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03/05/2013
29/10/2012
Hollywood / Halloween
(Photo: Archives Société Radio-Canada)
(Photo: Christiane Valcourt / La vie en rose)
(Photo: Linda Boucher / Pop Rock Montréal)
(Photo: Bernard Brault)
(Photo: Inconnu / La liste postale de Diane Dufresne)
(Photo: Linda Boucher / Pop Rock Montréal)
(Photo: Bernard Brault)
Ci-dessus, quelques photos des spectacles Hollywood / Halloween présentés au Forum de Montréal les 28 et 29 octobre 1982. Et ci-dessous, "En écoutant Elton John", chanson mystérieusement coupée lors du montage du DVD:
Contrairement à la croyance populaire, Diane ne s'éclipsa pas tout de suite après le Forum. En effet, elle effectua ensuite une mini tournée québécoise qui passa entre autres par Québec le 7 novembre et par Chicoutimi le 8 avant de se terminer à Baie Comeau. L'ancien site officiel de Diane mentionnait que les deux spectacles au Forum avaient été combinés lors de la tournée. À quel point ce spectacle unique était-il fidèle aux deux concepts originaux? Mystère...
21/06/2012
Tournée 2012-2013
C'est officiel: 9 dates du spectacle "Diane Dufresne et les Violons du Roy" sont maintenant confirmées. Une vraie mini-tournée! La rubrique "Actualités" (dans le menu de droite), qui rassemble les prochains événements auxquels participera Diane, sera mise à jour au fur et à mesure que d'autres dates seront connues. En attendant de revoir Diane sur scène, les Productions Jean-Pier Doucet ont partagé sur Youtube de nouveaux extraits du dernier spectacle au Palais Montcalm:
23/03/2012
La femme à trois faces
Ci-dessus, des photos de Diane Dufresne et du génie créateur de l'incroyable robe-miroir, Loris Azzaro, prises par Bernard Charlon le 23 mars 1982, la veille du méga concert à l'Hippodrome de Paris, Porte de Pantin. Une photo de la session d'essayage se trouve sur le site de l'agence Gamma, ici.
Le lendemain, 6000 personnes attendent Diane sous le méga chapiteau. Un public qui, contrairement au public québécois, aura mis du temps à jouer le jeu du déguisement, mais qui semble maintenant conquis d'avance. "Une soirée fascinante sur la scène comme dans le public, qui se dresse, danse, hurle, réclame encore et toujours. Diane remercie et félicite ceux et celles qui se sont déguisés pour lui ressembler (il y avait notamment une mariée)..." ("Diane Dufresne: l'ouragan du Québec", France-Soir, 26 mars 1982)
Le public ne sera pas déçu: Diane leur offrira un show unique, présentant les chansons de Turbulences tout en revisitant quelques parties de "J'me mets sur mon 36". Elle terminera son show en simple peignoir pour offrir une version acapella de "Fascination", qu'elle n'endisquera que 4 ans plus tard.
16/02/2012
30 ans de Turbulences
En 1982, Diane Dufresne se trouvait au sommet de son succès populaire des deux côtés de l'Atlantique et son premier album depuis l'énorme succès de Striptease était très attendu. Enregistré entre Montréal et New York puis mixé à Los Angeles, Turbulences sortait il y a exactement 30 ans, soit le 16 février 1982. Une occasion en or de revisiter cet album incontournable de la discographie de Diane Dufresne.
Turbulences, à plus d'un égard, porte parfaitement son titre. D'abord, pour ce qu'il est: un voyage inconfortable dans les désordres modernes d'une femme qui traverse une mauvaise passe. Ou plus simplement, pour citer le gros titre du Devoir de l'époque: "Diane Dufresne en enfer". L'album s'ouvre sur la réflexion qu'elle se fait après sa propre mort et se termine par un suicide artistique. La mort domine (quand elle ne vole pas les derniers moments de lucidité de la grand-mère de La dernière enfance) et la vie brise les rêves de ses protagonistes (le vieux saxophoniste cubain qui se rappelle une gloire ensoleillée et la star partie pour la gloire qui souhaite fuir les spotlights pour la lumière du jour).
Le titre souligne également l'éclectisme musical de l'ensemble: Diane y épouse tous les genres, du rock à la ballade grand public, et fait ses premières incursions dans la musique new-wave, dont les sonorités commencent à s'imposer dans la culture populaire. Un éclectisme également souligné par le choix de textes: Plamondon en est le principal auteur, mais Diane s'ouvre à d'autres univers, et pas n'importe lesquels: ceux de Jonasz et Gainsbourg.
Et que dire de cette pochette turbulente, on ne peut plus années 80, dont la symbolique demeure aujourd'hui très mystérieuse et plutôt difficile à décoder...
(Photo: Jean-Claude Deutsch / Paris-Match)
Turbulences, à plus d'un égard, porte parfaitement son titre. D'abord, pour ce qu'il est: un voyage inconfortable dans les désordres modernes d'une femme qui traverse une mauvaise passe. Ou plus simplement, pour citer le gros titre du Devoir de l'époque: "Diane Dufresne en enfer". L'album s'ouvre sur la réflexion qu'elle se fait après sa propre mort et se termine par un suicide artistique. La mort domine (quand elle ne vole pas les derniers moments de lucidité de la grand-mère de La dernière enfance) et la vie brise les rêves de ses protagonistes (le vieux saxophoniste cubain qui se rappelle une gloire ensoleillée et la star partie pour la gloire qui souhaite fuir les spotlights pour la lumière du jour).
Le titre souligne également l'éclectisme musical de l'ensemble: Diane y épouse tous les genres, du rock à la ballade grand public, et fait ses premières incursions dans la musique new-wave, dont les sonorités commencent à s'imposer dans la culture populaire. Un éclectisme également souligné par le choix de textes: Plamondon en est le principal auteur, mais Diane s'ouvre à d'autres univers, et pas n'importe lesquels: ceux de Jonasz et Gainsbourg.Et que dire de cette pochette turbulente, on ne peut plus années 80, dont la symbolique demeure aujourd'hui très mystérieuse et plutôt difficile à décoder...
Turbulences (Kébec-Disc KD 532 / RCA Victor TPL 37610)
A1 - Seule dans mon linceul
"Seule, je suis seule, enfin seule..." La solitude est un thème récurrent sur le disque, mais sur la chanson d'ouverture, elle est totale. La protagoniste a rendu l'âme et cette âme plane, observant au passage son ancien amoureux qui tente de refaire sa vie.
A1 - Seule dans mon linceul
(Pantin, 24 mars 1982)
"Seule, je suis seule, enfin seule..." La solitude est un thème récurrent sur le disque, mais sur la chanson d'ouverture, elle est totale. La protagoniste a rendu l'âme et cette âme plane, observant au passage son ancien amoureux qui tente de refaire sa vie.
"Seule dans mon linceul" aura également l'honneur d'ouvrir deux shows-événements de Diane. D'abord, le méga show de Pantin, où Diane arrivera dans un cerceuil de verre, sa collerette multi-faces lui donnant plutôt l'air d'une vampire que d'une Dame de coeur. Et ensuite, Halloween, où Diane sortira d'une citrouille géante, métamorphosée en sorcière. On ne l'entendra plus jusqu'en 2001, où elle sera enfin dépoussiérée au Bal des Vampires.
A2 - La dernière enfance
(Top Secret, septembre 1986)
(Top Secret, septembre 1986)
Le premier single de Turbulences connaîtra un joli succès au Québec: il restera 19 semaines au palmarès et en atteindra la première place le 3 avril 1982. Peu surprenant, étant donné la mélodie irrésistible de la chanson. Sous un vernis électropop, le texte cache un terrible malheur: la perte de mémoire et d'autonomie. "La dernière enfance" permettra à Diane de créer des moments très forts sur scène. Qui peut oublier l'incroyable théâtre de marionnettes de Top Secret? Un époustoufflant moment de comi-tragédie.
A3 - Turbulences
(Photo: Pierre Dury)
La chanson-titre de l'album fera curieusement partie de celles qui passeront le plus inaperçues: Turbulences ne sera jamais ré-interprétée sur scène après la période d'exploitation de l'album. Dommage, car l'interprétation des deux rôles (la patiente et la psychiatre) devait prendre tout son sens sur scène et donner beaucoup de mordant à l'humour désespéré de la chanson.
A4 - Samedi soir
Ci-dessus, un passage de Diane à l'émission "Champs Elysées" du 27 mars 1982. Il s'agit d'une des rares fois (sinon l'unique) où elle aura offert une prestation de "Samedi soir"...mais quelle prestation! "Samedi soir", aux sonorités disco, n'aurait pas détonné sur l'album "Strip-tease", lancé 3 ans auparavant. La chanson, écrite par Luc Plamondon et mise en musique par Jacques Blais, raconte les désillusions d'une femme qui va "cruiser comme les hommes" seule dans les bars. Au final, elle fait même un clin d'oeil au premier gros hit de Diane "J'ai rencontré l'homme de ma vie".
A5 - Le vieux saxophoniste
(Hollywood, 28 octobre 1982)
(Hollywood, 28 octobre 1982)
Sur une mélodie plutôt joyeuse, la chanson raconte la déchéance d'un musicien dont le destin lui a fait "manquer le bateau". La chanson prendra vie sur scène lors d'un beau moment de complicité entre Diane et son saxophoniste lors du spectacle Hollywood.
B2 - Pour un ami condamné
(Magie Rose, 16 août 1984)
Écrite en hommage à son ami Claude Dubois (alors incarcéré pour possession et trafic de drogues), la chanson touche surtout à l'universel en rappelant l'importance des poètes et des artistes dans nos vies. "Dans Pour un ami condamné, ode à la liberté, elle ressort sa belle voix romantique du dimanche, la voix lumineuse de Ne tuez pas la beauté du monde ou encore celle de Laissez passer les clowns." (Nathalie Petrowski, Le Devoir, 27 février 1982)
Ci-dessus, un extrait de Magie Rose où Jacques Higelin interprète la chanson avec Diane. Un extrait mystérieusement tronqué du DVD officiel paru en 2004.
B3 - Good-bye Rocky
Cette "épitaffe pour un toffe" fut la première chanson retenue pour promouvoir l'album en France. Elle sera même retenue lors des spectacles au Cirque d'Hiver pour Dioxine de Carbone. "Good-bye Rocky" ne sortira pas au Québec et le fait qu'elle ne soit jamais ré-éditée par la suite ne contribuera pas à la sortir de l'ombre. Suite textuelle logique de "Rock pour un gars d'bicyc'", ses thèmes ne sont pas nouveaux, mais ses arrangements rock "old school" sont assez différents de ce que Diane avait fait par le passé et sont sans doute ceux qui rappellent le plus qu'une partie de l'album fut réalisée aux Etats-Unis.
B4 - Partir pour la gloire
(Bouffes du Nord, novembre 2008)
Un des derniers bijoux de Luc Plamondon offerts à Diane et celui qui lui ira encore mieux des années plus tard, lorsqu'elle retrouvera la chanson pour Plurielle et sa tournée Effusions en France. Ci-dessus, une vidéo amateur enregistrée aux Bouffes du Nord en novembre 2008.
B5 - La toune qui groove
"Une chanson un petit peu légère" comme le résume Michel Jonasz pour "Folie Douce" en 2004, mais quand même importante car elle marque l'arrivée de Jonasz dans l'univers Dufresne. Il lui écrira rapidement "J'vieillis" qu'elle n'osera pas chanter avant 1993. Entre temps, elle reprendra deux de ses chansons en guise de clôture de deux de ses shows les plus importants: "J'veux pas que tu t'en ailles" (pour Halloween) et "Je voulais te dire que je t'attends" (pour Magie Rose). Plus récemment, une autre reprise de Jonasz, "Changez tout", servait de message final à Sinéquanone.
Coup de génie de Gainsbourg, il est étonnant que Suicide n'ait jamais connu de sortie officielle. La chanson trouvera néanmoins sa place en face B de l'insolite 45-tours promotionnel de "Good-bye Rocky" servant à la promotion de la RATP (la régie autonome des transports parisiens) et deviendra évidemment culte avec les années.
Turbulences n'a toujours pas eu droit à une ré-édition digitale, mais au fil des années, plusieurs de ses pièces se sont éparpillées sur diverses compilations. Sur les 11 chansons de l'album, 6 se sont retrouvées sur la première anthologie CD de Diane, parue en 1991. Plus récemment, "La dernière enfance" et "Oxygène" ont été retenues par Luc Plamondon sur son anthologie de 2010, "J'aurais voulu être un artiste". Les 5 autres n'ont (à ce jour) jamais quitté leurs sillons de vinyle...
Libellés :
(1982) Hippodrome de Pantin,
(1982) Hollywood / Halloween,
(1982) Turbulences,
(1984) Magie Rose,
(1986-1987) Top Secret,
(1988) Symphonique n'Roll,
(2008) Bouffes du Nord
10/02/2012
Grande(s) Dame(s)
Le 30 septembre 1982, Diane Dufresne donne une conférence de presse pour annoncer son retour au Forum de Montréal avec Hollywood / Halloween (Dame de coeur / Dame de pique). Les billets pour ces deux shows légendaires sont mis en vente le 4 octobre au coût de 10 à 15$ chacun, mais la modique somme de 26$ permet d'assister aux deux shows.
Selon le magazine Billboard du 20 novembre 1982, les 24 071 billets vendus auront permis à Diane de se retrouver en 2e place des meilleures ventes de spectacle de toute l'Amérique du Nord cette semaine-là!
Selon le magazine Billboard du 20 novembre 1982, les 24 071 billets vendus auront permis à Diane de se retrouver en 2e place des meilleures ventes de spectacle de toute l'Amérique du Nord cette semaine-là!
Libellés :
(1982) Hollywood / Halloween,
(1982) Turbulences
31/10/2011
Dame de pique
"Diane Dufresne, en une nuit,
a traversé des océans d'émotions,
a survolé tous les gratte-ciel de la folie.
Avec elle, on vit ses cauchemars, on tâte ses visions."
(Manon Guilbert, Le Journal de Montréal, 30 octobre 1982)
Le lendemain d'Hollywood, le 29 octobre 1982, la Dame de pique l'emporte sur la Dame de Coeur et transforme le rêve doré de la veille en cauchemar éveillé. Parmi les 12 000 personnes qui hurlent leur bonheur d'avoir la chance d'y assister figurent plusieurs fans qui, encore aujourd'hui, placent "Halloween" en tête de liste de leur spectacle préféré.
Le fait qu'aucun document vidéo n'ait vu le jour doit certainement contribuer fortement à son mythe. Pendant des années, la petite histoire voulait que Radio-Canada avait jugé Halloween trop osé pour être présenté. Une autre rumeur voulait que Diane elle-même s'était objectée à toute diffusion, gênée par le costume trop révélateur de la photo présentée plus haut. Ce n'est qu'en 2004, lors de la sortie du premier coffret "Diane Dufresne vous fait une scène" que la triste raison fut connue: ayant reçu des menaces de mort avant le spectacle, Diane décida d'interdire toute captation télé pour ne pas qu'un éventuel dénouement macabre ne soit documenté. Ouch.
Heureusement, les critiques et les récits de fans restent et nous permettent d'imaginer à quoi devait ressembler cette légendaire soirée d'Halloween.
"Cauchemars, fantômes et squelettes
Laissez flotter vos idées noires
Près de la mare aux oubliettes, tenue du suaire obligatoire"
Près de la mare aux oubliettes, tenue du suaire obligatoire"
Ce soir, l'album Turbulences sera mieux représenté que la veille et c'est d'ailleurs avec "Seule dans mon linceul" que Diane se fait d'abord entendre. Ce linceul est en fait une citrouille géante, d'où sort une sorcière prête à envoûter le Forum au grand complet. Elle brasse le Champagne, puis est rejointe par son guitariste Dracula pour raviver le spectre d'Elvis avec ses Blue Suede Shoes.
Pour son deuxième tableau, Diane revisite les hantises de l'enfance et de la vieillesse, coiffée d'un bonnet géant. Fellini refait son apparition, teinté d'une nouvelle interprétation. "On ne sait pas si elle pleure ou elle rit, si c'est la mort ou la vie..." Puis, dans un nuage de fumée de tuyau d'échappement se dessine un nouveau tableau électrique, tout en cuir et en turbulences, où Diane se fait Tartare.
(Photo: Linda Boucher / Pop Rock Montréal)
Pour sa toute dernière chanson, Diane revient en robe de soirée, débarassée de tout artifice (hormis une délicate couronne) pour interpréter une reprise déchirante, "J'veux pas qu'tu t'en ailles" de Michel Jonasz. "On pouvait sentir dans nos veines la sincérité que si elle l'avait pu, elle nous aurait tous amené avec elle." (Elyse Boucher, Pop Rock Montréal, 13 novembre 1982)
Le public sera son rideau, car elle ira le traverser pour disparaître vers la sortie. Les esprits s'en souviendront longtemps..."Elle a fait gronder les gradins et craquer le bois mort des vieux préjugés. Elle nous a présenté un miroir exalté de l'art, de la scène, de la vie avec une maîtrise technique qu'on ne lui connaissait pas." (Nathalie Petrowski, Le Devoir, 1er novembre 1982) "
Pour terminer avec un peu de couleurs, un petit détour sur le site du photographe Michel Ponomareff s'impose. Certes, les watermarks gâchent un peu la vue, mais en attendant de les retrouver ailleurs (à quand un recueil des meilleures photos de Diane?), il s'agit du seul moyen de voir ces précieuses images:
Seule dans mon linceul / Champagne / Blue Suede Shoes / J'ai 12 ans / La dernière enfance / Fellini / Rock pour un gars d'bicyc / Goodbye Rocky / Turbulences / La main de Dieu / Oxygène / Le parc Belmont / Le monde est fou / Laissez passer les clowns / Suicide / J'veux pas qu'tu t'en ailles
Libellés :
(1982) Hollywood / Halloween,
(1982) Turbulences
19/08/2011
Belle et rebelles
La Belle et ses rebelles (photo: Téléfilm Canada)
Le 30 juillet 1999 avec "Belle et rebelles", Diane Dufresne retrouve l'adrénaline des shows d'un seul soir. Elle revisite le concept de son show "Les hommes de ma vie" qu'elle avait uniquement présenté à Nanterre en 1990, entourée de Georges Moustaki, Michel Rivard et Claude Dubois. Ce dernier la retrouve au Théâtre St-Denis en ouverture des Francofolies de Montréal, rejoint par le nouveau favori de l'heure Kevin Parent. Deux rebelles qui complètent sa palette et lui permettent d'enrichir les leurs.
Un autre rebelle se joint au trio: le sculpteur Armand Vaillancourt. Il crée le décor, ou plutôt, une oeuvre originale dans laquelle peuvent évoluer les 3 artistes. "C'est le rebelle par excellence. Aller le chercher, c'était oser travailler avec le génie. Je voulais que ce soit lui parce que je voulais une oeuvre originale. Un décor, c'est souvent l'imitation de quelque chose. Avec Armand Vaillancourt, on travaille avec de la vraie matière." ("Quand Dufresne s'en mêle", Le Devoir, 30 juillet 1999)
La soirée permet de créer des parallèles entre les chansons des trois artistes, tout en les amenant à intervenir dans leurs oeuvres respectives, que ce soit en participant aux choeurs ou en chantant carrément en duo. Au niveau du répertoire de Diane, quelques belles surprises attendent le public. On peut penser que le processus de sélection des chansons de Merci, pendant lequel elle a réécouté toute son oeuvre, a donné à Diane l'envie de dépoussiérer certaines chansons injustement négligées. Ainsi, elle décide de chanter Duodadieu avec Claude Dubois et Pour un ami condamné, qui lui était d'ailleurs dédiée en 1982.
Diane livre également une performance électrisante de "J'veux pas qu'tu me r'gardes", qui ne sortira que quelques mois plus tard. Cette performance est d'ailleurs la seule à se retrouver sur DVD, en supplément de "Détournement majeur". Qu'à cela ne tienne, le spectacle ayant été diffusé à la télévision, des extraits comme celui-ci apparaissent de temps à autre sur les sites d'hébergement vidéo:
01/08/2011
Juste pour rire 2005
Le 7 juillet 2005, Diane participe au Gala Juste pour rire de Patrick Huard. Elle rejoint ce dernier à la fin du Gala pour interpréter Rock pour un gars d'bicyc et Oxygène. Survoltée jusque dans sa coiffure, la rockeuse en met plein la vue et les oreilles avec son énergie...et ses cris! Et comme toujours, elle vole la vedette: "L’excentrique diva a fait lever in extremis un gala inégal en mettant le feu au Théâtre St-Denis." ("Diane Dufresne sauve le gala de Huard", Maxime Demers, Le Journal de Montréal, 8 juillet 2005)
29/06/2011
Initials D.D.
DD & SG en 1982, lors du tournage de "Enquête sur une vie d'artiste"
Deux géants qui partagent un goût de la provocation et une envie de faire sortir la chanson française de son cadre...Deux âmes qui devaient se rencontrer et travailler ensemble: Diane Dufresne et Serge Gainsbourg, une voix et une écriture atypiques, deux artistes de génie.
En 1982, Gainsbourg lui écrit un texte très violent au titre original de "L'ombre des stars", où une star finit par être lynchée par son public. Dufresne pousse la provocation encore plus loin en lui demandant de l'écrire au "je"...et la chanson se retrouvera sur Turbulences, sous le nom de Suicide.
Les arrangements de Claude Engel se rapprochent davantage de Love on the beat, que de Mauvaises nouvelles des étoiles, le précédent album de Gainsbourg, et donnent à Turbulences un son lourd et très différent des autres chansons qui y figurent. Malgré un humour on ne peut plus acide, Suicide est une des chansons les plus sombres de Diane Dufresne. Comme si le texte n'était pas assez effrayant, les cris qu'elle pousse à la fin de la chanson glacent le sang!
En 1982, un téléfilm sur Gainsbourg réalisé par Pierre Desfons est diffusé sur Antenne 2. Intitulé "Enquête sur une vie d'artiste", ce portrait mi-documentaire, mi-fiction, met en scène un enquêteur (Gérard Lanvin) sur les traces du parcours de Gainsbarre, avec au détour, extraits d'archives et caméos de son entourage. Diane y apparaît et évidemment, interprète Suicide.
"Avec elle, ça s’est fait en moins d’une journée. Elle était très drôle, vraiment excentrique, comme elle pouvait l’être à l’époque. Elle était venue avec plusieurs personnes comme elle, un peu « jetées », mais elle faisait tout ce qu’on lui demandait sans aucun problème, et elle n'a rien remis en cause, vu que c'était Serge..." (Pierre Desfons, interviewé par le site "Tête de chou", octobre 2008)
Plus tard dans l'année, son interprétation sur scène lors du spectacle Halloween, où elle se débat dans une toile d'araignée, marque à jamais les spectateurs ayant eu la chance d'assister à ce délire cauchemardesque. Diane ne réinterprètera Suicide qu'en 2001...pour l'Halloween, à son Bal des vampires.
En 1982, un téléfilm sur Gainsbourg réalisé par Pierre Desfons est diffusé sur Antenne 2. Intitulé "Enquête sur une vie d'artiste", ce portrait mi-documentaire, mi-fiction, met en scène un enquêteur (Gérard Lanvin) sur les traces du parcours de Gainsbarre, avec au détour, extraits d'archives et caméos de son entourage. Diane y apparaît et évidemment, interprète Suicide.
"Avec elle, ça s’est fait en moins d’une journée. Elle était très drôle, vraiment excentrique, comme elle pouvait l’être à l’époque. Elle était venue avec plusieurs personnes comme elle, un peu « jetées », mais elle faisait tout ce qu’on lui demandait sans aucun problème, et elle n'a rien remis en cause, vu que c'était Serge..." (Pierre Desfons, interviewé par le site "Tête de chou", octobre 2008)
Plus tard dans l'année, son interprétation sur scène lors du spectacle Halloween, où elle se débat dans une toile d'araignée, marque à jamais les spectateurs ayant eu la chance d'assister à ce délire cauchemardesque. Diane ne réinterprètera Suicide qu'en 2001...pour l'Halloween, à son Bal des vampires.
En 1986, Diane retrouve l'univers de Gainsbourg le temps d'une reprise: Les dessous chics, pour son spécial télévisé (et disque du même nom) Follement vôtre. Les arrangements musicaux ne sont pas si différents de la version originale de Jane Birkin, mais ils ajoutent un côté froid et un peu malsain au texte troublant de Gainsbourg.
DD dans son vidéoclip pour Les dessous chics
Alors qu'on la croyait rangée dans le tiroir des chansons jamais interprétées sur scène, Diane la chante en 2006 pendant sa tournée Plurielle, dans des arrangements plus dépouillés qui font ressortir son interprétation, encore plus troublante qu'à l'époque. Elle l'intégrera également à la setlist de ses spectacles en France pour Effusions, en 2008, seule avec le pianiste Gérard Daguerre.
Ci-dessous, un enregistrement amateur, mais qui ne diminue en rien l'intensité de l'interprétation de Diane:
Une troisième chanson de Gainsbourg se greffe au répertoire de Diane en 2001: La Javanaise, qu'elle interprètera à deux reprises avec Juliette Gréco.
"Quand j’étais jeune, je me disais : "j’existerai en tant que chanteuse quand Juliette Gréco aura vu mon show"… Quand j’ai fait Réservé à Ramatuelle…je vois dans la première rangée en avant, en plein centre, Juliette Gréco. J’ai été tellement impressionnée…Et là j’existais, j’existais." (Folie Douce, Radio-Canada, 2003)
Lorsqu'elle crée "Sous influences" pour les Francofolies de Montréal en juillet 2001, Diane invite son idole à la rejoindre, le temps d'un duo. La Javanaise n'aura jamais aussi bien porté son titre, tant leur interprétation ressemble à une danse, un moment d'amour où le temps semble s'arrêter. "De voir deux femmes, ces deux-là, se chanter les yeux dans les yeux cette chanson d'amour d'un autre temps avait quelque chose d'interdit." (Philippe Rezzonico, Le Journal de Montréal)
"Quand j’étais jeune, je me disais : "j’existerai en tant que chanteuse quand Juliette Gréco aura vu mon show"… Quand j’ai fait Réservé à Ramatuelle…je vois dans la première rangée en avant, en plein centre, Juliette Gréco. J’ai été tellement impressionnée…Et là j’existais, j’existais." (Folie Douce, Radio-Canada, 2003)
Lorsqu'elle crée "Sous influences" pour les Francofolies de Montréal en juillet 2001, Diane invite son idole à la rejoindre, le temps d'un duo. La Javanaise n'aura jamais aussi bien porté son titre, tant leur interprétation ressemble à une danse, un moment d'amour où le temps semble s'arrêter. "De voir deux femmes, ces deux-là, se chanter les yeux dans les yeux cette chanson d'amour d'un autre temps avait quelque chose d'interdit." (Philippe Rezzonico, Le Journal de Montréal)
En 2007, elles se retrouveront pour une autre Javanaise, au cours d'un spectacle de Juliette Gréco, toujours aux Francofolies de Montréal.
Jamais deux sans trois? Peut-être se retrouveront-elles une autre fois...ou peut-être que Diane Dufresne, sachant nous surprendre, choisira une autre perle de Gainsbourg à intégrer à son répertoire?
"J'étais amoureuse de tout ce qu'il fait...C'était un artiste incomparable..Y en aura jamais, un deuxième Gainsbourg..." (Folie Douce, Radio-Canada, 2003)
30/05/2011
Alys Robi (1923-2011)
(Photo: "Diane Dufresne: sa vie, ses amours, sa carrière, ses spectacles", Gaëtan Racine, Quebecor, 1984)
Lady Alys Robi s'est éteinte dans la nuit de vendredi à samedi. Cette grande dame de la chanson aura connu rêves extraordinaires et revers cruels, mais aura toujours traversé les époques avec force et passion. Elle restera toujours la première star du Québec.
Même si sa vie eut droit à une télésérie et à un film, il n'y aura jamais plus bel hommage que la chanson "Alys en cinémascope" écrite par Luc Plamondon et Germain Gauthier en 1979. Une belle occasion de revoir non pas une, mais deux prestations mémorables de Diane Dufresne.
En 1980, pour J'me mets sur mon 36, "Alys" est la troisième chanson du spectacle. Une chanson très attendue, car ce moment fort de l'album Striptease n'a pas encore été interprété sur scène. Pour l'occasion, Jacques Normand, célèbre personnage de l'âge d'or du showbizz québécois, participe au spectacle en jouant le rôle du MC de la chanson. A la fin de sa performance, Diane est applaudie par Alys Robi elle-même, qui se trouve au milieu de la foule.
En 1982, pour Hollywood, la Dame de coeur fait traverser Alys de l'autre côté du rêve en enchaînant avec "Somewhere over the rainbow". Un moment qui fixe le destin d'Alys dans l'éternel et qui coupe le souffle.
En 1980, pour J'me mets sur mon 36, "Alys" est la troisième chanson du spectacle. Une chanson très attendue, car ce moment fort de l'album Striptease n'a pas encore été interprété sur scène. Pour l'occasion, Jacques Normand, célèbre personnage de l'âge d'or du showbizz québécois, participe au spectacle en jouant le rôle du MC de la chanson. A la fin de sa performance, Diane est applaudie par Alys Robi elle-même, qui se trouve au milieu de la foule.
En 1982, pour Hollywood, la Dame de coeur fait traverser Alys de l'autre côté du rêve en enchaînant avec "Somewhere over the rainbow". Un moment qui fixe le destin d'Alys dans l'éternel et qui coupe le souffle.
Comme un film en cinémascope
C'était toi la reine des années quarante"
Salut, Alys.
C'était toi la reine des années quarante"
Salut, Alys.
28/04/2011
Mais j'lis pas les pages féminines
En 2010, le mensuel féminin Châtelaine célèbre son 50e anniversaire. Pour l'occasion, le site du magazine propose un retour dans le temps, avec une sélection de ses meilleures couvertures. Diane Dufresne y figure 2 fois, photographiée en 1982 et en 1993.
Au même moment naît le projet Femmes de parole, où 50 Québécoises ayant marqué la province répondent aux mêmes questions, à tour de rôle, pour tenter de dresser un portrait du Québec féminin. Diane fait évidemment partie de ces femmes et partage ses points de vue avec sa franchise et sa verve habituelles.
Libellés :
(1982) Turbulences,
(1993) Détournement majeur,
(2010)
22/04/2011
Dame de coeur
Le 24 mars 1982, à l'Hippodrome de Paris (Porte de Pantin), Diane interprète ses Turbulences pour la toute première fois. Elle arrive sur scène dans un cercueil de verre, acclamée par 6000 personnes dès les premières notes de "Seule dans mon linceul". Le public québécois n'aura pas la chance de voir ce spectacle, mais il ne sera pas en reste: les 28 et 29 octobre, Diane lui offre "Hollywood/Halloween", ou "Dame de coeur/Dame de pique", au Forum de Montréal. Deux spectacles totalement différents (ou un long spectacle entrecoupé d'un entracte de 24 heures, selon le point de vue...) Spectacles de contrastes, de lumière et de noirceur, de rêve et de cauchemar.
La femme à 3 têtes photographiée par Bernard Chalon (Paris-Match, juin 1982)
Pour Hollywood, Diane revêt une nouvelle fois sa spectaculaire robe-miroir, créée par Loris Azzaro. Une robe légendaire qui, selon le biographe Gaëtan Racine, nécessita pas moins de 160 heures de travail! Non seulement sa collerette offre 3 têtes à la chanteuse, mais son ingénieuse conception lui permet des changements de costume, morceau par morceau.
"Comme dit la chanson, l'important c'est de sauver la face...
Ce soir, grâce à mon costume, j'en ai plusieurs!"
Au programme, grands classiques de la première décennie discographique de la chanteuse, reprise qui donne des frissons (Somewhere over the rainbow) et quelques chansons de Turbulences (qui sera surtout mis en valeur le lendemain, pour Halloween). Des moments de grâce, des flashs qui émerveillent, avec un certain fond de mélancolie et évidemment, une bonne touche de rock.
Au final, Diane apparaît en ballerine de boîte à bijoux, tournant sur elle-même jusqu'au tout dernier spotlight. Une douce berceuse avant le cauchemar que sera la suite, le lendemain.
On fait tous du show-business / Hollywood Freak / Alys en cinémascope / Somewhere over the rainbow / Striptease / Le vieux saxophoniste / Partir pour la gloire / Les adieux d'un sex-symbol / En écoutant Elton John / Oxygène / Actualités / Hymne à la beauté du monde / Le parc Belmont / On fait tous du show-business (reprise) / Berceuse pour un homme
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