14/11/2011

Projet Wildcard


Le 19 novembre prochain, au Collège Sainte-Anne, aura lieu une vente d'oeuvres d'art uniques (Wildcards) au profit du Nichoir, un centre de réhabilitation pour oiseaux sauvages. 669 artistes, dont Diane Dufresne, ont créé une oeuvre 5 x 7 qui sera vendue au prix fixe de 65$. Les acheteurs ne découvriront la signature de l'artiste qu'après avoir acheté leur Wildcard, car celle-ci se trouvera au verso et sera gardée secrète. "Ainsi, les gens apprennent après leur achat s’ils ont fait l’acquisition de trésors qui valent cher ou s’ils ont découvert un artiste émergent. Il y a des œuvres données par des artistes qui vendent leurs toiles pour des centaines ou des milliers de dollars, explique Leisa Lee, responsable de l’organisation de l’événement caritatif." ("Marché d'art Wildcard", Yanick Michaud, Première Édition, 11 novembre 2011)

Toutes les oeuvres sont déjà exposées sur le site du Nichoir, dans une galerie virtuelle. Saurez-vous identifier l'oeuvre de Diane? Sans vouloir vendre la mèche, son style est inimitable et instantanément reconnaissable...

12/11/2011

Follement vôtre

(Photos de l'article: Radio-Canada)

Le 9 février 1986, juste avant la St-Valentin, Diane Dufresne donne un rendez-vous d'amour à son public. Elle conçoit et écrit "Follement vôtre", un spécial télévisé d'une heure pour Radio-Canada. Chaque chanson du disque du même nom (lancé le lendemain de la diffusion) a droit à un vidéoclip.

Dans les notes du DVD paru en 2005, Johanne Larue souligne que "Follement vôtre" fait le pont entre "Magie Rose" et "Top Secret". Il est vrai que visuellement et musicalement, il possède la fantaisie du premier et l'aspect théâtral, plus interprété, du deuxième. Et surtout, il s'agit d'une période de transition, car Diane se trouve alors entre deux auteurs, ayant rompu avec Plamondon. Elle décide donc de rassembler une collection de chansons d'amour immortelles, auxquelles elle rajoute de nouveaux classiques comme "Les dessous chics" de Gainsbourg et "Ils s'aiment" de Lavoie. Elle endisque enfin "Somewhere over the rainbow" et "La vie en rose", dont les interprétations en spectacle avaient laissé un souvenir inoubliable dans le coeur du public. Elle ose également visiter un nouvel univers en endisquant sa première chanson d'opéra, " Adio del passato" de Verdi. Et fidèle à sa capacité d'aller de l'avant, elle ouvre une porte: la nouvelle chanson "J'tombe amoureuse", de Pierre Grosz, annonce les couleurs de la prochaine étape de son répertoire. 

Le spécial télévisé réalisé par Jean-Jacques Sheitoyan et coordonné par deux fidèles collaborateurs de Diane, Mouffe et Jean Bissonnette, marque également le début d'une collaboration avec le créateur de mode Michel Robidas, qui créera par la suite quelques-uns de ses costumes les plus spectaculaires. Pour "Follement vôtre", il lui offrira des robes de star et d'héroïnes d'épopées hollywoodiennes, aux détails finement étudiés. Des costumes démesurés qui prendront toute la place au milieu de décors plutôt minimalistes (quand ils ne deviendront pas carrément des éléments de décor, comme la robe-drap de satin de "La vie en rose".)

En supplément du DVD, Diane raconte que "tout n'était pas toujours au point. Il faut savoir qu'on n'avait pas non plus des mois, des mois et des mois de montage. C'était presque de l'instantané. (...) Le montage se faisait assez vite." S'il est vrai que le résultat n'est pas sans défaut et que son imagerie kitsch n'a pas toujours bien vieilli, reste qu'il est difficile de comprendre pourquoi les critiques se sont tant acharnées sur ce rendez-vous d'amour. "Dufresne: follement amoureuse...d'elle-même", sera entre autres le sympathique titre de Nathalie Petrowski pour le journal Le Devoir...Heureusement, le travail de Diane et de son équipe sera récompensé, remportant en juin de la même année le premier prix de la catégorie "Présentation spéciale" du Festival de la télévision de Banff.

Ci-dessus, un extrait du spécial télévisé: Survoltée, l'une des deux seules chansons de Plamondon retenues (l'autre étant Oxygène):

07/11/2011

Dioxine de Carbone

Tout était rose, tout était rose, les cocotiers, les crocodiles, les p'tits oiseaux et toutes les sortes d'animaux inimaginables...
Il y a exactement 27 ans aujourd'hui, tout était rose!

"Je suis une visionnaire-cartoon et une sorcière rose" (Elle N°2026, 1984)

Du 7 au 29 novembre 1984, Diane Dufresne occupe le Cirque d'hiver de Paris pour y présenter "Dioxine de Carbone et son rayon rose", surnommé "Blitz", un opéra-cartoon de Luc Plamondon et Angelo Finaldi. Pourquoi le Cirque? "C'est la base du show-business, pour moi. Faut toujours risquer quelque chose quand on fait du show-business. C'est pour ça que j'ai essayé de risquer un show carrément différent, assez difficile..." (Reportage sur Dioxine de Carbone, novembre 1984)

Cette histoire d'une rockeuse condamnée pour avoir tout transformé en rose sur son passage prend un drôle de sens après Magie Rose, alors que Diane n'en finit plus de se faire écorcher pour avoir osé offrir un rêve à la mesure du peuple québécois. C'est d'ailleurs au Stade qu'elle avait offert une chanson de l'opéra pour la première fois, une "Survoltée" portant bien son nom. L'album, mis en vente dans la foulée de Magie Rose, ne rencontrera pas le succès escompté. "Mon disque qui a le moins bien marché; même le show a été un flop..." (Voir, 9 mars 2000)

Qu'à cela ne tienne, plusieurs seront séduits par les qualités de cet opéra, ses sonorités  new-wave et la mise en avant de la voix de Diane comme on l'avait rarement entendue. Si le public québécois n'aura jamais la chance de le voir, les milliers de personnes présentes au Cirque garderont le souvenir d'un spectacle unique, sombre mais magique. En entretien avec André Ducharme pour son livre "Cendrillon Kamikaze" publié aux éditions Minémosyne en 1994, Diane qualifiera Dioxine de son show le plus hard, détesté des uns mais adoré des autres.

Luc Plamondon ne fera pas partie de ces derniers, déçu que sa création ne soit pas présentée comme il le souhaitait. Apparemment, à la base, il souhaitait une Dioxine présentée en intégralité dans un méga-lieu comme le Stade Olympique. Si on peut déduire qu'il n'apprécia pas que Diane développe le thème pour le Magie Rose, on peut conclure qu'il fut choqué par la version de Dioxine présentée au Cirque d'hiver. "C'était monté de façon complètement surréaliste (...) On ne comprenait plus du tout le sens de l'oeuvre." (Luc Plamondon, Folie douce, Radio-Canada, 2003)

En effet, dans une mise en scène de Hans-Peter Cloos, avec des éclairages très sombres et des tenues très électriques créées par Popy Moreni, Diane présente une Dioxine entrecoupée d'autres chansons de son répertoire. Elle offre de véritables mash-ups entre les chansons de l'opéra et d'anciens succès comme Rock pour un gars d'bicyc ou Oxygène, tout en  y intégrant des chansons de circonstance comme Suicide ou La vie en rose.  
  
A voir sur Dailymotion, un reportage diffusé à l'époque qui nous présente de précieux extraits du spectacle. Grâce au partage de bliz3, nous pouvons au moins avoir une petite idée de ce que Diane offrit au Cirque, car à ce jour, Dioxine n'a toujours pas connu de sortie sur DVD (ni même sur CD). Le spectacle a-t-il même été filmé intégralement? Mystère...

Dioxine ne réapparaîtra pas souvent dans l'oeuvre de Diane. Elle lui fera une place de choix dans Top Secret, le temps de 3 chansons. Puis on ne l'entendra plus avant le Bal des Vampires, en 2001, où la sorcière dépoussièrera Survoltée. Sinon...où est donc passée Dioxine? "Son monde est rose. Je ne sais pas où elle est vraiment. Je ne peux pas savoir..." (Diane Dufresne: un grand jeu, Québec-Rock, septembre 1986)

Qu'un jour


À voir ci-dessous, un extrait de la prestation de Diane Dufresne au vernissage de l'artiste Dominic Besner dans un "lieu gardé secret" de Montréal, le 3 novembre dernier. Était alors présenté MORA, un événement d'un soir pour mettre en vie les oeuvres inspirées du conte urbain de Besner. Dans l'extrait ci-dessous, Diane apparaît telle une Reine de conte apocalyptique ou plutôt, telle une bonne fée prophétique venant livrer un message, "L'été n'aura qu'un jour". L'effet est saisissant (et que dire de son costume, absolument éblouissant!) On peut également voir plusieurs photos de la soirée sur le profil Facebook de Dominic Besner ici, et sur la page officielle de Diane Dufresne, ici.

31/10/2011

Dame de pique

"Diane Dufresne, en une nuit, 
a traversé des océans d'émotions, 
a survolé tous les gratte-ciel de la folie. 
Avec elle, on vit ses cauchemars, on tâte ses visions."
(Manon Guilbert, Le Journal de Montréal, 30 octobre 1982) 

Le lendemain d'Hollywood, le 29 octobre 1982, la Dame de pique l'emporte sur la Dame de Coeur et transforme le rêve doré de la veille en cauchemar éveillé. Parmi les 12 000 personnes qui hurlent leur bonheur d'avoir la chance d'y assister figurent plusieurs fans qui, encore aujourd'hui, placent "Halloween" en tête de liste de leur spectacle préféré. 

Le fait qu'aucun document vidéo n'ait vu le jour doit certainement contribuer fortement à son mythe. Pendant des années, la petite histoire voulait que Radio-Canada avait jugé Halloween trop osé pour être présenté. Une autre rumeur voulait que Diane elle-même s'était objectée à toute diffusion, gênée par le costume trop révélateur de la photo présentée plus haut. Ce n'est qu'en 2004, lors de la sortie du premier coffret "Diane Dufresne vous fait une scène" que la triste raison fut connue: ayant reçu des menaces de mort avant le spectacle, Diane décida d'interdire toute captation télé pour ne pas qu'un éventuel dénouement macabre ne soit documenté. Ouch.

Heureusement, les critiques et les récits de fans restent et nous permettent d'imaginer à quoi devait ressembler cette légendaire soirée d'Halloween. 

"Cauchemars, fantômes et squelettes
Laissez flotter vos idées noires
Près de la mare aux oubliettes, tenue du suaire obligatoire"

Ce soir, l'album Turbulences sera mieux représenté que la veille et c'est d'ailleurs avec "Seule dans mon linceul" que Diane se fait d'abord entendre. Ce linceul est en fait une citrouille géante, d'où sort une sorcière prête à envoûter le Forum au grand complet. Elle brasse le Champagne, puis est rejointe par son guitariste Dracula pour raviver le spectre d'Elvis avec ses Blue Suede Shoes.

Pour son deuxième tableau, Diane revisite les hantises de l'enfance et de la vieillesse, coiffée d'un bonnet géant. Fellini refait son apparition, teinté d'une nouvelle interprétation. "On ne sait pas si elle pleure ou elle rit, si c'est la mort ou la vie..." Puis, dans un nuage de fumée de tuyau d'échappement se dessine un nouveau tableau électrique, tout en cuir et en turbulences, où Diane se fait Tartare.


Après une dernière bouffée d'Oxygène, l'étau se ressere, la nuit n'est plus que cauchemar et le Parc Belmont devient prison. Les Clowns offrent un peu de réconfort avant la métamorphose finale. En chauve-souris, Diane chante son Suicide et finit par se débattre en hurlant dans une toile d'araignée géante lui tombant dessus.

 (Photo: Linda Boucher / Pop Rock Montréal)

Pour sa toute dernière chanson, Diane revient en robe de soirée, débarassée de tout artifice (hormis une délicate couronne) pour interpréter une reprise déchirante, "J'veux pas qu'tu t'en ailles" de Michel Jonasz. "On pouvait sentir dans nos veines la sincérité que si elle l'avait pu, elle nous aurait tous amené avec elle." (Elyse Boucher, Pop Rock Montréal, 13 novembre 1982)

Le public sera son rideau, car elle ira le traverser pour disparaître vers la sortie. Les esprits s'en souviendront longtemps..."Elle a fait gronder les gradins et craquer le bois mort des vieux préjugés. Elle nous a présenté un miroir exalté de l'art, de la scène, de la vie avec une maîtrise technique qu'on ne lui connaissait pas." (Nathalie Petrowski, Le Devoir, 1er novembre 1982) "
 

Pour terminer avec un peu de couleurs, un petit détour sur le site du photographe Michel Ponomareff s'impose. Certes, les watermarks gâchent un peu la vue, mais en attendant de les retrouver ailleurs (à quand un recueil des meilleures photos de Diane?), il s'agit du seul moyen de voir ces précieuses images:


Seule dans mon linceul / Champagne / Blue Suede Shoes / J'ai 12 ans / La dernière enfance / Fellini / Rock pour un gars d'bicyc / Goodbye Rocky / Turbulences / La main de Dieu / Oxygène / Le parc Belmont / Le monde est fou / Laissez passer les clowns / Suicide / J'veux pas qu'tu t'en ailles

27/10/2011

Au Bal des Vampires


Le 31 octobre 2001, pour l'Halloween, a lieu "Diane Dufresne au Bal des Vampires" au Métropolis de Montréal. Pour la première fois depuis plusieurs pleines lunes, elle convie son public à se déguiser et l'invite à passer une nuit endiablée en compagnie de deux DJs. Accompagnée de son groupe (composé d'Alain Sauvageau, Martin et André Courcy, Michel Langevin et Sylvain Bolduc), elle ouvre avec Les fantômes de l'amour et dépoussière pour l'occasion plusieurs classiques pour le plus grand plaisir du public (Seule dans mon linceul, Suicide, Survoltée...) avant de disparaître dans les bras de Dracula.

(Photo: nordsud2000 - La liste postale de Diane Dufresne)

(Photos: Raymonde Robitaille - La liste postale de Diane Dufresne)

Les fantômes de l'amour / Seule dans mon linceul /  Kamikaze / Les hauts et les bas d'une hôtesse de l'air / Striptease / Rock pour un gars d'bicyc' / Actualités / Survoltée / Oxygène / La fureur du cash / A faire l'inventaire / Addict / J'veux pas qu'tu me r'gardes / Suicide / J'passe un mauvais quart d'heure

24/10/2011

La diva se fait peintre


À revoir sur le site de TVA, une entrevue de 10 minutes avec Diane Dufresne datant d'octobre 2005. Elle est alors reçue par Denis Lévesque pour promouvoir son exposition "Hors d'oeuvre" au Château Dufresne. Une occasion de parler de sa passion pour la peinture, mais aussi de livrer quelques confidences. Avec en prime, de courts extraits des spectacles "En liberté conditionnelle" et "Kurt Weill", toujours inédit...

19/10/2011

À deux

Mur à Mur - Espace Création Loto-Québec, février 2010

C'est à compter de demain que Diane Dufresne et Richard Langevin investiront l'espace du Centre d'exposition de Repentigny pour présenter "A2" (ou "Mur à mur"), une version de l'exposition qu'ils avaient crééé pour l'Espace Création de Loto-Québec en 2010 et qui avait ensuite été présentée au Centre national d'exposition de Jonquière en avril 2011. A lire ici, une entrevue récente avec les deux créateurs.

 Diane Dufresne et Richard Langevin lors du vernissage de Mur à mur

Si l'on se fie aux précédentes présentations, on pourra entre autres y retrouver "J'm'encabane", une oeuvre interactive conçue à partir de dessins et de mots du public et sans doute aussi "Les picassiettes", une installation composée de toiles de Diane et "Quick change", une loge virtuelle offrant un accès backstage. Nul doute que le duo réservera plusieurs surprises au public. "De chaque œuvre surgit une autre: la peinture devient sculpture, les personnages sortent de leur cadre, l’univers scénique inspire les projections vidéo, la chanson habite l’espace, les mots s’incarnent par l’habile utilisation du multimédia...Et le tout vibre de l’énergie pure, propre aux deux artistes." (Serge Boisseau, La Métropole, 3 février 2010)