30/04/2012

Peur sur la ville

"Préparez-vous à faire votre dernière grimace
C'est à soir qu'on va vous faire passer de l'autre bord"

Le dernier show...Le dernier rire du clown: une photo alternative de la pochette d'Opéra-Cirque.

Si ce clown peut faire peur car il symbolise les peurs des adultes, il aurait peut-être pu réussir à émerveiller les enfants. "Dans les années 70, j’ai essayé de faire un spectacle pour enfants, sans parents. Mais on me trouvait trop capotée, on m’a dit non. C’est sûr que quand tu fais Opéra cirque, que tu dis au monde que tu vas mourir, avec La Main de Dieu sur la masturbation et le gars tout nu sur la scène, on ne t’envoie pas ses enfants…Mais ça aurait été joli. Je suis sûre qu’Opéra cirque aurait plu aux enfants car ils n’ont pas peur de la créativité." ("En plein coeur", Voir, 30 avril 2009)

26/04/2012

Le monde de mon imagination



(Photo: ULAVAL - Fonds du Service des relations publiques)

Ci-dessus, trois photos de Diane Dufresne en fille de l'espace, prises à la fin de l'année 72, dans la foulée de ses spectacles au Patriote. Elle a déjà un nouveau fidèle collaborateur, le designer Mario Dinardo qui crée pour elle des tenues de scène qui l'amèneront encore plus loin dans le merveilleux en lui permettant de magnifier ce qu'elle chante. "Quand j'ai fait le Patriote, après, j'ai mis mon suit en or. J'suis comme ça. Avant, j'avais rien qu'à chanter. Là, j'ai queq-chose à dire." (Photo-Journal, 5 au 11 mars 1973)

Ensemble, Diane Dufresne et Mario Dinardo s'inventeront un imaginaire en se poussant toujours plus loin. "Diane Dufresne, c'est un autre style, c'est presque un hobby pour moi. Ça me permet de laisser libre cours à mon imagination." (Mario Dinardo, Plus Montréal, 28 octobre 1974)

16/04/2012

Brèves d'avril

L'humoriste Serge Grenier est décédé le 6 avril dernier. Ci-contre, une photo de Diane Dufresne prise à ses côtés juste avant qu'elle ne parte donner ses tous premiers spectacles à l'Olympia de Paris en octobre 1973. Serge Grenier, célèbre pour avoir fondé Les Cyniques, était également scénariste, auteur et parolier. Il aura signé les paroles de l'une des chansons les plus originales de Diane Dufresne, Le mariage de la charmeuse de serpents, en 1974.



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Grâce au partage du généreux Addict, nous pouvons visionner de courts, mais précieux extraits d'archives sur Dailymotion. D'abord, une courte apparition de Diane au sein des Girls présentée par RDI lors d'une émission spéciale sur Clémence Desrochers. Aussi, de très rares images de deux spectacles de 1978, présentées par Musimax lors de l'émission "Les années Marjo". On y voit d'abord un extrait d'un spectacle à Québec, qui célébrait les 370 ans de la fondation de la ville avec Edith Butler, Zachary Richard et Yvon Deschamps, puis quelques extraits d'un spectacle donné au Camp Fortune dans la région de Gatineau en 1978, dont près d'une heure avait été retransmise par Radio-Canada à l'époque. Une petite recherche sur le site de Bibliothèque et Archives Canada nous indique que, loin d'avoir été détruit, le document complet est toujours disponible en consultation...Merci à Michel Gauthier pour ces précisions.


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À suivre sur Youtube ou Dailymotion, la saga Starmania racontée façon télésérie par un fan de Daniel Balavoine. Pour le moment, peu de traces de Diane Dufresne, mais l'occasion d'en savoir plus sur les coulisses de la fascinante création de la mythique comédie musicale...


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Le 22 avril dernier, Diane a participé au Jour de la Terre à Montréal. Elle est montée sur une scène spécialement aménagée sur l'avenue du Parc pour clore le spectacle qui célébrait la fin du grand rassemblement de la journée. Causant une surprise émouvante, elle a offert son magnifique Hymne à la beauté du monde.

13/04/2012

Un seul regard nous a suffi




Ci-dessus, quelques photos de Diane Dufresne, en plein succès du 45-tours "J'ai rencontré l'homme de ma vie". Cette année, cet indémodable classique fêtera ses 40 ans d'existence!

Il est difficile d'imaginer aujourd'hui que la chanson ne fut pas un succès instantané. Pourtant, à l'époque, la plupart des radios sont frileuses à l'idée de diffuser le titre jugé "osé" par son franc-parler et l'attitude de cette femme qui prend les devants. "C'est la fille qui mène dans la chanson...et c'est cet aspect certainement qui avait séduit Diane." (Luc Plamondon, Folie Douce, Radio-Canada, 2004) Déjà, plusieurs sont réfractaires au personnage et à cette femme qui ne fait rien comme les autres et qui crée ses propres règles au milieu d'un showbizz trop conventionnel. Pour que la chanson prenne son envol, Diane n'hésitera pas à aller à la rencontre du public, donnant même des prestations dans des centres d'achat. Contagieuse, la chanson finira par s'imposer et les radios n'auront pas le choix de diffuser ce qui deviendra le plus gros succès de l'été 1972. Malgré tout, certains critiques n'hésiteront pas à parler d'un feu de paille, mais heureusement, l'album qui suivra rencontrera également un succès sans précédent et les premiers spectacles de la "nouvelle" Diane Dufresne cimenteront rapidement sa légende. "On espère que Diane Dufresne ne s'arrêtera pas là, qu'elle gardera le goût du risque et de la gratuité, et qu'elle saura éviter de travailler mécaniquement comme hélas il est arrivé à d'autres". (Gisèle Tremblay, Le Devoir, 6 décembre 1972) Tiens donc...

La chanson sera rapidement écartée des spectacles de Diane après "Mon premier show", pour revenir en force en 2002 en tant que beau clin d'oeil à ses fans lors de la tournée "En liberté conditionnelle". Entretemps, Diane l'interprétera souvent à la télévision française, où on la lui réclamera souvent. Ci-dessous, une prestation de 1976 récemment ré-apparue sur Youtube, où Alain Barrière accompagne Diane:

06/04/2012

Sobriété excentrique


Le 29 mars dernier, Diane Dufresne a donné son premier concert de l'année avec les Violons du Roy, dans le cadre d'une soirée-bénéfice pour GRIS Québec. Peu de détails ont émergé jusqu'à maintenant, mais le programme de la soirée (identique à celui du concert-bénéfice pour L'Actuel de décembre dernier) se trouve sur le site officiel de l'orchestre. Selon Info-Culture, Diane aurait également interprété Oxygène et Les coeurs tendres en rappel. Les photos d'Allison Van Rassel et Lise Breton nous montrent que Diane a retrouvé la tenue de scène de sa tournée Effusions de 2009 pour une "belle soirée tout en sobriété excentrique".

Belle nouvelle: le site officiel de Diane (récemment revampé) nous indique que le spectacle pourrait partir en mini-tournée au Québec en décembre 2012. À suivre donc...

23/03/2012

La femme à trois faces





Ci-dessus, des photos de Diane Dufresne et du génie créateur de l'incroyable robe-miroir, Loris Azzaro, prises par Bernard Charlon le 23 mars 1982, la veille du méga concert à l'Hippodrome de Paris, Porte de Pantin. Une photo de la session d'essayage se trouve sur le site de l'agence Gamma, ici.

Le lendemain, 6000 personnes attendent Diane sous le méga chapiteau. Un public qui, contrairement au public québécois, aura mis du temps à jouer le jeu du déguisement, mais qui semble maintenant conquis d'avance. "Une soirée fascinante sur la scène comme dans le public, qui se dresse, danse, hurle, réclame encore et toujours. Diane remercie et félicite ceux et celles qui se sont déguisés pour lui ressembler (il y avait notamment une mariée)..." ("Diane Dufresne: l'ouragan du Québec", France-Soir, 26 mars 1982)

Le public ne sera pas déçu: Diane leur offrira un show unique, présentant les chansons de Turbulences tout en revisitant quelques parties de "J'me mets sur mon 36".  Elle terminera son show en simple peignoir pour offrir une version acapella de "Fascination", qu'elle n'endisquera que 4 ans plus tard.

13/03/2012

Olympia 1978

(Photo: Michel Gauthier)

Du 13 au 19 mars 1978, Diane Dufresne est de retour à l'Olympia de Paris et cette fois-ci, elle l'occupe seule pour la toute première fois. Si elle déchaîne toujours autant les passions, le temps où elle subissait les huées d'une partie de la salle en première partie de Julien Clerc semble bien loin! Le public français a fait du chemin...

Diane aussi a fait son chemin, son spectacle n'ayant cessé d'évoluer depuis Sans entr'acte pour atteindre une apothéose rock au Campus de Montréal et à l'Elysée Montmartre de Pigalle à la fin de l'année 77. L'une des clés de ce changement est sans aucun doute sa rupture avec François Cousineau, ayant ouvert la porte à l'arrivée d'un nouveau band qui donne enfin une pleine liberté à Diane. Sous la direction de Jimmy Tanaka, Marty Simon, Bob Cohen, Jeff Fischer et Claude Arsenault donnent vie au répertoire de Diane avec des arrangements plus punchés, plus inattendus, qui complètent mieux l'attitude d'une voix qui refuse de s'enfermer dans un cadre.

"Depuis que j'ai changé de musiciens, j'ai plus de fun. Je peux m'amuser avec mes musiciens. Comme dans "En écoutant Elton John", je "dialogue" avec les musiciens. Avant, je ne pouvais rien faire du genre." ("Diane!", Québec Rock, juillet-août 1978) Ce fameux dialogue est sans doute ce qui vaudra à Diane son surnom d'époque de "voix synthétiseur", tant la facilité avec laquelle elle peut jouer avec sa voix étonne et en met plein les oreilles.

Les incroyables chansons de Plamondon et Cousineau font déjà partie de la légende, et à cet immense répertoire viennent se greffer de nouvelles perles. En hommage à Elvis tout juste disparu, "Love Me Tender" prend au coeur et complète avec justesse la "Chanson pour Elvis". Une nouveauté de taille est présentée en première partie: "Les adieux d'un sex symbol", tirée de Starmania qui n'allait voir le jour que l'année suivante. C'est également les premières interprétations de Diane de la suite "Le monde est fou", dont "L'hymne à la beauté du monde" deviendra l'hymne de toute une carrière. Le tout défendu par une interprète puisant au plus profond de son être, avec toute sa vérité, pour faire vivre ses chansons. "Je chantais en québécois et ça c'était aussi une grande fierté (...) Chanter avec le tempérament que t'as chez vous, même ailleurs, c'est grandiose." (Folie Douce, Radio-Canada, 2003)


(Merci à Addict)
Déjà sous le charme des concerts donnés à l'Elysée-Montmartre, les critiques sont encore une fois dithyrambiques et ont des répercussions jusqu'au Québec où la presse ne manque pas de saluer l'énorme accomplissement de Diane en rapportant des citations des superbes papiers rédigés par les quotidiens parisiens. Le Monde, Le Quotidien de Paris, France-Soir, Le Parisien...Les éloges pleuvent et confirment que Diane Dufresne est partie pour la gloire. "Entrez dans son cirque et vous verrez un monstre sacré. Elle est une star. Une étoile, non pas fabriquée, mais spontanée, est née." ("Une tornade blanche et noire", Norbert Lemaire, L'Aurore, mars 1978) 

Un magnifique documentaire de François Reichenbach réalisé cette année-là nous permet, entre autres choses, de voir plusieurs extraits des spectacles, ainsi qu'un entretien avec Diane qui se livre sur l'expérience qu'elle est en train de vivre. Un incontournable, disponible sur le coffret "Diane Dufresne vous fait une scène", paru chez Imavision en 2004.


Cette série de concerts sera également gravée sur disque quelques mois plus tard. Un enregistrement exceptionnel, à tel point qu'on pourrait en oublier les versions studio. Pas étonnant que plusieurs chansons aient été préférées aux enregistrements originaux pour l'anthologie "Merci", tant elles font figure de versions définitives. "C'est un disque complètement différent de l'autre qui avait été enregistré à la Place des Arts il y a 2 ou 3 ans. C'est vraiment un disque "live", pas de "dubbing" en studio pour que ça sorte mieux...Non, j'ai tout laissé là tel quel. Donc ce qu'on entend, c'est comme ça s'est passé!" (Québec Rock, juillet-août 1978) Un album simple offrant une sélection de 8 enregistrements verra d'abord le jour. Puis, un double-album plus complet, "J'me sens ben", offrira la quasi-totalité des chansons interprétées sur scène. "Un double album frémissant de vie et de chaleur de la plus vivante des chanteuses francophones de ce temps. Diane du Québec heurte, choque, émeut, frappe et entraîne." (Lucien Rioux, Le Nouvel Observateur, 30 décembre 1978)

Hollywood Freak / Chanson pour Elvis / Love me tender / Mon p'tit boogie boogie / Les adieux d'un sex symbol / J'ai besoin d'un chum / Vingtième étage / Les hauts et les bas d'une hôtesse de l'air / La main de Dieu / Partir pour Acapulco / On tourne en rond / J'me sens ben / La chanteuse straight / Berceuse pour un homme / Actualités / En écoutant Elton John / Laissez passer les clowns

11/03/2012

Prochaine Sortie


Ci-dessus, une magnifique photo de Diane (prise par Caroline Laberge à la  conférence de presse pour Plurielle) en couverture du magazine Sortie du mois de mars. Cette édition met le projecteur sur le précieux travail de l'organisme GRIS (Groupe de Recherche et d'Intervention Sociale) pour qui Diane Dufresne et les Violons du Roy donneront un concert-bénéfice intitulé "GRIS majeur" le 29 mars prochain. À feuilleter ici.

Le Journal de Québec, quant à lui, a publié une entrevue avec Diane dans son édition du 3 mars dernier. L'occasion de lire les points de vue de Diane par rapport à l'homophobie et d'apprendre qu'elle prépare présentement une nouvelle exposition...