Elle nous offre par le fait même tout un cadeau, car mis à part un court extrait intégré au medley du spectacle Plurielle, il s'agit de la première fois qu'elle chante Hollywood Freak dans son intégralité depuis Magie Rose! Cette Hollywood Freak a fait beaucoup de chemin depuis sa création en 1977 et prend un nouveau sens avec ses arrangements dépouillés et la touchante modification de sa phrase finale...


24/11/2011

Comblée des dieux


Ci-dessus, une critique de Michèle Dokan publiée par France-Soir le 5 novembre 1977. Diane Dufresne investit alors l'Elysée-Montmartre pour une série de spectacles qui lui permettront de gagner le coeur des critiques et du public.

11/08/2011

Mi-bête, mi-femme






Ci-dessus, quelques photos prises par Alain Marouani en 1978. Cette session photos fut utilisée pour illustrer de nombreux articles de l'époque, ainsi que quelques pochettes. 

Impossible de ne pas associer ce costume aux mythiques spectacles de l'Olympia de Paris de la même année, même si c'est à Montréal qu'il fut porté pour la première fois. En effet, cette tenue mi-bête mi-femme créée par Georges Lévesque fut dévoilée pendant la  série de spectacles de Diane au Théâtre Outremont, en février 1978. Des spectacles encensés par les critiques et le public, sans doute heureux de retrouver une Diane moins revendicatrice que pour Sans entracte, et surtout, entourée de nouveaux musiciens la tirant vers le haut. Le Devoir du 20 février titra tout simplement, mais incontestablement: "Diane Dufresne redonne vie à la chanson et au spectacle". Quelques semaines plus tard, c'est à l'Olympia qu'elle receva les éloges, du 13 au 19 mars.

 DD au Théâtre Outremont 
(Merci à Michel Gauthier)

05/07/2011

Café Campus


Ci-dessus, 3 photos rares et précieuses prises à l'unique spectacle de Diane Dufresne au Café Campus de Montréal, le 10 octobre 1977. Un gros merci à Michel Gauthier de les partager généreusement avec nous.

De tous les spectacles mythiques de Diane Dufresne au Québec, c'est sans doute celui qui est le moins documenté et dont il reste le moins de traces. Suivant la rupture de Diane avec François Cousineau et l'expérience difficile de Sans entracte, on peut déduire qu'il s'agit d'un passage vers les spectacles du Théâtre Outremont et de l'Olympia qui vont suivre au début de l'année 1978. Son band a changé, les arrangements sont plus rock. "Lundi soir, dans une salle qui lui convient peut-être mieux que la Place des Arts, Diane Dufresne avait décidé de se lâcher lousse et de donner libre cours au théâtre qui accompagne chacune de ses chansons. (...) Jouant jusqu'au bout son personnage de chanteuse de rock n' roll, elle devenait mieux que jamais la première femme québécoise à s'exprimer totalement, aussi bien avec sa voix, son corps, qu'avec son âme et son instinct." ("Le rock' n roll théâtral", Nathalie Petrowski, Le Devoir, 12 octobre 1977)

Elle reprendra le même spectacle à Paris, du 31 octobre au 12 novembre à l'Elysée-Montmartre. Les critiques seront dithyrambiques et elle devra rapidement redonner une série de spectacles pour rencontrer le buzz grandissant qui se crée autour d'elle.

18/04/2011

Sans entr'acte



Du 29 mars au 17 avril 1977, Diane Dufresne occupe la Place des Arts de Montréal. Dans tous les sens du terme, car non seulement elle occupe la scène du Théâtre Maisonneuve avec son spectacle Sans entracte (un show sans interruption, une première pour l'époque), mais elle occupe également le garage en dormant sur place, dans une roulotte spécialement aménagée qui lui permet de vivre dans la bulle de son show. Elle veut vivre l'expérience totale et aller jusqu'au bout du "système" en s'appropriant le lieu.

Quelques jours avant la première, Diane reçoit les journalistes directement dans son Winnebago pour parler de son show. Ils traversent une longue allée de ballons et de clowns pour la rencontrer à tour de rôle, dans son salon "de velours, décoré de roses et de chandelles, embaumé de parfums exotiques..." (Nathalie Petrowski, Le Devoir, 19 mars 1977)

Si la démarche ne manque pas d'audace, le show ne manque pas d'ambition. Hommage à la femme et à sa mère (dont le portrait orne la scène pendant Hollywood Freak), Sans entracte se conjugue au Elle. "C'est un show pour les femmes, un show féminin pluriel à cause de cette règle de grammaire, fasciste et discriminatoire qui dit que le masculin l'emporte sur le féminin." ("Diane-chasseresse...et femme, et star", Le Devoir, 19 mars 1977)


Quand les portes de la salle s'ouvrent, Diane est déjà sur scène. Elle est tout en haut d'un escalier, assise devant son miroir où elle regarde le public entrer.  C'est en quelque sorte sa loge, exposée, où elle retournera pour se maquiller en clown, à la fin du spectacle. Sans entracte se terminera de la même façon qu'il a commencé, alors que Diane observera les gens quitter la salle.


C'est en "chasseresse" qu'elle ouvre son show, en messagère à plumes, prête pour le combat. Monologues teintés de féminisme, flashs insolents, idées provocantes: Sans entracte déstabilise le public. Il faut dire qu'il n'a pas l'habitude d'avoir face à lui une chanteuse aussi franche, qui simule un orgasme sur La main de Dieu et qui fait apparaître un homme nu sur scène, entre autre choses!

"À partir de show-là surtout, Diane Dufresne a exprimé davantage sa "folie"...et elle faisait peur au monde, carrément (...) Avant, même si elle était une chanteuse très énergique, elle conservait malgré tout une certaine pudeur. Mais là, le bouchon a sauté et voici Diane Dufresne." (Pierre Beaulieu, Folie douce, Radio-Canada, 2004)

 Sur la même longueur d'ondes avec le danseur Michel Jodoin

Si les critiques ne se gêneront pas pour descendre le show (et certains spectateurs, pour quitter la salle), personne ne pourra nier le professionnalisme de celle qui se présentait enfin devant eux, dans toute sa vérité. Ni ignorer ses moments de brillance. "Sur la même longueur d'ondes, her wittiest song (...) Here she had form and timing, and the choreography was in the best show-business tradition" (Juan Rodriguez, Montreal Gazette, 2 avril 1977)  

Sans entracte sera une expérience pénible pour Diane Dufresne et ne sera apparemment pas rentable, mais comme le résumera sa créatrice elle-même: "C'était un changement, c'était un passage..." (Confidences, DVD J'me mets sur mon 36, 2004)



Le coffret "Diane Dufresne vous fait une scène", paru en 2004, ne présente malheureusement pas le show au complet, ne proposant qu'un montage de 4 chansons captées par la télévision...ce qui laisse songeur puisqu'on voit des extraits inédits qui accompagnent le générique et les commentaires de Diane. Le reste du show dormira-t-il à tout jamais dans les archives de Radio-Canada?

(Un détail de l'affiche du spectacle)

Quelques-unes des chansons interprétées: Vingtième étage / A part de d'ça / On tourne en rond / La main de Dieu / Monsieur / Les hauts et les bas d'une hôtesse de l'air / Les femmes d'aujourd'hui / En écoutant Elton John / J'ai vendu mon âme au rock n' roll / Sur la même longueur d'ondes / Mon p'tit boogie boogie / La vérité / Hollywood Freak / Ma vie c'est ma vie / J'me sens ben / Laissez passer les clowns /

02/03/2011

Faut qu'y en aye une qui l'fasse

Si on se doute qu'au fil des années, Diane Dufresne a collaboré aux textes de Luc Plamondon en suggérant des idées ou en provoquant des concepts, ce n'est qu'en 1977 qu'elle co-écrit véritablement une de ses chansons. Et pas n'importe laquelle: "Hollywood Freak", dont la première phrase donne non seulement le ton de la chanson, mais le titre de l'album dont elle fait partie: Maman si tu m'voyais, tu s'rais fière de ta fille...Une chanson importante, un hommage très touchant à sa mère, disparue trop tôt. Cette Hollywood Freak a un rôle de star à jouer et le devoir de s'accomplir pour pouvoir faire ce que sa mère n'a pas pu faire.

 Diane, en février 1979, interprétant "Hollywood Freak" à l'émission "Numéro 1"

Il faudra attendre plus d'une décennie avant d'avoir la chance d'entendre de nouveaux mots écrits par Diane. Elle ne se sent pas prête. "Je crois que j'ai peur...(...) j'ai l'impression qu'à essayer, j'écrirais comme un bébé de 2e année B. Il y a cinq ans, j'ai décidé que je voulais commencer à lire. D'ailleurs, c'est ce que je fais, ça fait partie de ma discipline. Et quand j'aurai lu pendant dix ans, je pourrai commencer à écrire. En ce moment, je lis Miller, Virage à 80. Moi, si j'écrivais, ce serait comme ça. C'est peut-êre pourquoi je n'ose pas le faire: ce que j'écris est très dur." (Diane Dufresne all dressed, La vie en rose, octobre 1985)

Après la rupture Plamondon et la rencontre de nouveaux paroliers, on devine que Diane se cherche une nouvelle voix. Après Top Secret et Symphonique n'Roll, ses apparitions se font de plus en plus rares. Elle surprendra tout le monde en 1990 en apparaissant au spectacle de la St-Jean. Non seulement elle chante une nouvelle chanson écrite spécialement pour l'occasion, mais elle l'a écrite elle-même. "Comme un bel oiseau", sur une musique d'Yves Laferrière, est son sublime hommage à la fierté québécoise, pour que le Canada anglais ne mette "plus jamais les pieds sur mon drapeau".

La parolière prend son envol

Son Détournement majeur pointe à l'horizon. En 1991, elle confie à Nathalie Petrowski: "J'écris donc, de plus en plus. (...) Je lis, j'étudie, je me promène, je rencontre des scientifiques, je cherche. Je m'intéresse à l'environnement, bien sûr, mais de plus en plus aussi à tout ce qu'on ne voit pas, mais qui est pourtant là." (La diva de la démesure, Le Devoir, 12 octobre 1991)
La même année, sur "Sans dessous dessus" (une compilation japonaise de chansons de Follement Vôtre et de Top Secret) apparaît la chanson du même titre, écrite par Diane. Il s'agit d'une première version du Locataire, qui sera gravé sur laser en 1993. Une chanson qui, déjà, met des mots sur les préoccupations environnementales de l'artiste.


En 1992, elle passe l'automne à New York où elle peut se ressourcer et vivre de nouvelles expériences en tout anonymat. La muse sort du tableau pour s'inspirer. "Pour retrouver le goût d'chanter et me prouver que j'peux changer, j'me vide le coeur, j'viole mes idées en les couchant sur du papier." (J'écris c'qui m'chante, 1993)
Elle écrira, écrira, écrira et petit à petit, ses mots prendront la forme de paroles. Qui, grâce à Marie Bernard, deviendront des chansons. Détournement majeur sortira en avril 1993...et la parolière sera enfin lancée.

Diane, en 1993, interprétant "J'écris c'qui m'chante" au Cercle de Minuit 

"Écrire m’a permis de libérer quelque chose qui demandait à sortir. C’était là depuis toujours comme une boule, comme une douleur. Comme quoi ça prend parfois des années à extirper de soi un petit bout de l’essentiel. J’aurais pu commencer plus tôt, mais ce n’était pas le bon timing. Je trouve une joie dans l'écriture. Et la joie est un pas vers la sagesse." (Dialogue avec l'ange, Elle Québec, Novembre 1993)