16/05/2011

Dans les jeux de lumières

 (Photo: Catherine Lefebvre / Rue Frontenac)

Après une apparition exceptionnelle dans un talk-show le mois dernier, alors qu'elle se fait habituellement si rare, Diane Dufresne nous a offert non pas une, mais deux prestations télévisées en l'espace d'une semaine! On peut dire que ce printemps nous gâte...

Le 1er mai, on l'a retrouvée dans un numéro d'ouverture improbable, celui du Gala Artis 2011, où elle a fait suite à une prestation de Michel Louvain. Nul besoin de rappeler à quel point leur univers sont aux antipodes, mais le clash fut encore plus grand ce soir-là, dès que se mirent à résonner les premières notes du remix de Rock pour un gars d'bicyc'.  "Ôtez-vous de d'là!"

Diane nous a alors offert une version revampée de son grand classique, un ordinateur autour de la taille et des danseurs gravitant autour elle. Ses paroles modifiées pour commenter les multiples technologies qui envahissent nos vies furent plutôt déroutantes, mais elle nous en a mis plein la vue avec son incroyable présence, son énergie et éternel anticonformisme.


Puis, le 6 mai, une émission spéciale a été présentée à Radio-Canada: Malade!, un spectacle entrecoupé de sketches et de témoignages pour démystifier les idées préconçues entourant les troubles anxieux, dépressifs et bipolaires. Diane a offert une superbe prestation de Psy quoi encore, cette grande chanson de Catherine Major et Martine Coupal gravée sur Effusions. Sobre, mais très habitée, elle a montré une fois de plus à quel point sa voix savait porter et consoler de grands maux.

03/05/2011

Merci de votre attention et bon vol





Quelques photos prises lors du lancement de l'album "Sur la même longueur d'ondes", le 9 juin 1975, à l'aéroport de Dorval. L'hôtesse de l'air reprendra l'avion une heure plus tard pour rejoindre la Californie.

29/04/2011

En rose Diète



"1...2...1, 2, 3!"

En 1984, Diane Dufresne fait une rare apparition dans une pub et apporte un peu de Magie Rose à Coke Diète.

Ses dernières incursions dans la pub remontent au début des années 70, alors qu'elle chantait des jingles composés par François Cousineau pour Labatt, Air Canada et autres marques à la recherche d'une jolie voix anonyme. Voici un court extrait du jingle La 50, déterré par Radio-Canada pour Folie Douce:

 

28/04/2011

Mais j'lis pas les pages féminines



En 2010, le mensuel féminin Châtelaine célèbre son 50e anniversaire. Pour l'occasion, le site du magazine propose un retour dans le temps, avec une sélection de ses meilleures couvertures. Diane Dufresne y figure 2 fois, photographiée en 1982 et en 1993.


Au même moment naît le projet Femmes de parole, où 50 Québécoises ayant marqué la province répondent aux mêmes questions, à tour de rôle, pour tenter de dresser un portrait du Québec féminin. Diane fait évidemment partie de ces femmes et partage ses points de vue avec sa franchise et sa verve habituelles.

22/04/2011

Dame de coeur


Le 24 mars 1982, à l'Hippodrome de Paris (Porte de Pantin), Diane interprète ses Turbulences pour la toute première fois. Elle arrive sur scène dans un cercueil de verre, acclamée par 6000 personnes dès les premières notes de "Seule dans mon linceul". Le public québécois n'aura pas la chance de voir ce spectacle, mais il ne sera pas en reste: les 28 et 29 octobre, Diane lui offre "Hollywood/Halloween", ou "Dame de coeur/Dame de pique", au Forum de Montréal. Deux spectacles totalement différents (ou un long spectacle entrecoupé d'un entracte de 24 heures, selon le point de vue...) Spectacles de contrastes, de lumière et de noirceur, de rêve et de cauchemar.

La femme à 3 têtes photographiée par Bernard Chalon (Paris-Match, juin 1982) 

Pour Hollywood, Diane revêt une nouvelle fois sa spectaculaire robe-miroir, créée par Loris Azzaro. Une robe légendaire qui, selon le biographe Gaëtan Racine, nécessita pas moins de 160 heures de travail! Non seulement sa collerette offre 3 têtes à la chanteuse, mais son ingénieuse conception lui permet des changements de costume, morceau par morceau.

 "Comme dit la chanson, l'important c'est de sauver la face...
Ce soir, grâce à mon costume, j'en ai plusieurs!"

Hollywood présente une Diane toute en lumière, jouant son "rôle de star" jusqu'au bout, rendant hommage au cinéma, au glamour du nightclub et surtout, au public, dont les rêves l'inspirent et la poussent à lui montrer des étoiles. Le ton est donné dès l'ouverture, avec la chanson On fait tous du show-business (qui sera également reprise en fin de spectacle), où les spectateurs admirent la star qui se trouve face à eux, alors que celle-ci admire tout autant ceux qui se trouvent devant elle. 


Au programme, grands classiques de la première décennie discographique de la chanteuse, reprise qui donne des frissons (Somewhere over the rainbow) et quelques chansons de Turbulences (qui sera surtout mis en valeur le lendemain, pour Halloween). Des moments de grâce, des flashs qui émerveillent, avec un certain fond de mélancolie et évidemment, une bonne touche de rock. 


Au final, Diane apparaît en ballerine de boîte à bijoux, tournant sur elle-même jusqu'au tout dernier spotlight. Une douce berceuse avant le cauchemar que sera la suite, le lendemain.


On fait tous du show-business / Hollywood Freak / Alys en cinémascope / Somewhere over the rainbow / Striptease / Le vieux saxophoniste / Partir pour la gloire / Les adieux d'un sex-symbol / En écoutant Elton John / Oxygène / Actualités / Hymne à la beauté du monde / Le parc Belmont / On fait tous du show-business (reprise) / Berceuse pour un homme

18/04/2011

Sans entr'acte



Du 29 mars au 17 avril 1977, Diane Dufresne occupe la Place des Arts de Montréal. Dans tous les sens du terme, car non seulement elle occupe la scène du Théâtre Maisonneuve avec son spectacle Sans entracte (un show sans interruption, une première pour l'époque), mais elle occupe également le garage en dormant sur place, dans une roulotte spécialement aménagée qui lui permet de vivre dans la bulle de son show. Elle veut vivre l'expérience totale et aller jusqu'au bout du "système" en s'appropriant le lieu.

Quelques jours avant la première, Diane reçoit les journalistes directement dans son Winnebago pour parler de son show. Ils traversent une longue allée de ballons et de clowns pour la rencontrer à tour de rôle, dans son salon "de velours, décoré de roses et de chandelles, embaumé de parfums exotiques..." (Nathalie Petrowski, Le Devoir, 19 mars 1977)

Si la démarche ne manque pas d'audace, le show ne manque pas d'ambition. Hommage à la femme et à sa mère (dont le portrait orne la scène pendant Hollywood Freak), Sans entracte se conjugue au Elle. "C'est un show pour les femmes, un show féminin pluriel à cause de cette règle de grammaire, fasciste et discriminatoire qui dit que le masculin l'emporte sur le féminin." ("Diane-chasseresse...et femme, et star", Le Devoir, 19 mars 1977)


Quand les portes de la salle s'ouvrent, Diane est déjà sur scène. Elle est tout en haut d'un escalier, assise devant son miroir où elle regarde le public entrer.  C'est en quelque sorte sa loge, exposée, où elle retournera pour se maquiller en clown, à la fin du spectacle. Sans entracte se terminera de la même façon qu'il a commencé, alors que Diane observera les gens quitter la salle.


C'est en "chasseresse" qu'elle ouvre son show, en messagère à plumes, prête pour le combat. Monologues teintés de féminisme, flashs insolents, idées provocantes: Sans entracte déstabilise le public. Il faut dire qu'il n'a pas l'habitude d'avoir face à lui une chanteuse aussi franche, qui simule un orgasme sur La main de Dieu et qui fait apparaître un homme nu sur scène, entre autre choses!

"À partir de show-là surtout, Diane Dufresne a exprimé davantage sa "folie"...et elle faisait peur au monde, carrément (...) Avant, même si elle était une chanteuse très énergique, elle conservait malgré tout une certaine pudeur. Mais là, le bouchon a sauté et voici Diane Dufresne." (Pierre Beaulieu, Folie douce, Radio-Canada, 2004)

 Sur la même longueur d'ondes avec le danseur Michel Jodoin

Si les critiques ne se gêneront pas pour descendre le show (et certains spectateurs, pour quitter la salle), personne ne pourra nier le professionnalisme de celle qui se présentait enfin devant eux, dans toute sa vérité. Ni ignorer ses moments de brillance. "Sur la même longueur d'ondes, her wittiest song (...) Here she had form and timing, and the choreography was in the best show-business tradition" (Juan Rodriguez, Montreal Gazette, 2 avril 1977)  

Sans entracte sera une expérience pénible pour Diane Dufresne et ne sera apparemment pas rentable, mais comme le résumera sa créatrice elle-même: "C'était un changement, c'était un passage..." (Confidences, DVD J'me mets sur mon 36, 2004)



Le coffret "Diane Dufresne vous fait une scène", paru en 2004, ne présente malheureusement pas le show au complet, ne proposant qu'un montage de 4 chansons captées par la télévision...ce qui laisse songeur puisqu'on voit des extraits inédits qui accompagnent le générique et les commentaires de Diane. Le reste du show dormira-t-il à tout jamais dans les archives de Radio-Canada?

(Un détail de l'affiche du spectacle)

Quelques-unes des chansons interprétées: Vingtième étage / A part de d'ça / On tourne en rond / La main de Dieu / Monsieur / Les hauts et les bas d'une hôtesse de l'air / Les femmes d'aujourd'hui / En écoutant Elton John / J'ai vendu mon âme au rock n' roll / Sur la même longueur d'ondes / Mon p'tit boogie boogie / La vérité / Hollywood Freak / Ma vie c'est ma vie / J'me sens ben / Laissez passer les clowns /

14/04/2011

Rendre le monde plus beau


Lundi soir dernier, Diane Dufresne était la toute première invitée de Pénélope McQuade, pour la première émission du talk-show de celle-ci à Radio-Canada. Peu friande de ce genre d'exposition ("J'aime pas ça, j'aime pas parler!" lanca-t-elle dès son arrivée), elle s'est toutefois montrée généreuse, détendue et très souriante. Elle a rencontré avec beaucoup de bonheur  une voix qui l'inspire à peindre, Betty Bonifassi (qui s'est risquée à reprendre l'impossible Tiens-toé ben, j'arrive!)

Radieuse, Diane a parlé de son prochain projet, l'exposition "À deux" qui sera présentée à Jonquière (en juin) et à Repentigny (en décembre). Cette exposition créée avec son mari Richard Langevin sera une continuité de l'expo "Mur à mur" qui avait été présentée à l'espace Création Loto-Québec de Montréal du 3 février au 9 mai 2010.

Avec Richard Langevin, pour Mur à Mur (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

Une exposition de peintures et d'installations où le clou sera "J'm'encabane", une installation qui permet aux visiteurs de dessiner et d'écrire, pour ainsi contribuer à l'oeuvre globale. "J'aimerais un jour faire ma fine et aller voir un ministre et lui dire: prenez tout, prenez toute cette poésie et  tous ces dessins et mettez-les dans le métro!" (Radio-Canada, 11 avril 2011)

11/04/2011

Rockeuse de grand chemin


En pause de Top Secret, juste avant de le présenter au Casino de Paris en mai 1987, Diane Dufresne participe au Printemps de Bourges. C'est sa deuxième apparition au Festival, la première remontant à 1985.

Le 25 avril, elle est interviewée au journal Midi 2 avant sa prestation du soir, où elle partagera la scène avec Alain Souchon. "Ce soir, j'donne pas mon show, j'y vais en tant que rockeuse", annonce-t-elle en précisant qu'elle n'a eu que 2 jours pour répéter un concert plus rock, spécialement conçu pour l'occasion.